Il y a des joueurs qui peuvent être punis pour avoir manqué un entraînement. Dans le cas de Ralf, de Corinthians, c'est le contraire qui est plus susceptible d'arriver, si l'on en croit ce que raconte le latéral Fábio Santos à FIFA.com : "On plaisante en disant que c'est un monstre, car il n'est jamais fatigué. Le lendemain d'un match, alors que les titulaires ont du mal à faire un décrassage, il s'entraîne normalement avec le reste du groupe. Le préparateur doit lui dire d'y aller doucement".

Grâce à son potentiel physique impressionnant, le milieu de terrain est l'une des pièces essentielles du système bien rodé de Corinthians, récompensé par le titre de champion du Brésil, le sacre en Copa Libertadores, et maintenant une place en finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2012, dimanche 16 décembre contre Chelsea.

Simplement, ne vous attendez pas à ce que l'intéressé en tire crédit ou fanfaronne. Il reconnaît que parfois, il force un peu à l'entraînement, avant de préciser immédiatement qu'il ne fait pas ça pour épater la galerie. "Mes coéquipiers plaisantent parfois à ce sujet. Ils me disent que je suis fou mais en même temps, ça fait partie de mes caractéristiques", confie-t-il à  FIFA.com à la sortie des vestiaires du Stade Toyota, après la victoire sur Al Ahly. "J'ai cette volonté de toujours vouloir plus, de chercher à aller plus loin."

Formation restreinte
Le générosité du joueur s'explique par des raisons qui vont bien au-delà de sa préparation physique exceptionnelle. Quand on lui demande d'où il tire cette capacité à couvrir des distances impressionnantes avec des courses à la fois longues et énergiques, Ralf puise dans le souvenir de ses débuts plutôt difficiles, pour ne pas dire accidentels, dans le football.

Après avoir été formé sur le tard par le modeste club de Taboão da Serra, Ralf fait un bref passage par les équipes de jeunes de São Paulo, mais le grand club brésilien ne le conserve pas. Il rejoint ensuite Maranhão, à plus de 2 000 kilomètres de chez lui. Sans grande réussite. Il revient ensuite en terre pauliste et s'engage avec XV de Jaú. Il passe encore par trois clubs, grâce auxquels il gravit les échelons de la hiérarchie du football brésilien, pour finalement signer à Corinthians en 2009.

Quand on connaît son passé en forme de saga, on comprend mieux la volonté et la fougue du milieu de terrain de 28 ans. "Pour moi, c'est un besoin, car je n'ai quasiment pas eu de formation ni vraiment d'opportunités de grandir au début de ma carrière", insiste-t-il. "Aujourd'hui, j'ai les meilleurs professionnels à ma disposition et ils m'aident à progresser."

Capitaine par l'exemple
Dans un groupe parfaitement soudé, Ralf est l'un des joueurs les plus respectés. S'il n'est pas capitaine, ce n'est pas faute d'en avoir reçu la proposition de l'entraîneur Tite, lorsque ce dernier avait instauré un système de rotation pour le port du brassard. Depuis quelques mois, le capitaine de l'équipe est Alessandro. Il n'en reste pas moins que le dévouement incessant de Ralf à l'entraînement est un bon baromètre pour l'équipe. Peu loquace, le milieu de terrain prêche par l'exemple, et l'histoire de son arrivée tardive dans le football est parfaitement connue de tous ses coéquipiers.

"C'est dommage qu'il soit apparu aussi tard dans le football. S'il avait pu bénéficier des infrastructures nécessaires, il serait titulaire en Seleção depuis longtemps", explique Fábio Santos. "Selon moi, il est le seul au Brésil à remplir son rôle avec un tel dévouement. Et il n'arrête jamais. Il a 28 ans, mais je pense qu'il va encore progresser."

C'est exactement ce que Ralf espère. "Je ne suis jamais satisfait. Le jour où je le serai, je devrai arrêter ce que j'aime le plus au monde, c'est-à-dire jouer au football." Mais comme l'encadrement technique de Corinthians le sait mieux que quiconque, la perspective de voir Ralf s'arrêter appartient à un lointain futur...