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Le 10 février prochain, le Nigeria tentera de remporter son troisième titre de champion d'Afrique. En finale, les Super Eagles retrouveront le Burkina Faso. En cas de succès, Stephen Keshi entrerait dans la légende du football nigérian.

Après Mahmoud El Gohary, qui a remporté la compétition en tant que joueur en 1959 et en 1998 en tant qu'entraîneur, il pourrait devenir le deuxième homme à remporter la compétition en tant que joueur et en tant qu'entraîneur après le titre décroché sur le terrain en 1994.

À l'en croire, la clé du succès se trouve dans le juste équilibre entre concentration et décontraction. "Il faut du sérieux, sur le terrain comme en dehors", assure au micro de FIFA.com ceui qui avaut mené le Togo à la qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™. "Mais nous savons aussi nous amuser. Si l'on n'éprouve aucun plaisir à ce que l'on fait, on ne peut pas donner le meilleur de soi-même. C'était ma philosophie en tant que joueur et je n'ai pas changé d'avis depuis que je suis devenu entraîneur. Rigueur et plaisir sont des ingrédients essentiels."  

Cinq ans et cinq semaines
Depuis le début de la CAN 2013 en Afrique du Sud, cette combinaison semble réussir aux Super Eagles. Deuxièmes du Groupe C devant la Zambie, championne d'Afrique en titre, mais devancés par le Burkina Faso, Keshi et ses hommes sont venus à bout de la Côte d'Ivoire (2:1), grandissime favori, en quart de finale. Les Nigérians ont confirmé en signant une victoire convaincante (4:1) aux dépens du Mali, troisième du classement africain.

Les comparaisons fleurissent désormais entre la génération actuelle et sa devancière de 1994. Keshi, lui, se refuse à tout parallèle : "Il nous a fallu cinq ans pour bâtir l'équipe qui a remporté la CAN en 1994. Ce groupe n'a que cinq semaines. Je ne veux pas que les gens se fassent des idées. Nous avons besoin de grandir. Nous ne sommes pas invincibles, loin de là. Il y a encore des hauts et des bas", estime le sélectionneur. "Les joueurs ont travaillé très dur et je suis content de voir que leurs efforts portent leurs fruits. Je leur donne des conseils mais la décision leur appartient."

À l'instar de son entraîneur, le gardien Vincent Enyeama ne veut pas entendre parler du statut de favori. "En finale, il n'y a que de grandes équipes", indique-t-il. "Le Burkina Faso a réalisé un parcours extraordinaire. Nous ne voulons pas d'étiquette. Nous avons fait match nul avec les Burkinabés au premier tour (1:1). Ils sont toujours invaincus dans ce tournoi."

Pitroipa privé de dessert
Le sélectionneur burkinabé Paul Put ne semble pas non plus convaincu que le Nigeria bénéficiera d'un quelconque avantage à l'heure d'entrer sur la pelouse du stade FNB de Johannesburg. "Je sais que le Nigeria est une grande équipe mais nous aussi, nous avons du talent", annonce-t-il. "Nous n'avons pas besoin de nous cacher. Nous aurons certainement des occasions dans ce match. Une surprise est toujours possible. Notre heure est peut-être venue."  

La tâche du technicien belge s'annonce tout de même difficile. Il devra se passer des services de Jonathan Pitroipa, suspendu, excellent depuis le début du tournoi. "Pitroipa va nous manquer car il était un rouage essentiel de l'équipe", regrette Put. La situation est d'autant plus compliquée que l'attaque burkinabé est orpheline d'Alain Traoré, forfait après avoir marqué à deux reprises lors des deux premiers matches.  

Déçu, le Rennais Pitroipa sera tout de même le premier supporter des Etalons. "J'espérais quitter la compétition sur un exploit, en aidant mes coéquipiers à remporter la finale", confie-t-il. "Je regrette de ne pas pouvoir être sur le terrain mais je serai là pour les encourager. Nous avons un groupe de qualité. Nous allons rester concentrés et que nous nous battrons jusqu'au bout.   

L'enjeu est de taille : le vainqueur de la finale représentera l'Afrique lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA, qui aura lieu en juin au Brésil.