Gyan, l'avenir pour effacer les souvenirs
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L'histoire d'Asamoah Gyan en équipe nationale a une saveur aigre-douce. Mais cela n'empêche pas l'attaquant du Ghana d'être optimiste quant aux chances de son équipe de décrocher une cinquième couronne continentale lors de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2013 après leurs sacres en 1963, 1965, 1978 et 1982. Demi-finalistes lors des trois dernières éditions de l'épreuve, Gyan et ses coéquipiers vont tenter de conjurer ce qui commence à ressembler à un mauvais sort.

Avec cinq buts marqués en trois éditions disputées, Gyan affiche un maigre bilan en phase finale à l'heure d'aborder la CAN 2013 en Afrique du Sud. "Cela ne me perturbe pas, car ma moyenne de buts par match en équipe nationale est impressionnante", explique à FIFA.com celui qui a inscrit 28 buts en 60 sélections avec les Black Stars. "Il est naturel que les gens s'attendent à ce qu'un attaquant marque des buts, mais cela n'arrive pas à chaque fois. Parfois, il faut savoir mettre ses coéquipiers en position de marquer. Mon objectif est toujours d'aider l'équipe à décrocher la victoire."

À deux reprises, l'attaquant d'Al-Ain a annoncé une retraite internationale anticipée après avoir été critiqué la dernière fois au terme de la CAN 2012. Mais quatre mois plus tard, Gyan était de retour au sein d'un effectif dont il est aujourd'hui le capitaine.

À Port Elizabeth, le Ghana devra d'abord sortir d'un Groupe B dont les autres pensionnaires sont le Mali, la RD Congo et le Niger. Gyan estime que ce premier tour sera un excellent test avant d'affronter éventuellement les gros calibres du continent, à l'image de la Côte d'Ivoire, du Nigeria et de la Zambie, tenante du trophée. "À ce niveau, on ne peut sous-estimer aucune équipe", confie l'attaquant de 27 ans. "Les quatre formations du groupe sont candidates à la qualification. Nous avons joué contre le Mali en 2012 et nous avons vu de quoi ils étaient capables. Le Niger est moins réputé, mais n'en reste pas moins une équipe solide, toujours capable de créer la surprise."

Hantise et conseil à suivre
Avant de s'envoler pour l'Afrique du Sud, les Black Stars effectueront un stage à Abou Dabi, une ville où l'attaquant ghanéen est une véritable idole. Et pour cause : il défend les couleurs de l'équipe locale, Al Ain. Actuellement meilleur buteur du championnat, à une longueur de ses 22 buts inscrits la saison dernière, probablement la plus aboutie de sa carrière, c'est avec Al Ain en effet, lors du précédent exercice, qu'il a remporté le premier championnat de sa carrière ainsi que son premier titre de meilleur buteur.

La cerise sur le gâteau est arrivée lorsqu'on lui a confié le brassard de capitaine en sélection. Hélas, cette bonne nouvelle a été suivie, quelques jours plus tard, d'une très mauvaise : sa mère est décédée dans un accident de voiture. "2012 a été une année positive pour ma carrière, mais avec des bons moments et des moins bons", estime l'ancien buteur l'Udinese, de Rennes et de Sunderland. "Le décès de ma mère a été un gros coup pour moi. Mais je suis fort mentalement et appliqué dans ce que je fais."

L'Afrique du Sud est une autre source de souvenirs douloureux pour l'attaquant. Son penalty manqué dans les derniers instants du match contre l'Uruguay a coûté au Ghana une place historique en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™. Après un nouvel échec contre la Zambie, futur vainqueur de l'épreuve, en demi-finalesde la CAN 2012, Gyan a décidé de ne plus s'adonner à l'exercice. Cette saison, six de ses 21 buts avec Al Ain ont été inscrits des 11 mètres, mais ses deux tentatives ratées en équipe nationale continuent de le hanter. "Je ne tirerai plus de penalties pour le Ghana. Ma mère m'avait recommandé de ne plus le faire et comme elle n'est plus là, je dois respecter son conseil."