10 février 2008 : Les Pharaons restent sur leur trône
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L'Egypte fait partie des meilleures équipes africaines, et figure en tête du nombre de couronnes continentales avec sept Coupe d'Afrique des Nations de la CAF. Les Pharaons ont manqué les deux dernières éditions de la CAN, mais la suprématie qu'ils ont établie lors de trois éditions consécutives entre 2006 et 2010 demeure à jamais dans les livres d'histoire et les cœurs des Égyptiens.

Après le quatrième titre continental des Pharaons en 1998 au Burkina Faso, sous la houlette du regretté Mahmoud El Gohary, les supporters égyptiens ont dû attendre huit ans pour renouer avec la gloire. Les hommes d'Hassan Shehata ont su profiter de l'organisation sur leur sol de l'édition de 2006 pour conquérir à nouveau le trône africain. Le milieu de terrain Mohamed Aboutrika avait achevé le travail avec son tir au but victorieux face à la Côte d'Ivoire.

On dit parfois qu'il est plus facile de rester au sommet que d'y arriver. Les Pharaons l'ont démontré en 2008, déjouant les pronostics défavorables. Au Ghana, l'Egypte a réalisé un parcours exceptionnel. Après une victoire contre le Cameroun (4:2), favori de la compétition, elle a dominé le Soudan (3:0) et a fini première de son groupe suite à un nul face à la Zambie (1:1). En quart de finale, elle a disposé de l'Angola (2:1), avant de donner une leçon à un autre favori, la Côte d'Ivoire (4:1).

Aboutrika, héros de tout un peuple
Les Pharaons se sont ainsi ouvert la voie vers une nouvelle finale, face au Cameroun, le 10 février 2008. Cette affiche a rappelé à des millions de téléspectateurs celle d'Égypte 1986, où les locaux avaient triomphé aux tirs au but (5:4) après un score vierge à la fin de la prolongation.

Les tenants du titre étaient en confiance face au Cameroun après leur victoire (4:2) en match d'ouverture. De leur côté, les Lions Indomptables voulaient prendre leur revanche et renouer avec leurs succès de 2000 et 2002. Sur le terrain, la tension était palpable et il a fallu attendre la 77ème minute pour entrevoir un dénouement.

À cet instant, le défenseur camerounais Rigobert Song est pressé par l'attaquant Mohamed Zidan, qui réussit à lui prendre la balle. Mohamed Aboutrika a senti le coup : il fait un appel au bon moment. Après avoir réceptionné la passe de Zidan, il parvient à glisser le ballon dans les filets d'Idriss Kameni, signant le but de la victoire et devenant à nouveau le héros d'un peuple en liesse. 

Ce jour-là, le bonheur fut total pour l'Égypte puisque le milieu de terrain Hosny Abd Rabo a été désigné meilleur joueur de la compétition et Essam El Hadary meilleur gardien. Aboutrika, Abd Rabo et Amr Zaky ont terminé deuxièmes au classement des buteurs avec l'Ivoirien Abdelkader Keita, derrière le Camerounais Samuel Eto'o, en tête avec cinq réalisations. L'équipe-type de la compétition ne comportait pas moins de cinq Égyptiens, soit Essam El Hadary, Wael Gomaa, Hosny Abd Rabo, Mohamed Aboutrika et Amr Zaky. 

Deux ans après ce beau succès cette fois en l'absence d'Aboutrika, les Pharaons ont remporté en Angola une troisième CAN de suite, exploit inégalé depuis la création de la compétition en 1957.