Il a fait partie, depuis quelques saisons, des meilleurs milieux de terrain du championnat d’Afrique du Sud, la PSL, et a été l’un des grands artisans de l’incroyable parcours qui a mené les Mamelodi Sundowns jusqu’à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2016™. Aujourd’hui, Khama Billiat a bien l’intention de faire étalage de ses qualités sur la prestigieuse scène japonaise. Les choses sérieuses vont commencer le 11 décembre à Osaka, où le champion d’Afrique va affronter les Kashima Antlers au deuxième tour.

"On est très émus d’être arrivés jusqu’ici", reconnaît-il au micro de FIFA.com. "C’est une grande compétition, qui aura une grande importance dans notre carrière. C’est génial d’avoir l’occasion d’affronter les meilleures équipes du monde." Le ton est posé et la voix basse. Le joueur sort pourtant d’une séance très intense au cours de laquelle les organismes sont montés dans les tours. Véritable tornade sur le terrain, l'intéressé est, vous l’aurez compris, plutôt du genre timide une fois les crampons déchaussés.

Billiat est l’âme de la CBD, le trio (Leonardo) Castro – Billiat - (Keagan) Dolly, qui impose la cadence de l’équipe à chaque match. On les appelle "les Brésiliens", mais au sein de l’encadrement technique, on préfère défendre l’idée selon laquelle l’équipe s’inspire du football espagnol. Grâce aux contacts établis avec le FC Barcelone et au travail effectué avec l’Institut Johan Cruyff dans l’optique de créer un centre de formation, le projet s’articule autour d’un football à une touche de balle. Exigeant, l’entraîneur, Pitso Mosimane, exige également de la vitesse et de la pression sur le ballon. "Je dirais que notre force, c’est notre cohésion. On est une famille, on s’entend bien. Il n’y a pas de problèmes, pas de clivages entre nous. On se bat tous ensemble pour la réussite de l’équipe, pour nous améliorer de jour en jour", ajoute le milieu de terrain de 26 ans.

Lorsqu’on évoque les distinctions individuelles qu’il a reçues récemment, comme le titre de Joueur de l’année de la PSL, Billiat reste fidèle à cette philosophie et ne tire certainement pas la couverture à lui." C’est sûr que ça fait plaisir, mais je n’oublie pas que j’ai été nommé suite à mes performances aux côtés meilleurs joueurs, qui sont mes coéquipiers de Mamelodi. C’est grâce à eux que j’ai pu tirer le meilleur de moi-même. Je les remercie pour leur aide et leur soutien", lance le joueur zimbabwéen.

Rêves et idoles
Né à Harare, Billiat commence à pratiquer le football à l’école et il ne tarde pas à attirer l’attention des recruteurs, qui lui octroient une bourse afin de poursuivre sa formation. Il n’a alors que 10 ans. À 18 ans, il signe son premier contrat professionnel à CAPS United, avant de partir en Afrique du Sud trois mois plus tard pour rejoindre l’Ajax Cape Town.

En 2013, il débarque à Mamelodi, où il peut compter sur un mentor d’exception, Peter Ndlovu. L’ancien attaquant de Coventry, Birmingham City et Sheffield United a été la tête d’affiche du football zimbabwéen dans les années 1990. Lui qui était un modèle pour Billiat quand il était gamin occupe désormais le poste de manager dans le club sud-africain. "C’est un privilège de pouvoir travailler avec lui. Même dans mes rêves, je ne l’avais jamais envisagé. J’ai grandi en le voyant jouer. Avec toutes ses réussites, il apporté de la fierté à tout le pays. C’est un don du ciel que de pouvoir passer du temps avec lui. On discute beaucoup et il me donne beaucoup de conseils", explique-t-il.

Admirateur de Ronaldinho depuis toujours, Billiat a de l’ambition. Comptant sur la compétition japonaise pour lui servir de vitrine, il a un rêve très clair. "J’aimerais jouer en Europe. Je supporte le Borussia Dortmund et l’Atlético de Madrid donc ce serait fantastique de jouer là-bas un jour. Mais pour ça, je dois sans cesse essayer de progresser, progresser et encore progresser." Martèle-t-il. Sky is the limit ; la limite, c’est le ciel. Tel est le slogan des Mamelodi Sundowns. Alors quelle sera la limite du représentant de l’Afrique au Japon ? "Notre rêve, c’est d’arriver en finale", lance Billiat. "Mais on veut surtout affronter les meilleurs et montrer notre meilleur visage. On verra ensuite jusqu’où ça nous mène."