Plus de 10 000 kilomètres séparent la Catalogne de Buenos Aires, et on ne recense encore aucun match officiel entre le FC Barcelone et River Plate. Pourtant, outre le fait que les deux institutions sont des monuments du sport roi, de nombreuses relations existent entre les deux équipes finalistes de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2015.

A quelques heures du dénouement du tournoi, FIFA.com vous propose de découvrir - ou redécouvrir - quelques anecdotes qui relient étroitement Blaugranas et Millonarios.

Onze agents doubles
La finale du 20 décembre à Yokohama aura une saveur particulière pour un joueur de chaque camp. Javier Saviola, attaquant de River Plate, et Javier Mascherano, défenseur de Barcelone, ont en effet porté le maillot de l’équipe adverse, respectivement entre 2001 et 2007, et entre 2003 et 2005. Ils intègrent une liste de 11 joueurs ayant évolué dans les deux camps. Le milieu de terrain Florencio Caffaratti a ouvert la voie en jouant à River en 1939/40, et au Barça entre 1947 et 1949. Le Péruvien Miguel Loayza a suivi, puis l'Uruguayen Luis Cubilla, et les Argentins Juan Carlos Heredia, Juan Antonio Pizzi, Roberto Bonano, Juan Pablo Sorin et Maxi Lopez, avant le Chilien Alexis Sanchez.

Deux actes manqués
Cette liste aurait pu compter deux noms de plus, et pas des moindres, puisqu’une légende de chaque club est passée tout près de porter le maillot de l’autre. En 1953, les Blaugrana avaient négocié le transfert d’Alfredo Di Stefano avec River Plate, son club avant qu’il ne rejoigne sans autorisation les Millonarios de Bogota lors de la suspension du championnat argentin. Dans le même temps, le Real Madrid s’entendait avec le club colombien et la Flèche Blonde se retrouvait simultanément propriété des deux rivaux historiques. Il faut l’intervention de la FIFA pour régler la situation en nommant Armando Muñoz Calero, ancien président de la fédération espagnole, pour dénouer le conflit. Le médiateur décide que Di Stefano jouera pour le Real lors des saisons 1953/54 et 1955/56, et pour le Barça en 1954/55 et 1956/57. Une décision qui ne satisfait pas les Catalans, qui revendent finalement au rival leurs droits sur le joueur. Don Alfredo sera plus tard élu meilleur joueur de l’histoire du club madrilène…

Si le Barça s’en mord peut-être encore les doigts, la Banda Sangre a eu aussi son acte manqué. "Ça ne s'est pas fait, mais il est exact que quand j'étais petit, il y a eu cette possibilité de jouer pour River Plate", confiait récemment à FIFA.com un certain… Lionel Messi ! En 2000, le jeune Leo, 12 ans, arrive de Rosario pour un essai à River. Le recruteur Vaio, ancien Millonario, voit l’enfant à l’œuvre pendant quatre jours et conseille à ses dirigeants de lui faire immédiatement signer un contrat, voyant en lui un mélange d’Omar Sivori et Diego Maradona. En vain. La raison officielle reste encore inconnue aujourd’hui, que ce soit pour un refus du club de payer un traitement hormonal, ou celui des parents de laisser leur enfant à la pension du club si on ne leur offrait pas un domicile et un travail, toujours est-il que quelques mois après, la Pulga signait en Catalogne. On connaît la suite.

Le maillot du rival sur le dos
Une partie de l’identité d’un club réside dans son maillot. Impossible donc d’imaginer les joueurs du FC Barcelone évoluer sans leur rayures bleu et grenat, ou ceux de River Plate sans leur bande diagonale rouge. Les Argentins ont pourtant dû se résoudre une fois dans leur histoire à laisser de côté leur tunique fétiche. En aôut 1980, les Millonarios se rendent à Barcelone pour disputer le trophée Joan Gamper. Los du match pour la troisième place, ils affrontent le PSV Eindhoven et les organisateurs leur demandent de changer de tenue, les couleurs étant trop similaires à celles du club néerlandais. Les Sud-Américains n’ayant voyagé qu’avec leur équipement habituel, ils se voient obliger de revêtir un jeu de maillots alternatif du club local, le FC Barcelone…

Par un heureux hasard, même si River joua en jaune ce jour-là, il ne fut qu’à demi-dépaysé puisque le maillot catalan était aussi barré d’une bande diagonale, bleu et grenat.

Adversaire et admirateur
En mars 2011, à 35 ans, Marcelo Gallardo termine sa carrière au Nacional de Montevideo. Avec FIFA.com, le meneur de jeu fait un bilan de sa carrière et analyse le football contemporain. "Le football a changé, mais pas pour le mieux. On court beaucoup plus qu'avant, mais on joue moins. Le football devrait rester cette chose simple : passer le ballon le plus souvent possible pour générer des situations dangereuses", regrette alors El Muñeco, avant de préciser son idéal : "Je remercie Dieu de nous avoir donné le FC Barcelone ! Cette équipe est en train de montrer que lorsque des footballeurs talentueux jouent les uns pour les autres, cela peut créer des choses exceptionnelles. Je ne me lasse pas de regarder jouer le Barça." Devenu entraîneur de River, il s’apprête à le voir de près…

Dans le camp opposé, c’est Gerard Piqué qui aura le cœur partagé. "Je suis régulièrement le football argentin, et l’an passé, River a fait une grande saison. Grâce à Masche (Javier Mascherano), qui parle tout le temps de River, nous sommes tous devenus fans de River", confiait le défenseur en juin dernier. Tellement fan qu’il a transmis cette affection à son fils Milan, apparu sur les réseaux sociaux sur des vidéos dans lesquelles, du haut de ses trois ans, il porte fièrement le maillot du club argentin.