L'Italie a beau être championne du monde en titre et occuper la première place de sa poule dans les éliminatoires d'Afrique du Sud 2010, les critiques continuent de pleuvoir sur elle. Les détracteurs de la Squadra Azzurra estiment que l'équipe actuelle est encore loin de celle qui avait dominé le monde quatre ans auparavant. A Marcello Lippi, de retour aux commandes, de les convaincre du contraire.
L'ancien entraîneur de la Juventus n'ignore pas que les tifosi italiens attendent que leur équipe obtienne des résultats avec la manière. Pourtant, le sélectionneur estime que la reconquête des cœurs des supporters passera avant tout par des victoires. Rappelé à la tête de l'équipe nationale après le parcours décevant des Azzurri sous la direction de Roberto Donadoni lors de l'UEFA EURO 2008, Lippi connaît mieux que quiconque les exigences liées à la fonction qu'il occupe pour la deuxième fois de sa carrière. Il sait également que ses exploits passés avec l'Italie ne font qu'augmenter les attentes de ses compatriotes.
Dans un entretien exclusif accordé à FIFA.com, l'expérimenté technicien italien nous fait part de son rêve d'ajouter une deuxième couronne mondiale à son palmarès. Il l'avoue volontiers, les émotions éprouvées en Allemagne étaient "bien au-delà de ce que les mots peuvent exprimer". Pour le moment, Lippi refuse de se fixer des objectifs chiffrés, du moins face aux caméras. Mais il ne sait que trop bien que l'Italie ne peut en aucun cas se permettre de passer à côté d'une Coupe des Confédérations de la FIFA organisée dans un pays qui fascine déjà son sélectionneur.
C'est la première fois que l'Italie participe à la Coupe des Confédérations de la FIFA. Quels sont vos objectifs ?
Pour nous, tous les tournois sont importants. Nous irons en Afrique du Sud pour pratiquer un bon football, progresser en tant qu'équipe et permettre à notre groupe de bien vivre ensemble. Le plus important sera de consolider nos points forts et d'exploiter toutes les opportunités qui nous seront offertes de grandir et de nous approcher de notre meilleur niveau.
Votre équipe se retrouve dans un groupe difficile avec le Brésil, l'Egypte et les Etats-Unis. Laquelle représente la plus grande menace à vos yeux ?
Le premier match contre les Etats-Unis sera déterminant. Nous devons absolument commencer par une victoire. Si nous débutons du bon pied, la suite devrait bien se passer. En revanche, si nous ne parvenons pas à nous imposer, il nous sera difficile de nous relancer. Mais je ne suis pas venu ici pour discuter de nos adversaires. Je veux parler de mon équipe et de nos objectifs.
Le choc contre le Brésil suscite déjà beaucoup d'intérêt. Quelles sont les principales différences entre les deux équipes ?
Je pense que cet intérêt est légitime, car le Brésil est actuellement la meilleure équipe au monde, tandis que l'Italie est championne du monde en titre. Donc, rien d'étonnant à cela. Les différences ? Les Brésiliens sont très forts, ils sont rapides dans la transmission du ballon. Ils sont toujours dangereux en phase offensive. Pour le reste, nos styles de jeu sont différents, très différents même. On ne peut pas faire de comparaison.
En tant que championne du monde en titre, l'Italie a-t-elle une obligation de résultat ?
Non, il n'y a aucune pression particulière. Le groupe travaille et vit bien ensemble et personne ne ressent les effets de la pression. Le football est avant tout une affaire de préparation mentale. Il faut comprendre l'aspect psychologique du sport de haut niveau pour réussir.
Vous effectuez votre grand retour au poste de sélectionneur. Qu'est-ce qui a changé depuis votre premier passage à la tête de l'équipe ?
Pas grand-chose. La première fois, j'avais eu deux ans pour construire une équipe. C'est la même chose cette fois-ci. Nous sommes à mi-parcours. La moitié du chemin a déjà été faite et je suis très satisfait des performances de mes joueurs.
Vous souvenez-vous des quelques minutes qui ont suivi la victoire de l'Italie en finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2006 ?
Vous vous demandez ce que j'ai ressenti ? Je crois que ce n'est pas difficile à imaginer. Je pourrais essayer de vous l'expliquer, mais ces émotions sont bien au-delà de ce que les mots peuvent exprimer. C'était très spécial.
Qu'attendez-vous de l'Afrique du Sud en tant que pays organisateur de la Coupe des Confédérations de la FIFA ?
C'est un pays qui me fascine et je suis impatient de le découvrir. Je ne suis jamais venu ici auparavant, mais j'ai entendu dire beaucoup de bien de l'Afrique du Sud. J'ai très envie de découvrir le climat, les habitants, l'atmosphère et tant d'autres choses. Je n'ai jamais eu l'occasion d'aller en Afrique auparavant, mis à part un voyage en Egypte, et je suis curieux de savoir ce qui nous attend là-bas. En tout cas, les échos qui me sont parvenus sont extrêmement positifs. J'ai hâte d'y être. On dit que c'est un très beau pays.
Vous avez travaillé avec des joueurs exceptionnels tout au long de votre carrière. Quel est le plus grand joueur que vous ayez connu ?
Le meilleur ? Laissez-moi réfléchir... Je pense que je n'arriverai pas à me décider. Ce ne serait pas juste. J'ai eu la chance d'entraîner tellement de footballeurs exceptionnels. Je les considère tous comme des hommes et des joueurs hors du commun. De ce point de vue, ils sont tous au même niveau.



