L'animation règne au Grand Stade de Marrakech après la victoire du Real Madrid sur Cruz Azul. Au sortir des vestiaires, les Merengues sont accueillis par les journalistes locaux et une question étonnante fuse : "Et lui, qui est-ce ?". Lui, c'est Dani Carvajal, l'un des meilleurs joueurs du jour et pour tout dire, de la saison.

Difficile de se faire un nom quand on est le petit nouveau du onze titulaire madridista. Carvajal s'apprête à disputer la finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Maroc 2014, il a joué un rôle crucial dans la dixième Ligue des champions remportée par le club, il enfonce les défenses adverses par ses raids destructeurs sur l'aile droite depuis un an et demi… Et pourtant, le public n'a d'yeux que pour les Cristiano Ronaldo, Karim Benzema et autres Gareth Bale.

San Lorenzo ne pourra, lui, s'offrir le luxe de l'ignorer. "C'est le meilleur latéral droit issu du centre de formation depuis Chendo", assure Ricardo Gallego, ancien directeur des catégories inférieures du Real Madrid, au quotidien El País. Coéquipier de Chendo et d'Emilio Butragueño dans l'inoubliable Quinta del Buitre, Gallego n'est pas surpris : "Il suffisait de l'observer à l'entraînement pour voir en lui un joueur de grande classe".

Il s'est illustré face à Cruz Azul : c'est sur une faute à son encontre que Sergio Ramos a ouvert la marque. Quant au petit pont venu couronner sa chevauchée avant le but de Benzema, il restera comme l'une des plus belles actions du tournoi. C'est sa troisième passe décisive de la saison, où il est titulaire en Liga et remplaçant en Ligue des champions. Il en a signé trois lors de la campagne précédente et huit pendant son année au Bayer Leverkusen, en 2012, parce que José Mourinho préférait Álvaro Arbeloa. En Allemagne, le magazine Kicker l'a élu quatrième meilleur latéral droit de la Bundesliga. De son côté, l'UEFA l'a présélectionné pour l'équipe-type 2014.

En quête d'excellence
Grand admirateur de Míchel Salgado et Philipp Lahm, Carvajal garde toujours la surface adverse en ligne de mire, mais il est convaincu que pour être bon à son poste, il faut savoir quand monter. Si le cours du match ne l'impose pas, il aime autant rester au marquage. "Mon père ne comprenait pas pourquoi je ne voulais pas être attaquant ou milieu offensif, mais j'aime les face-à-face avec les avants", confie-t-il. Ses caractéristiques offensives collent parfaitement aux besoins de Carlo Ancelotti. "Comme on joue avec trois milieux, il nous faut un renfort devant la défense pour combiner avec les milieux et les attaquants", explique l'entraîneur italien.

Marcelo, l'homologue de Carvajal sur l'autre aile, confirme FIFA.com l'importance des latéraux dans la stratégie de la machine à gagner qu'est devenu le Real Madrid. "La mission première d'un latéral est de défendre, mais Ancelotti veut qu'on joue également un rôle en attaque. Carvajal est un grand latéral droit. Il possède la puissance nécessaire pour pénétrer dans la surface adverse", détaille le Brésilien, enchanté de son coéquipier espagnol de 22 ans. "Il a énormément progressé et il est encore loin d'avoir exprimé tout son potentiel. Il est jeune, calme, humble et il a une bonne mentalité. Il cherche toujours à apprendre."

Un compétiteur féroce
Calme… Pas toujours, s'il faut en croire la photo récemment publiée par Isco sur Twitter, d'une manette de Playstation détruite lors une partie perdue par Carvajal. Cette image illustre à merveille son esprit de compétition. "J'ai été surpris par son intensité dans le travail et dans le jeu", avouait Ancelotti peu après le retour du latéral. Leverkusen s'en étonne encore. "On a toujours su que le Real reconnaîtrait son talent tôt ou tard", observe Rudi Voeller, directeur sportif du club allemand.

D'après ses commentaires sur le compte Twitter du Real Madrid, Carvajal est arrivé au Maroc animé d'une "forte motivation" et de la volonté de sortir du lot lors du tournoi. "Ce serait génial de gagner. Quelle belle manière de finir l'année". Et ainsi, personne n'oserait plus demander : "Et lui, qui est-ce ?"