Le long voyage qui avait débuté par un match accroché à Mandalay s'est achevé sur une rencontre serrée à Guangzhou. Plus de 1 500 kilomètres et 291 jours séparent le match d'ouverture de la Ligue des champions de l'AFC 2015 du but victorieux d'Elkeson sous les couleurs d'Evergrande en finale. Pourtant, les deux affiches partagent un point commun : comme l'ensemble du tournoi, ces rencontres étaient placés sous le signe de l'incertitude.   

Le premier match préliminaire entre les Birmans de Yadanarbon et les Warriors de Singapour s'est conclu par une séance de tirs au but. Au cours des mois suivants, la compétition a réservé son lot de surprises et de coups de théâtre. FIFA.com revient sur le tournoi à l'issue duquel Luiz Felipe Scolari est entré dans la légende.  

Penalties et préliminaires  
Le parcours d'Al Sadd illustre parfaitement la difficulté des tours préliminaires. La formation qatarie est venue à bout de Riffa, club de Bahreïn, à l'issue d'une interminable séance de tirs au but, 11:10. Au tour suivant, la formation du Golfe a arraché le nul 4:4 sur l'ensemble des deux manches à Al Wahda, des Émirats Arabes Unis. L'ancien champion du Japon Kashiwa Reysol a, quant à lui, dû attendre la 115ème minute de jeu avant d'inscrire le but de la qualification face à Chonburi.  

Une fois connue la liste des participants, les choses ont semblé rentrer dans l'ordre pour les poids lourds du continent durant la phase de groupes. La moitié des places qualificatives pour les matches à élimination directe sont ainsi revenues à d'anciens lauréats de l'épreuve. Western Sydney Wanderers, champion d'Asie 2014, a été victime d'un Groupe H relevé, comprenant notamment Guangzhou. La victoire des Australiens sur les Chinois lors de la dernière journée n'aura cependant pas suffi à empêcher la passation de pouvoir entre les deux équipes. "Nous avons gagné 2:0 à Guangzhou, mais nous n'avons pas pu nous qualifier", regrettait l'entraîneur de Sydney Tony Popovic. "Ça fait tout drôle. Mais nous avons montré que nous avions le niveau d'un champion d'Asie."

L'épopée de Naft
Seul nouveau venu en huitièmes de finale, Naft Téhéran a créé la surprise en se qualifiant aux dépens d'Al Ahli, d'Arabie Saoudite, double finaliste de l'épreuve. De son côté, Evergrande s'est remis de l'étonnante défaite concédée à l'aller sur le terrain de Seongnam. Entre les deux rencontres, Luiz Felipe Scolari a pris la succession de Fabio Cannavaro sur le banc chinois. Pendant ce temps, Kashiwa Reysol a négocié l'obstacle constitué par Suwon Bluewings, laissant à Jeonbuk Motors le soin de représenter la K-League en quarts de finale. La République de Corée était pourtant la seule nation à compter quatre représentants en huitièmes, mais l'échec du FC Séoul face à Gamba Osaka a réduit son contingent à une seule unité.  

Dans le duel 100% qatari de ce tour, Lekwhiya a pris le meilleur sur Al Sadd, grâce au remplaçant Ismail Mohamad. Les Saoudiens d'Al Hilal se sont pour leur part bien remis de la défaite initialement concédée à Persépolis. Enfin, Al Ahli complétait le tableau des quarts de finale après un duel indécis face à une autre formation émiratie, Al Ain. À égalité sur l'ensemble des deux manches (3:3), le premier a dû sa qualification à la règle des buts inscrits à l'extérieur.

À l'issue de huitièmes de finale passionnants, sept pays étaient représentés en quarts de finale. Le Japon était le seul à avoir placé deux clubs à ce niveau. Al Ahli (EAU) a mis un point final à la belle aventure de Naft Téhéran, battu à deux reprises. Les trois autres qualifiés présentent un bilan identique : un nul et une victoire. Al Hilal (Arabie Saoudite), Guangzhou et Gamba Osaka ont franchi l'obstacle, même si le dernier peut remercier Koki Yonekura, auteur du but de la victoire dans le temps additionnel.   

Brésiliens à l'honneur
En demi-finale, Al Ahli faisait figure d'intrus. Pour sa première apparition à ce niveau, l'équipe émiratie défiait Al Hilal, double champion d'Asie. L'autre duel mettait aux prises Osaka, lauréat de l'épreuve en 2008, et Guangzhou, sacré en 2013. En dépit de son modeste pedigree, Al Ahli s'est imposé au bout du suspense. Le sort de cette double confrontation a basculé dans les derniers instants du match retour, sur un but du défenseur sud-coréen Kwon Kyungwon. L'ultime épreuve au programme des Émiratis n'était cependant pas la moins redoutable : vainqueur des Japonais sur l'ensemble des deux manches, les Chinois d'Evergrande les attendaient en finale.   

Invaincu depuis son arrivée sur le banc de Guangzhou en juin, Scolari s'apprêtait à disputer sa première finale de Ligue des champions de l'AFC face à une formation inexpérimentée à ce niveau. Le technicien brésilien avait déjà eu l'occasion de faire ses preuves en menant par deux fois les Ouzbeks de Bunyodkor au-delà de la phase de groupes. La première manche à Dubaï s'est conclue sur un nul vierge. La première mi-temps en RP Chine n'a pas laissé davantage de place au spectacle. Au retour dans un stade Tianhe bouillant, l'attaquant brésilien Elkeson a marqué l'unique but de la finale et aidé son entraîneur à devenir l'un des rares techniciens au monde à avoir remporté deux titres continentaux différents ainsi que la Coupe du Monde de la FIFA™, à l'instar de Marcello Lippi, l'un de ses prédécesseurs sur le banc d'Evergrande. Couronné en 2013, Guangzhou remonte sur le toit de l'Asie.