Pour disputer la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2012, quatre équipes ont dû surmonter un obstacle qui paraissait peut-être infranchissable à leurs fans il y a encore quelques mois. Chelsea en Ligue des champions de l'UEFA, Corinthians en Copa Libertadores, Sanfrecce Hiroshima en J-League et Ulsan Hyundai en Ligue des champions de l'AFC : ces quatre clubs ont remporté ces compétitions respectives pour la première fois de leur histoire cette saison. Doit-on en conclure que l'heure est venue pour une équipe autre que les représentants sud-américains ou européens de gagner la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA ?

En huit éditions du tournoi, le trophée a toujours été soulevé par une équipe sud-américaine ou européenne. Les trois premiers titres sont revenus à des clubs sud-américains : Corinthians en 2000, São Paulo en 2005 et l'Internacional en 2006. Depuis, les représentants du Vieux Continent ont exercé une véritable suprématie sur l'épreuve avec les sacres successifs de l'AC Milan en 2007, Manchester United en 2008, l'Inter Milan en 2010, et le Barcelone en 2009 et 2011. En outre, sept de ces huit finales ont opposé un club européen à une formation sud-américaine.

En 2012, certains arrivent au Japon avec l'espoir de rompre cette hégémonie. "C'est ce que nous espérons tous. Nous voulons remporter ce tournoi. Nous savons qu'il s'agit d'une compétition très importante et que les grandes équipes seront là. Notre objectif est d'aller en finale et de la gagner", annonce à FIFA.com l'une des stars de Monterrey, l'expérimenté Argentin Cesar Delgado.

Projections et rêves
En 2010, le TP Mazembe a été la première équipe non sud-américaine ou européenne à atteindre la finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. L'équipe congolaise avait battu (2:0) les Brésiliens de l'Internacional en demi-finale, montrant que la chose était possible et servant ainsi d'exemple.

"Nous allons essayer de réussir là où tous les autres clubs de la CONCACAF ont échoué. C'est notre grand objectif et nous espérons l'atteindre", poursuit Delgado, d'autant plus motivé que l'an passé, il avait perdu contre Kashiwa Reysol en Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. "Nous aurions pu gagner, mais nous n'avons pas réussi à convertir nos occasions. Malgré notre élimination, c'est resté une expérience fantastique. Cette fois, nous espérons aller en finale et la gagner."

Le 9 décembre en quart de finale, Monterrey sera opposé à un adversaire en pleine confiance. L'équipe sud-coréenne d'Ulsan a en effet remporté l'épreuve suprême des clubs en Asie pour la première fois de son histoire, et ce à sa troisième tentative. Ce sera donc sa première participation à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle se comportera comme simple figurante. "On pense que le football coréen est faible, mais c'est faux. Nous avons une équipe expérimentée avec pas mal d'internationaux. L'objectif est le titre. On n'est pas là seulement pour participer, mais pour gagner", prévient l'attaquant brésilien d'Ulsan, Rafinha.

Rafinha reconnaît que le match contre Monterrey s'annonce difficile. D'un autre côté, il ne craint pas de se projeter vers les demi-finales et un rendez-vous avec Chelsea. "J'en ai déjà parlé avec Maranhão, mon coéquipier brésilien ici à Ulsan. Parmi nos adversaires potentiels, le plus facile est Chelsea. C'est une équipe très physique, comme nous. Ça peut donner un match assez haché. Sur le terrain, il n'y aura pas de favori", explique-t-il.

Avoir la chance d'affronter les Blues de Londres dans l'arène internationale est une chose qui fait saliver plus d'une équipe vu l'exposition que donne ce genre de match à l'échelle planétaire. "J'aimerais jouer contre Chelsea dans ce tournoi. Ce serait bien de jouer notre meilleur football contre cette équipe et que les fans du monde entier puissent découvrir le bon niveau de Sanfrecce Hiroshima", affirme le défenseur japonais Ryota Moriwaki. "Parfois, nous rêvons de jouer contre des équipes comme Chelsea, ou Barcelone l'an passé", ajoute pour FIFA.com l'Espagnol d'Auckland City, Manel Expósito.

Mais ce joueur expérimenté, qui a fait ses débuts professionnels à Barcelone à côté d'un certain Lionel Messi, s'empresse d'ajouter une recommandation utile pour n'importe quel candidat au titre, quel que soit son statut : être prêt pour le premier défi. "Honnêtement, nous devons être réalistes et nous concentrer sur le premier match. Gagner ce match est notre seule préoccupation en ce moment", affirme-t-il.