Peu importe à Carlos Dunga que le Brésil ait vaincu les Stars and Stripes (3:0) au premier tour du tournoi. Ou que sur les 15 matches officiels de l'histoire Brésil - Etats-Unis, la Seleção en ait remporté 14. Le technicien aime citer à ses hommes un aphorisme aux accents philosophiques : "Le football n'a ni passé, ni futur".

C'est un Dunga totalement concentré sur le présent, autrement dit sur les difficultés qui attendent ses hommes à l'Ellis Park de Johannesburg, qui s'est entretenu avec FIFA.com à la veille de la finale. Un match qui, selon lui, n'a absolument rien à voir avec celui que les deux formations ont disputé il y a dix jours à Tshwane/Pretoria. "C'est du passé. Si on analyse de près les deux premières défaites des Etats-Unis en Afrique du Sud, on s'aperçoit qu'ils ont bien résisté à l'Italie jusqu'à l'exclusion d'un de leurs joueurs, tandis que contre nous, ils ont pris un but dans les premières minutes qui les a déstabilisés', argumente l'entraîneur. 'Maintenant, comment ne pas respecter une équipe qui, après deux revers, réagit comme les Américains l'ont fait face à l'Egypte et aux favoris espagnols ? Cela demande un talent et une force de caractère considérables".

Le Brésilien n'a rien perdu des exploits américains qui ont scellé les défaites africaine et européenne. Bien qu'il préfère visiblement ne pas s'attarder sur les détails ou sur les noms, il ne tarit pas d'éloges sur les prestations des Bradley Boys. "Ce qui me frappe le plus dans cette équipe, c'est sa discipline tactique et sa régularité pendant toute la durée d'un match", explique l'homme qui préside aux destinées des Canarinhos depuis août 2006.

Comment ne pas respecter une équipe qui, après deux revers, réagit comme les Américains l'ont fait face à l'Egypte et aux favoris espagnols ?
Dunga, à propos des Etats-Unis, adversaires de la Seleçao en finale

"Les porteurs de piano"
"En plus, elle est extrêmement dangereuse en contre-attaque, comme les Espagnols en ont fait l'expérience en demi-finales", observe-t-il. "Là encore, nous nous appuierons sur l'équilibre qui nous caractérise entre défense et attaque, car si j'ai appris une chose au cours de toutes mes années de football, c'est qu'on ne va pas loin sans cela. Les 'porteurs de piano' nous sont indispensables : c'est ainsi qu'on appelle au Brésil ceux qui se sacrifient pour défendre ou récupérer le ballon. C'est pourquoi des joueurs comme Gilberto Silva et Felipe Melo sont des pièces essentielles de notre dispositif : ils permettent aux attaquants de donner libre cours à leur talent", poursuit Dunga.

Les 'porteurs de piano' nous sont indispensables : c'est ainsi qu'on appelle au Brésil ceux qui se sacrifient pour défendre ou récupérer le ballon
Dunga, à propos du travail de l'ombre de Gilberto Silva et Felipe Melo

Pour le capitaine du Brésil champion du monde en 1994, le seul élément commun à tous les matches disputés par la Seleção, c'est la pression. "Une chose est sûre : on attend en général du Brésil qu'il gagne. Mais le football ne fait pas de favoritisme, argue le Gaúcho de 45 ans. Je pense que la rencontre sera beaucoup plus tendue qu'en poule et qu'elle nous demandera donc plus de patience. La première fois, nous avons eu la chance de marquer d'emblée. J'aimerais bien qu'on remette ça, mais l'équipe américaine a changé de rythme".

Réunis depuis le 2 juin, en prélude aux éliminatoires mondialistes qui les opposaient à l'Uruguay et au Paraguay, les hommes de Dunga n'ont désormais guère besoin d'instructions. Selon l'entraîneur, le speech d'avant-match se résumera à quelques détails sur le placement ou les particularités de leurs adversaires. Le reste, les joueurs sont déjà censés l'avoir assimilé. "Cela fait des semaines que nous mûrissons notre jeu. A quoi bon perdre des heures en explications maintenant. Tout ce qui devait être dit a été dit", assure le technicien. Nous savons ce que nous devons faire et surtout, nous sommes conscients de ce que représente une finale internationale. Nous sommes prêts", conclut-il.