Le Cap-Vert passe le cap de l'espérance
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La 29ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF réunira les 16 meilleures équipes d'Afrique mais quelques grands noms manqueront à l'appel, à commencer par le Cameroun. La route des Lions Indomptables a été barrée par le modeste Cap-Vert.  

Blessé à l'aller lors de la victoire (2:0) des insulaires à Praia, Odaïr Fortes n'a pas pu participer à la courte défaite (2:1) à Yaoundé. Depuis sa première sélection en 2010, le joueur de Reims fait partie des habitués de la sélection. À en croire le milieu de terrain, le Cap-Vert doit son succès à son jeu vif et fluide. "Nous sommes très solides en défense, rapides et opportunistes en attaque. Notre équipe est donc particulièrement efficace en contre", explique-t-il au micro de FIFA.com

Les Capverdiens ne sont cependant pas du genre à se contenter de laisser l'initiative à leurs adversaires, comme on l'a montré leur ouverture du score au Cameroun alors que les Lions Indomptables se trouvaient dans l'obligation de marquer à deux reprises. "Nous avons les moyens de faire le jeu", estime Fortes, qui apprécie par ailleurs le bon équilibre entre jeunes et anciens. "Notre capitaine Fernando Neves a peut-être 34 ans mais il a l'enthousiasme d'un junior. Nous avons de bons joueurs, qui évoluent dans des clubs portugais et en Europe de l'Est. Il y a aussi Ryan Mendes à Lille, qui est très prometteur."

Devancé à la différence de buts par le Mali, le Cap-Vert avait échoué aux portes de la qualification pour la CAN 2012. Paradoxalement, ce revers a regonflé le moral des troupes. "Quand nous avons battu le Mali dès notre entrée en lice, nous avons commencé à croire en nos chances", se souvient Fortes. "Ça nous a mis en confiance. Nous n'avons pas réussi à forcer le destin mais nous nous sommes rendu compte qu'une qualification était devenue un objectif réaliste."

Les insulaires ont réalisé leur rêve quelques mois plus tard, au terme d'un match épique à Yaoundé. "C'est fantastique ! Nous sommes qualifiés mais l'histoire ne s'arrête pas là", annonce le Rémois. "Nous irons en Afrique du Sud pour gagner. À l'exception de la Côte d'Ivoire, je ne vois pas une équipe en Afrique qui nous soit supérieure."

Dans les rues de Praia
Comme beaucoup de footballeurs africains, Fortes a découvert les joies du beau jeu dans la rue. "Je jouais dehors, à Praia. J'aimais aussi beaucoup le futsal, qui est très populaire au Cap-Vert. Cette passion m'a permis de développer ma technique, ma vivacité et mon sens du dribble", raconte l'admirateur de Ronaldinho.

Afin d'améliorer ses chances de passer professionnel, Fortes s'est rendu en France avec son oncle en 2004. Après avoir porté les couleurs de l'UJA Alfortville en CFA2, il a rejoint le Stade de Reims, où il évolue depuis quatre ans. Sa première sélection remonte à 2010, à l'occasion d'un match amical contre le Portugal disputé en Guinée-Bissau. "J'étais déjà en contact avec l'encadrement de l'équipe nationale et le sélectionneur Lucio Antunes depuis un certain temps", rappelle-t-il. "Quand on m'a proposé de venir, j'ai tout de suite accepté. J'ai toujours été convoqué depuis, sauf lorsque j'étais blessé."  

Antunes a eu le mérite de construire un collectif parfaitement huilé. La chose n'avait rien d'une évidence avec un groupe composé d'individus aux horizons très divers, dont certains n'avaient même jamais mis les pieds au Cap-Vert. "Les efforts du sélectionneur y sont pour beaucoup", confirme Fortes. "Les joueurs ne se connaissent pas bien. Malgré ça, nous formons une équipe solide."  

Fortes se prépare désormais à prendre part à la CAN 2013, première phase finale de l'histoire du Cap-Vert. Mais au rythme où les Requins Bleus progressent, ce n'est sans doute pas la dernière.