Put sait murmurer à l'oreille de ses Etalons
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Dans toute son histoire, le Burkina Faso n'avait franchi qu'une seule fois la phase de groupes de la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF. C'était en 1998 sur ses terres et les Étalons s'étaient hissés à la quatrième place. Dimanche 10 février, les Burkinabés feront leur première apparition en finale, après avoir créé la surprise en dominant le Ghana aux tirs au but.

Pourtant, le Burkina Faso ne faisait pas vraiment figure de favori à la veille de la 29ème édition du rendez-vous continental, versés dans un groupe relevé au sein duquel figuraient notamment la Zambie et le Nigeria. "J'ai toujours pensé que nous avions le talent et les moyens d'aller jusqu'au bout", rappelle aujourd'hui Paul Put, le sélectionneur belge qui a pris les commandes de la sélection burkinabé en mars 2012. "Une fois notre qualification pour l'Afrique du Sud en poche, je n'ai cessé de répéter à mes joueurs qu'ils devaient croire en leurs chances. Je suis content pour eux car ils ont travaillé dur et ils méritent ce qui leur arrive. Ils vivent ensemble depuis plus d'un mois et je n'ai jamais eu à déplorer le moindre problème. Je leur ai dit qu'il ne fallait surtout rien changer et que, si nous y parvenions, nous serions en finale. C'est maintenant chose faite. Je suis heureux pour tous les habitants du Burkina Faso."  

Le Belge reconnaît toutefois que son équipe a souffert pour venir à bout du Ghana. Wakaso Mubarak a donné l'avantage aux Ghanéens en début de match sur penalty mais Aristide Bancé a remis les deux équipes à égalité à l'heure de jeu. Le sort de la partie s'est donc joué aux tirs au but. Les trois échecs ghanéens dans cette épreuve ont finalement fait le bonheur des supporters burkinabés. "Je leur ai dit avant le coup d'envoi qu'ils n'avaient pas à avoir peur du Ghana", assure Put. "Je voulais qu'ils jouent pour gagner. Les joueurs ont beaucoup discuté avant le match. J'ai essayé de les motiver au mieux. J'ai le sentiment que ça a plutôt bien marché."

Tactique et motivation
Outre ses talents pour la motivation, l'ancien entraîneur de Lokeren et Lierse a fait apprécier ses talents de stratège face au Ghana. "Tactiquement, nous avons été très bons", estime celui qui a également dirigé la Gambie, avant d'être remercié suite à son échec dans la course à la qualification pour la CAN 2012. "Nos joueurs ont un tempérament offensif, je leur ai donc demandé de tenir leurs positions. Je savais qu'il y aurait des espaces entre la défense et le milieu de terrain et que nous pourrions en profiter sur de longues diagonales. Il fallait ouvrir le jeu. C'est ce que nous avons fait et, avec un peu de réussite, nous aurions même pu l'emporter dans le temps réglementaire."

Charles Kaboré, qui compte parmi les joueurs les plus expérimentés du groupe confirme les talents de son entraîneur : "À notre arrivée en Afrique du Sud, le sélectionneur était le seul à y croire", rappelle le milieu de terrain de l'Olympique de Marseille. "Il a fini par nous convaincre. Tout le groupe espère désormais que Pitroipa pourra disputer la finale."  

Le Belge se prépare maintenant à une nouvelle confrontation face aux Super Eagles. "Tout le monde s'attend à voir gagner le Nigeria car c'est une grande équipe", admet-il. "Mais nous aussi, nous avons du talent. Je suis certain que nous aurons des occasions." En cas de succès contre le Nigeria, cette génération d'Étalons se verrait offrir une nouvelle occasion de prendre part à une grande compétition internationale. En effet, le champion d'Afrique gagnera son billet pour la Coupe des Confédérations de la FIFA 2013, où il retrouvera l'Espagne, l'Uruguay et Tahiti.