Traoré, aigle prudent et polyvalent
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Alors que la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF se profile à l'horizon, le Mali pointe actuellement au troisième rang de la hiérarchie africaine. En dépit de ce classement flatteur, les Aigles savent que rien n'est acquis d'avance, surtout quand les prochains adversaires sont  le Ghana, le Niger et la RD Congo.

"Tout le monde connaît la valeur du Ghana", rappelle le Niçois Mahamane Traoré au micro de FIFA.com. "Les Black Stars nous ont battus l'année dernière, puis nous avons pris notre revanche dans le match pour la troisième place. Les deux équipes se connaissent très bien. Si nous voulons terminer à la première place, nous aurons tout intérêt à les battre. J'entends parfois dire que nous n'aurons aucun mal à battre le Niger et la RD Congo. Ce serait une erreur de le penser. Il faut se garder des excès de confiance."

Traore a débuté sa carrière au Cercle Olympique de Bamako, avant de rejoindre Nice en 2005, à 17 ans. Initialement convoqué pour la CAN 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale, Traoré avait été contraint de déclarer forfait en raison d'une blessure. "C'est malheureux mais l'équipe s'en est très bien sortie", juge-t-il. "Cette troisième place constitue un très bon résultat. Nous aurions même pu faire encore mieux. Nous avons perdu en demi-finale contre la Côte d'Ivoire sur un but très évitable."  

À l'époque, les Aigles pouvaient compter sur les conseils et l'expérience d'Alain Giresse pour signer leur meilleure performance depuis quatre décennies. Depuis, le Français a cédé sa place à son compatriote Patrice Carton, ancien entraîneur de Dijon. "Nous travaillons dans la continuité", estime le milieu de terrain. "La dernière CAN a eu lieu il y a dix mois. Les joueurs n'ont pas changé. Chaque entraîneur a ses méthodes, mais les joueurs doivent s'adapter et être capable d'appliquer différents systèmes. Nous avons disputé notre dernier match en 4-4-2. Giresse préférait utiliser un 4-2-3-1, avec Seydou Keita en meneur de jeu."

Reconversion réussie
Depuis l'arrivée de Claude Puel à Nice, Traoré s'est reconverti au poste de milieu défensif. "Quand je suis revenu de mon prêt à Metz, l'entraîneur m'a demandé de jouer plus bas sur le terrain", raconte l'ancien Grenat. "Dans un premier temps, j'ai pensé c'était une solution de dépannage. Ensuite, j'ai compris qu'il comptait m'installer à ce poste. Il m'a expliqué qu'il voulait me placer au cœur du jeu, afin d'exploiter au maximum ma vision. Je ne me suis pas posé de questions. Après tout, s'il me l'a proposé, c'est qu'il a dû y réfléchir avant."

L'international malien s'est parfaitement adapté aux exigences de son nouveau poste, au point d'inscrire le but de l'égalisation contre Bordeaux en septembre. Plus récemment, c'est lui qui a ouvert le score contre Nancy (2:1) début novembre. "Le fait que je marque prouve que je me sens bien. Je touche beaucoup de ballons mais cela ne m'empêche pas de me trouver devant le but et de marquer."

Il faut dire que Traoré a toujours été polyvalent, notamment en sélection. "En équipe nationale, je joue souvent sur l'aile gauche. Je peux aussi évoluer à droite ou en deuxième attaquant, derrière Cheick Diabaté, comme contre le Botswana. Maintenant, je prouve que je peux aussi jouer milieu défensif. C'est évidemment un avantage."  

Traore espère désormais profiter de la CAN 2013 en Afrique du Sud pour rendre le sourire à ses compatriotes, durement éprouvés par les troubles qui ont éclaté l'année dernière. "Je suis très inquiet pour mon pays", avoue le joueur de 24 ans. "Je me demande quand ces problèmes prendront fin. Autrefois, le Mali était un pays calme et tranquille. Nous espérons vite retrouver ce Mali que nous connaissons. Pendant la CAN, nous allons tout faire pour apporter un peu de paix et d'unité à nos concitoyens."