L'Éthiopie fait trembler les favoris
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Tête de série du Groupe C, la Zambie a connu des débuts difficiles en Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2013, tenue en échec (1:1) ce mercredi 21 janvier, pour son entrée en lice. À l'issue de cette première journée, l'Éthiopie fait déjà figure de révélation. En effet, les Antilopes Walya ne se sont pas contentées de tenir tête aux tenants du titre, elles sont également passées tout près d'une victoire sensationnelle.

L'Éthiopie, qui pointe au 110ème rang du Classement mondial FIFA/Coca-Cola, était présentée comme l'équipe la plus modeste du tournoi, du moins sur le papier. Longtemps absents de la scène continentale, les champions d'Afrique 1962 n'avaient plus marqué en phase finale de la CAN depuis 37 ans. En voyant Saladin Said rater un penalty, les supporters éthiopiens ont cru un instant que la tendance n'était pas près de s'inverser. Pour ne rien arranger, le dernier rempart Jemal Tassew, a été exclu avant même la fin de la première mi-temps, suite à une intervention brutale sur Chisamba Lungu.

Les Chipolopolo ont fait parler leur avantage numérique dans le temps additionnel, sur une frappe de Collins Mbesuma. À cet instant du match, la Zambie semblait promise à un succès facile. Mais Said, qui compte parmi les trois expatriés de la sélection éthiopienne, s'est une nouvelle fois illustré en offrant le but égalisateur à Adane Girma, à la 66ème minute. "J'ai raté un penalty en début de match puis nous nous sommes retrouvés à dix", commente l'attaquant de Wadi Degla, élu Homme du Match, au micro de FIFA.com. "Heureusement, nous avons très bien joué. Nous avons prouvé que nous sommes prêts à nous battre. Nous sommes satisfaits d'avoir pris un point."

La dernière apparition de l'Éthiopie en Coupe d'Afrique des Nations de la CAF remonte à 1982. Les Antilopes Walya y avaient également croisé la Zambie et le Nigeria en phase de groupes. À l'époque, les Éthiopiens avaient baissé pavillon face aux Super Eagles (3:0) et aux Chipolopolo (1:0), avant d'arracher un nul vierge à l'Algérie. "Nous ne craignons ni le Burkina Faso, ni le Nigeria", annonce Said, qui espère sa sélection aller beaucoup plus loin cette année. "Les grosses équipes ne nous font pas peur. Quel que soit l'adversaire, nous sommes là pour gagner. Si remportons le prochain match, nous serons qualifiés."

Force de caractère
Moins expérimenté, mais tout aussi motivé, Fuad Ibrahim, 21 ans, se dit convaincu que l'Éthiopie peut encore apprendre et élever son niveau de jeu. "C'était un très bon match pour nous", estime l'attaquant des Minnesota Stars FC. "Nous avons fait preuve de solidarité et nous avons réussi l'exploit de revenir au score. Maintenant, il faut se concentrer sur le Burkina Faso. Si nous tirons les leçons de nos erreurs, nous pouvons gagner ce match", poursuit l'ancien international U-17 américain, qui a disputé tous les matches des États-Unis lors de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2007.

Le sélectionneur Sewnet Bishaw semble lui aussi satisfait de la combativité dont son équipe a fait preuve. "Nous avons manqué un penalty et nous obtenons quand même le nul", sourit le technicien à qui l'Éthiopie doit également de figurer en tête de son groupe de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2014™. "Les joueurs ont fait preuve d'une belle force de caractère et montré au reste du monde de quoi ils sont capables."

Et notamment à la Zambie, dont le sélectionneur Hervé Renard n'a pas semblé surpris de la prestation de son adversaire du jour. "J'ai répété de nombreuses fois avant le match que cette équipe était à prendre très au sérieux", rappelle l'entraîneur français, qui avait aligné dix joueurs champions d'Afrique 2012. "Je tiens à féliciter l'Éthiopie pour cette excellente performance."   

Du coup, l'issue des débats paraît plus incertaine que jamais dans le groupe, après le nul entre le Burkina Faso et le Nigeria (1:1).