Carteron garde la motivation et laisse la pression
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Actuellement 25ème au Classement mondial FIFA/Coca-Cola et troisième en Afrique, le Mali a arraché sa place en quarts de finale de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF grâce au nul (1:1) contre la RD Congo, lors de la dernière journée du Groupe B. Pour Patrice Carteron, cette qualification et la perspective d'affronter l'Afrique du Sud doivent être considérées comme autant de réussites.

Nommé à la tête de la sélection en juillet dernier, l'ancien défenseur rennais effectue ses premiers pas sur la scène internationale. À l'issue du premier tour, il dresse un bilan positif de sa première CAN. Les Aigles ne sont en effet plus qu'à un match d'une place en demi-finale. En cas de succès face aux Bafana Bafana, le Mali rééditerait donc sa performance de l'an dernier, en Guinée équatoriale et au Gabon. "Je suis encore un jeune sélectionneur, le match contre la RD Congo était donc sans doute le plus important de ma carrière", avoue le technicien français, qui compte parmi les plus jeunes sélectionneurs du tournoi, à FIFA.com. "Mais le rendez-vous de samedi 31 janvier va vite le détrôner !"

Les hommes de Carteron ont pourtant connu une entrée en matière catastrophique face aux Léopards. Lomana LuaLua a touché le poteau après 37 secondes. Deux minutes plus tard, Dieumerci Mbokani donnait l'avantage aux siens sur penalty. Les Maliens ont rapidement compris qu'ils allaient devoir se battre s'ils voulaient obtenir leur billet pour les quarts de finale. Mamadou Samassa a remis les deux équipes à égalité à la 15ème minute et, par la suite, les Aigles ont fait parler leur expérience pour conserver le point du nul. "Je suis très satisfait de ce résultat car la RD Congo possède une excellente équipe et un sélectionneur très expérimenté en la personne de Claude Le Roy", soulignait Carteron, à la fin de la rencontre.

L'ancien entraîneur de Cannes et Dijon n'ignore évidemment pas que les résultats de son équipe prennent une importance particulière dans le contexte actuel au Mali. "Nous avons très envie de faire plaisir à nos concitoyens mais cette situation génère un surcroit de pression pour nous", reconnaît le natif de Saint-Brieuc.   

Supplément de motivation
Lucide, Carteron est le premier à admettre que le match contre la RD Congo ne restera pas dans les annales. "Parfois, il faut aussi savoir jouer comme ça", admet le Breton qui, en dehors d'un bref passage à Sunderland, a réalisé l'intégralité de sa carrière de joueur en France. "C'était très physique mais seul le résultat compte. La qualification était une priorité absolue. Pour cela, il nous fallait jouer d'une certaine façon. Je pense que notre présence en quart de finale justifie nos choix."

Le Français espère maintenant que ses joueurs aborderont le choc face à l'Afrique du Sud dans un état d'esprit plus serein. Visiblement, la pression s'est fait sentir dans le camp malien avant la rencontre décisive contre la RD Congo. "Tout le monde voit déjà l'Afrique du Sud en demi-finale", reconnaît Carteron. "Le pays hôte sera attendu au tournant. Les supporters vont se déplacer en masse pour voir gagner les Bafana Bafana. Si les choses ne se passent pas comme prévu, nous serons sans doute en mesure de leur mettre la pression."    

Toutefois, le Mali n'aura pas seulement en face de lui 11 joueurs sur le terrain mais aussi 57 000 fans déchaînés dans les tribunes et près de 50 millions de Sud-Africains."Nous allons plutôt penser aux 15 millions de Maliens qui regarderont le match", répond Carteron. "Toute l'équipe parle de ce qui se passe en ce moment au pays et nous sommes bien décidés à faire le maximum pour apporter d'autres bonnes nouvelles. De ce point de vue, les 90 minutes contre l'Afrique du Sud seront très importantes. Nous allons faire de notre mieux pour donner du fil à retordre aux Bafana Bafana."

Le Mali s'apprête à disputer son quatrième match en moins de deux semaines mais cet agenda chargé n'inquiète pas outre mesure Carteron. "Nous serons à notre meilleur niveau. Nous devons encore récupérer mais nous serons prêts. J'espère juste que les supporters sud-africains ne passeront pas la nuit devant notre hôtel, à souffler dans leurs vuvuzelas", conclut-il avec le sourire.