Rohr a la chance de l'inexpérience
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À un peu plus d’un mois de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF, le sélectionneur du Niger Gernot Rohr peaufine les derniers préparatifs de son équipe avant sa deuxième participation à la compétition.

Cette édition 2013 constituera la deuxième participation consécutive du technicien franco-allemand à la grand-messe du football africain. En début d’année, il était à la tête d’un Gabon cité parmi les favoris d’une compétition qu’il co-organisait avec la Guinée équatoriale. En Afrique du Sud pour la CAN 2013 en revanche, il portera l’étiquette d’outsider avec le Niger.

Contrairement à ses adversaires dans le Groupe B - le Ghana, le Mali et la République Démocratique du Congo -, le Ména ne compte qu’une poignée de professionnels évoluant en Europe, pour la plupart dans les divisions secondaires en France, en Belgique et en Suède. La majorité de ses joueurs, le sélectionneur les a trouvés dans les clubs nigériens et dans d’autres pays africains. Au final, le seul nom qui se dégage est celui d’Ouwo Moussa Maazou. Âgé de 24 ans, l’explosif attaquant de l’Étoile du Sahel a évolué à l'AS Monaco, au CSKA Moscou ainsi qu’aux Girondins de Bordeaux, où Rohr reste une légende avec plus de 350 matches disputés, trois titres de champion de France et une finale de Coupe de l’UEFA en tant qu’entraîneur.

Une source de motivation
Malgré tout, Rohr refuse de considérer l’inexpérience de son groupe au plus haut niveau comme un handicap. "Nous pouvons en faire un avantage. Nous sommes une véritable équipe, sans vedette", assure Rohr au micro de FIFA.com. "Tous les joueurs sont rassemblés autour du même objectif et il n’y a pas de gros ego. Les joueurs sont extrêmement motivés. Le fait qu'ils souhaitent tous intégrer un grand club, de préférence en Europe, constitue une source de motivation supplémentaire", ajoute l’ancien entraîneur de l’OGC Nice.

L'ancien défenseur est toutefois conscient que la qualification n’aura rien d'aisé sinécure dans ce qui a déjà été considéré comme le "groupe de la mort". "C’est un groupe très difficile. Même si nous partons en tant qu'immenses outsiders, nous ne sommes pas sans espoir de passer", annonce le sélectionneur. "Nous sommes seulement la 30ème équipe d’Afrique, mais nous avons aussi réussi à gagner 30 places au classement mondial. Notre premier match, contre le Mali, sera très important. Si nous voulons faire une belle compétition, il est capital de prendre un bon départ."

Intronisé en septembre, Rohr a dû relever un premier défi de taille : arracher la qualification pour la CAN 2013 face à la Guinée. Classé 21 échelons au-dessus du Ména, le Syli National avait remporté le match aller 1:0 à domicile. "Mais nous avons toujours cru en nos chances", se souvient Rohr. "Le match retour s’est déroulé comme prévu. Nous avons été solides en défense et nous avons attendu que les occasions se présentent. Après le repos, nous avons haussé l’intensité et nous avons amplement mérité notre victoire 2:0, qui nous a envoyés en Afrique du Sud."

Peu de pression
En amical, le Niger a également décroché un succès 4:3 face au Liberia et obtenu un match nul 1:1 face au Sénégal, grosse écurie du football africain. "Ces résultats ont été très importants car l’équipe n’était pas arrivée à marquer des buts et à gagner lors des rencontres précédentes", se réjouit l'ancien joueur du Bayern Munich." Je suis satisfait de la progression de l’équipe. Il règne une ambiance fantastique et même si les joueurs évoluant au Niger n’avaient pas joué en championnat depuis plusieurs semaines avant de se présenter au rassemblement, ils ont été très performants. Il leur manquait le rythme de match, mais nous avons remédié à ça en mettant les bouchées doubles à l’entraînement."

Aux commandes du Gabon pendant deux ans, Rohr a permis aux Ouest-Africains d'égaler leur meilleur résultat en Coupe d'Afrique des Nations avec une accession aux quarts de finale. Très exposé lors de la dernière édition, l’ancien Bordelais et son équipe avancent masqués. "Jouer avec le Niger en Afrique du Sud, cela n’aura rien à avoir avec jouer avec le Gabon à domicile. Nous avions les supporters derrière nous, mais cela pourrait être un avantage car il y a très peu de pression sur nos épaules."