Traoré, talent or des Etalons
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Battu (1:0) en République centrafricaine au dernier tour des qualifications pour la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2013, le Burkina Faso a frôlé la catastrophe. À cinq minutes du coup de sifflet final du match retour, les Étalons menaient 2:1 et étaient virtuellement éliminés. Mais Alain Traoré a fait basculer le sort de la partie en marquant à la sixième minute du temps additionnel. Déjà auteur de l'égalisation à la 18ème minute, le Lorientais a été le grand artisan du succès de son équipe, 3:2 sur l'ensemble des deux manches.  

"C'était très intense. Ce but était très important, pour l'équipe et pour moi", se souvient le joueur de 22 ans au micro de FIFA.com. "Nous avons été durement critiqués après la CAN 2012. Notre sélectionneur Paulo Duarte a été remercié et nous avons traversé une période d'instabilité. Cette qualification est donc un grand soulagement et cet exploit va contribuer à rendre un peu de sérénité au football burkinabé".  

Le bilan des Étalons en phase de groupes reste cependant bien modeste. En 2010 et 2012, le Burkina Faso n'a jamais réussi à franchir le premier obstacle, totalisant un nul et quatre défaites. Pourtant, Traoré se dit convaincu que la CAN 2013 en Afrique du Sud aura un goût moins amer. "Nous avions beaucoup de jeunes en 2010, nous manquions d'expérience", admet l'ancien Auxerrois. "Au fil des ans, nous avons acquis de la maturité et de la confiance. Désormais, nous sommes pratiquement tous titulaires dans des championnats de bon niveau. C'est une nouveauté pour le Burkina Faso."

De quoi donner aux supporters burkinabés l'espoir de voir leur équipe briller en phase finale, du 19 janvier au 10 février. "Nous avons un excellent état d'esprit, nous ne renonçons jamais et nous avons quelques joueurs talentueux", assure le Merlu, qui sait que son équipe devra cependant surmonter de gros obstacles. "Nous allons devoir rester unis pendant un mois, ce qui n'est jamais chose facile".

Intermittent du spectacle
Surtout quand les prochains adversaires du Burkina Faso dans le Groupe C s'appellent le Nigeria, l'Éthiopie et la Zambie, tenante du titre. "Le Nigeria est un grand pays de football. Cela fait longtemps que cette équipe n'a plus rien gagné, alors il faudra se méfier", annonce Traoré. "Je suis sûr que les Nigérians ont envie de rattraper le temps perdu. La Zambie est championne d'Afrique. C'est une sélection assez imprévisible. Nous ne connaissons pas bien l'Éthiopie mais cette équipe n'est sûrement pas arrivée là par hasard."  

Écarté après la décevante CAN 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale, Duarte a cédé sa place au Belge Paul Put pour une transition sans heurts. "Dès le début, le nouveau sélectionneur a décidé de s'inspirer du travail réalisé par Paulo Duarte", détaille le milieu offensif. "Il n'a pas changé grand-chose. Le groupe est resté le même et le schéma n'a pas beaucoup bougé. Nous jouons toujours en 4-2-3-1, avec un seul attaquant en pointe. Mais Duarte et Put n'ont pas du tout le même caractère. Le premier nous parlait beaucoup pendant les matches, le second est plus calme. Il préfère dire ce qu'il a dire dans les vestiaires."   

Ancien pensionnaire du centre de formation Planète Champion, Alain Traoré a passé sept saisons à Auxerre, avant de rejoindre Lorient au début de l'exercice en cours. Capable d'alterner les exploits les plus impressionnants et les périodes beaucoup plus discrètes, Traoré rejette pourtant cette image d'intermittent du spectacle. "Ça m'énerve", coupe-t-il. "On dirait qu'à chaque fois que Lorient ne gagne pas, c'est de ma faute. Il n'y a que deux joueurs qui peuvent gagner des matches à eux seuls : Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Au début de la saison, il y avait beaucoup d'enthousiasme. Tout le monde se battait pour gagner sa place sur le terrain. Puis, l'ambiance est un peu retombée. Mais nous marquons pratiquement à chaque match, ce qui est positif. Cette équipe a du talent, il lui faut juste un peu de temps."

Et avec un Traoré en confiance, tout peut aller encore plus vite.