Les Super Eagles planent sur l'Afrique
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Comme à son habitude, la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF a offert son lot de matches spectaculaires et de résultats surprenants. À l'issue des débats, le Nigeria a remporté sa troisième couronne continentale et gagné le droit de disputer la Coupe des Confédérations de la FIFA, en juin au Brésil. Le règne de la Zambie n'aura duré qu'un an. En effet, la compétition africaine aura désormais lieu les années impaires.

Absents de la phase finale en 2012, les Super Eagles ont pris leur revanche en décrochant le titre. De son côté, le Burkina Faso a atteint la finale de l'épreuve, après avoir quitté la compétition sur trois défaites en 2012.

Le champion
Une fois n'est pas coutume, le Nigeria est arrivé en Afrique du Sud dans une relative discrétion. Les Super Eagles ont mis un certain temps à trouver leurs marques mais une fois lancés, ils n'ont jamais semblé souffrir de la pression. Stephen Keshi a mis en place une équipe sérieuse, équilibrée et motivée. Après deux nuls contre le Burkina Faso et la Zambie, les Super Eagles ont enchaîné quatre victoires consécutives. Ils ont notamment dominé la Côte d'Ivoire et le Mali, respectivement première et troisième du classement africain. Finaliste malheureux à quatre reprises, le Nigeria n'avait plus atteint ce stade de la compétition depuis son échec face au Cameroun en 2000. Cette fois, le pays le plus peuplé d'Afrique a pris le meilleur sur les Étalons burkinabés grâce à un but de Sunday Mba. Ivres de bonheur, les Verts ont entamé un tour d'honneur au coup de sifflet final.

Les favoris
Tenante du titre, la Zambie a été éliminée dès la phase de groupes. Les Chipolopolo ont hérité d'un groupe où figuraient les deux futurs finalistes. Il n'en reste pas moins qu'un champion d'Afrique n'avait pas connu pareil affront depuis la sortie de route prématurée de l'Algérie en 1992.

La Côte d'Ivoire, finaliste l'an dernier, espérait remporter un deuxième titre continental. Malheureusement pour eux, les Éléphants n'ont pas su trouver la parade, face à une équipe nigériane très remontée. Les Ivoiriens nourriront sans doute quelques regrets à l'issue de leur parcours, d'autant que cette édition sud-africaine pourrait marquer les adieux de Didier Drogba à la sélection.

Le Ghana a sauvé les apparences en atteignant les demi-finales pour la quatrième fois de suite, sans pour autant briller. Les Black Stars ont signé un succès heureux (2:0) face au Cap-Vert en quart de finale, avant de subir la loi du Burkina Faso dans le dernier carré. Comme l'an passé, les Ghanéens se sont inclinés face au Mali dans le match pour la troisième place.   

Les surprises
Personne n'attendait le Burkina Faso en finale. Toutefois, les Étalons sont loin d'être des inconnus sur la scène continentale. Ils ont en effet participé à huit des dix dernières éditions de la CAN. Jusqu'à présent, ils n'avaient franchi qu'une seule fois la phase de groupes. En 1998, devant son public, le Burkina Faso s'était hissé jusqu'en demi-finale. Sous l'impulsion de leur sélectionneur Paul Put, les Burkinabés ont associé avec brio abnégation et panache.

Dans un autre registre, les sélections nord-africaines ont beaucoup déçu. Pour la première fois depuis 1992, aucune n'a franchi le premier tour. La Tunisie, l'Algérie et le Maroc ont fait leurs valises à l'issue de la phase de groupes. À l'inverse, l'Afrique de l'ouest apparaît comme la grande gagnante de ce tournoi. Pour sa première participation, le Cap-Vert a atteint les quarts de finale, en compagnie du Togo. En outre, les quatre demi-finalistes étaient issus de cette région.   

Les stars
Auteur de quatre buts, le Nigérian Emmanuel Emenike a remporté le Soulier d'Or. Le milieu de terrain Sunday Mba s'est lui aussi distingué en inscrivant deux buts aussi magnifiques que décisifs contre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso en finale. Derrière, le gardien Vincent Enyeama a fait preuve d'efficacité. En défense, une nouvelle génération talentueuse a pris le pouvoir, au point de reléguer le capitaine Joseph Yobo au second plan. John Obi Mikel et Victor Moses ont cependant été très en vue. Les joueurs de Chelsea ont brillé par leur dynamisme, leur solidité et leur impact physique.

Côté burkinabé, Jonathan Pitroipa a semé la panique dans les défenses adverses. L'ailier rennais a été désigné meilleur joueur du tournoi. L'attaquant Alain Traoré a inscrit trois buts en deux matches, avant de quitter ses partenaires sur blessure. Appelé à remplacer le Lorientais, Aristide Bancé n'a pas failli. Le Ghanéen de 22 ans Mubarak Wakaso termine la compétition avec quatre réalisations à son actif, dont trois penalties. Le Tunisien Youssef Msakni a, quant à lui, marqué le plus beau but du tournoi sur une somptueuse frappe à l'entrée de la surface de réparation contre l'Algérie. Seydou Keita a livré l'une de ses meilleures performances pour sa sixième participation au grand rendez-vous continental. L'ancien Barcelonais a dirigé la manœuvre avec talent dans l'entrejeu malien.

Le saviez-vous ?
Le Burkina Faso, qui n'avait pris que quatre points lors de ses cinq dernières participations à la CAN, est l'équipe la plus mal classée (92ème) à avoir atteint la finale de l'épreuve. Les Étalons avaient arraché leur billet pour l'Afrique du Sud en marquant contre la République centrafricaine après six minutes de temps additionnel.

La stat
2 -
Comme le nombre de personnes à avoir remporté la CAN en tant que joueur et en tant qu'entraîneur. Stephen Keshi, capitaine du Nigeria en 1994, a rejoint l'Égyptien Mahmoud El Gohary.

Entendu…
"Cette équipe n'a pas de limites" - Stephen Keshi, sélectionneur du Nigeria