Le Roy, rassembler pour mieux régner
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Claude Le Roy fait partie des sélectionneurs de légende dans le football africain. En janvier 2013, il vivra sa septième Coupe d'Afrique des Nations de la CAF aux commandes d’une équipe nationale. Pour son deuxième mandat à la tête de la République Démocratique du Congo, le Français est parvenu à insuffler un espoir nouveau à son équipe.

Un temps considérée comme une place forte du football continental, la République Démocratique du Congo a manqué les trois dernières éditions de l’épreuve. Cependant, depuis qu’il a pris ses fonctions en septembre 2011, Le Roy est parvenu à donner une nouvelle dynamique aux Léopards. L’ancien entraîneur de Strasbourg est convaincu que son équipe affichera un visage compétitif lors de la phase finale, programmée du 19 janvier au 10 février.

"Jusqu’ici, tout se passe bien", répond l'intéressé au micro de FIFA.com quand on l’interroge sur la préparation. "Nous faisons un stage en Afrique du Sud avec les joueurs évoluant au pays. Cela va nous permettre d'évaluer les conditions, de visiter les installations et d'autres choses dans ce genre. Notre dernier rassemblement aura lieu à Oman."

Les Européens en renfort
Les prédécesseurs de Le Roy ont éprouvé les pires difficultés à convaincre les Congolais évoluant chez les professionnels à l’étranger de rejoindre l’équipe nationale. Pour l'instant, le Sorcier blanc ne rencontre pas ce problème, bien au contraire. "Quand je suis arrivé, j’ai découvert que de nombreux joueurs avaient déclaré qu'ils ne voulaient plus jouer en sélection. Mais ce n’est plus le cas maintenant et des garçons comme Youssouf Mulumbu (West Bromwich Albion), Bedi Mbenza (Anderlecht), Cédric Makiadi (Fribourg) ou Cédric Mongongu (Evian) se sont réengagés. Maintenant, tout le monde veut jouer. Mieux encore, ils s'encouragent mutuellement à rejoindre l'équipe nationale, ce qui fait que nous avons des joueurs fantastiques à disposition."

Malgré tout, Le Roy annonce qu’il emmènera également des joueurs du cru en Afrique du Sud. "Je dois garder un bon équilibre entre les joueurs du championnat local et les pros. Les joueurs restés au pays apportent une touche rafraîchissante à la sélection, ils représentent une source d’inspiration pour l’équipe et pour le pays tout entier."

Le Breton, qui avait dirigé les Léopards entre 2004 et 2006, estime que des progrès ont été accomplis depuis son précédent mandat. "La fédération est un peu plus influente et elle est mieux organisée. Le gouvernement apporte également son aide. En Afrique, l’aide du gouvernement est nécessaire car sans elle, on ne peut pas faire grand-chose. On a besoin d’aide pour les stages, pour acheter des billets d’avion, pour payer les primes. Il ne s’agit pas de dépenser des fortunes, mais il faut être organisé, plus particulièrement quand on participe à une compétition comme la Coupe d’Afrique des Nations. Là-bas, tous les détails comptent et tout doit être prêt."

Les Congolais pourraient créer la surprise dans cette compétition, mais Le Roy ne veut rien entendre à ce sujet. "De grâce, de grâce, de grâce. Nous étions à la 129ème place du classement lorsque je suis arrivé et maintenant, nous venons à peine d’intégrer le top 100. Nous sommes dans le même groupe que le Ghana et le Mali. Si nous nous qualifions pour le deuxième tour, alors ce sera le début d’un rêve magnifique. Si vous cherchez des favoris et des outsiders, vous êtes au mauvais endroit", s’exclame Le Roy, quand on lui parle des chances de son équipe dans un Groupe B où l’on trouve également le Niger.

Un CV éloquent
Le technicien français va établir un record en participant à sa septième CAN. Il a également réalisé la prouesse d’atteindre au moins les quarts de finale avec chacune de ses équipes. Confronté à un nouveau défi, il est conscient qu'il n'aura pas la tâche facile pour rééditer cette performance. "Nous cherchons avant tout à être irréprochables en termes de comportement et de sportivité. Si nous remportons le trophée du fair-play, ce sera magnifique. Je veux que nous pratiquions un jeu intelligent sur le plan tactique et que nous donnions une belle image du pays. Nous allons évidemmment essayer d’accéder au deuxième tour."

Le Roy dit garder des souvenirs inoubliables de chacune de ses participations à l’épreuve reine du continent africain. "J’ai eu beaucoup de chance. J’ai remporté la Coupe d’Afrique des Nations avec le Cameroun et la Coupe du Golfe avec Oman. Partout où je suis passé, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à travailler avec les équipes nationales et c’est pour ça que l’on me demande toujours de revenir. J'ai eu beaucoup de chance de remporter tous ces trophées et de diriger tous ces bons joueurs. Mais quoi qu’il arrive, les victoires reviennent toujours aux joueurs et les défaites aux entraîneurs."

Réputé pour son engagement social, Le Roy espère que le football contribuera à apaiser la RD Congo, où les combats qui font rage à l’est du pays ont fait de nombreuses victimes. "Beaucoup de joueurs sont inquiets, la guerre dure depuis trop longtemps. Ce pays a tellement de potentiel dans le football et dans bien d’autres domaines. Si le calme revenait, il pourrait devenir l’un des meilleurs pays où vivre. C’est important de faire une bonne prestation. Les joueurs sont les soldats du pays et ils doivent montrer qu’ils peuvent être unis."