Sa détermination, son efficacité et son sens de l'interception ont fait de Gilberto Silva l'une des pièces maîtresses du milieu de terrain brésilien, ces dernières années. Certes, le milieu de terrain du Panathinaikos n'est sans doute pas le joueur le plus doué techniquement de cette Coupe des Confédérations de la FIFA 2009, mais cela ne l'a manifestement pas empêché de se faire un place à part dans le cœur des supporters et dans l'esprit du sélectionneur.
Pour FIFA.com, l'ancien joueur d'Arsenal évoque son rôle au sein de l'équipe, sa passion pour son poste et ses perspectives, à la veille de la finale contre les Etats-Unis.
"J'ai toujours aimé ratisser les ballons dans l'entrejeu, explique Gilberto Silva au micro de FIFA.com. Pour moi, c'est un honneur. J'étais fait pour ce poste. C'est simple : je fais toujours de mon mieux et j'essaye d'aider l'équipe à construire en partant de l'arrière. Si je suis suffisamment efficace, les joueurs plus créatifs vont pouvoir s'exprimer plus librement et nous marquerons davantage de buts. Regardez un peu les joueurs dont nous disposons : Kaka, Robinho, Luis Fabiano... Ils n'ont pas besoin d'un Gilberto Silva pour les aider à mettre le ballon au fond des filets !"
Originaire d'une famille modeste, l'international brésilien s'est familiarisé dès son plus jeune âge aux vertus du travail bien fait. Ancien ouvrier en usine, le natif de Lagoa de Prato a toujours trouvé le temps de s'entraîner, malgré ses autres obligations. Son père, qui exerçait le métier de forgeron, a toujours tenu à ce que son fils apprenne un métier dont il pourrait vivre, au cas où ses rêves de gloire ne se réaliseraient pas.
Après une expérience en demi-teinte à l'America Mineiro, passée essentiellement à lutter dans les divisions inférieures, le jeune Gilberto Silva commence à envisager très sérieusement de consacrer le reste de son existence à un métier bien différent, celui de charpentier. Avant de jeter définitivement l'éponge, il décide de tenter une dernière fois sa chance. En 2000, il s'engage à l'Atletico Mineiro, une décision qui va changer le cours de son existence.
Sa puissance et son formidable pouvoir de récupération finissent par attirer l'attention d'Arsène Wenger. Au terme de ses deux premières saisons avec l'Atletico Mineiro, le jeune homme met le cap sur Londres. Il devient rapidement l'une des coqueluches des supporters d'Arsenal, qui apprécient son abattage dans l'entrejeu et son abnégation.
En six ans passés en Angleterre, l'international brésilien inscrit 17 buts au total ; il est également sacré champion d'Angleterre et remporte la FA Cup à deux reprises. "Arsenal est un club qui m'est cher, confie Gilbert Silva, qui évolue désormais au Panathinaikos. Les supporters m'ont toujours très bien traité. Je garde un excellent souvenir de mon passage là-bas."
Lorsque les passionnés de football évoquent entre eux les plus grands artistes brésiliens de tous les temps, de Tostao à Ronaldo en passant par Pelé et Romario, ils pensent spontanément à des joueurs à vocation offensive. Gilberto Silva, que beaucoup présentent comme le successeur de Dunga en Seleçao, préfère quant à lui les aspects les moins reluisants du beau jeu : les tacles, les chocs et les duels le ravissent.
Toutes ces situations demandent des compétences spécifiques, dignes des meilleurs artisans. Son travail ingrat permet à d'autres d'exprimer tout leur talent. "Les Brésiliens jouent toujours avec le sourire ; c'est un aspect important de notre culture, ajoute le principal intéressé. Ici, nous sommes tous amis. Nous sommes bien ensemble. Nous essayons de transcrire cet état d'esprit sur le terrain, en proposant un football plaisant et tourné vers l'offensive."
Surnommé "le Mur Invisible" par ses supporters, Gilberto Silva a accumulé 71 sélections en sept ans. Au cours de cette période, il a successivement remporté la Coupe du Monde de la FIFA 2002, la Coupe des Confédérations de la FIFA 2005 et la Copa América 2007. Lorsqu'on lui demande ce qu'il pense de ce Brésil version 2009, sa réponse est à l'image de son jeu : simple et directe.
"Nous avons mal débuté, mais les choses se sont améliorées au fur et à mesure, analyse le Brésilien, qui pratique la mandoline et la guitare pendant ses heures de loisir. Notre victoire face aux Etats-Unis nous a permis de trouver notre rythme et, par la suite, nous avons pu nous exprimer plus librement. Nous allons retrouver les Américains en finale, mais je m'attends à un match très différent. Ils ont réussi une superbe performance face à une grande équipe d'Espagne. Ils se sont battus sur tous les ballons et ont tout fait pour contrer le jeu espagnol. Au final, leur victoire est logique. Nous aurons intérêt à bien nous préparer, mais je ne suis pas inquiet de ce côté-là. Nous croyons en notre jeu. Nous avons les moyens de gagner. Notre équipe est très compétitive."
"C'est un tournoi très difficile. Certaines des meilleures équipes de la planète étaient présentes en Afrique du Sud et les matches se sont enchaînés très rapidement", conclut-il en souriant.
La Coupe des Confédérations de la FIFA est effectivement une compétition très exigeante, comme l'ont rappelé tous les joueurs ou presque depuis le début du tournoi. Mais s'il est un homme qui n'a pas peur de se salir les mains et de tout donner pour son équipe, c'est bien Gilberto Silva. A l'issue de cette édition 2009, le milieu défensif brésilien apparaît plus que jamais comme le métronome et l'âme de la Seleçao.


