L'heure de vérité pour la Seleçao
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A un an du Mondial au Brésil où la victoire sera "obligatoire", l'inexpérimentée Seleçao et son jeune prodige Neymar vont profiter de la Coupe des Confédérations pour se frotter au plus haut niveau et, si possible, remporter le titre pour la quatrième fois.

Rappelé en décembre à la tête d'une sélection qualifiée d'office pour le Mondial mais à court de compétition et en pleine crise existentielle, Luiz Felipe Scolari, fin tacticien et meneur d'hommes, a misé sur la jeunesse, écartant les trentenaires Kaka ou Ronaldinho. Pour les jeunes talents de la Seleçao, comme Neymar, tout juste transféré à Barcelone, ou le milieu créatif de Chelsea Oscar (21 ans), la Coupe des Confédérations est une occasion unique d'engranger expérience et confiance en vue du Mondial.

Car c'est ce qui fait le plus défaut à cette sélection qui affiche une moyenne d'âge de 26 ans et six mois. En 2010, l'équipe retenue par Dunga pour le Mondial en Afrique du Sud était bien plus expérimentée. Seuls quatre des sélectionnés par Scolari ont déjà disputé un Mondial: Fred, Julio Cesar, Thiago Silva et Dani Alves.

"Pleins de bonne volonté"
En outre, 11 des 23 sélectionnés évoluent dans des clubs brésiliens. Moins affecté par la crise que le Vieux Continent, le géant sud-américain parvient à retenir plus longtemps ses jeunes talents que dans le passé. Ce fut longtemps le cas de Neymar, qui au moment de l'annonce de "Felipao", le 14 mai, appartenait encore à Santos avant son transfert au Barça et de Fernando, vendu quelques jours plus tard par Gremio aux Ukrainiens du Shakhtar Donetsk. "La jeunesse a de bons côté. Ils sont pleins de bonne volonté. Par contre, il y a certaines choses que seule l'expérience peut apporter", résume Scolari, qui avait fait remporter au Brésil de Ronaldo son cinquième titre mondial en 2002.

Cette expérience passe par la Coupe des Confédérations, où après une mise en jambe contre le Japon en match d'ouverture samedi à Brasilia, les Auriverde rentreront dans le dur avec le Mexique (19 juin) et surtout l'Italie le 22 juin. S'ils veulent l'emporter, ils trouveront ensuite sûrement sur leur chemin l'invincible armada espagnole, championne du monde et d'Europe en titre.

Les Brésiliens sont encore loin du top niveau Mondial. Mais Scolari a tiré de précieux enseignements des matches amicaux de préparation contre l'Angleterre (2-2) et dimanche contre la France (3-0). Les Brésiliens ont soigné leur moral au bon moment contre les Bleus en remportant leur première victoire de prestige depuis 2009 (1-0 contre l'Angleterre en amical).

Cette victoire tombe aussi à pic pour le sélectionneur, qui réclame du temps et de la patience depuis qu'il a repris les rênes de la Seleçao. Or son travail tardait à porter ses fruits puisque son équipe restait sur un bien maigre bilan: une défaite, quatre nuls et une victoire. "J'ai aligné l'équipe qui va débuter contre le Japon en Coupe des Confédérations. Je suis très satisfait de la prestation de mes joueurs", a-t-il commenté dimanche.

Quête d'équilibre
Scolari a trouvé quelques réponses à son dilemme principal: parvenir à plus de solidité défensive sans brider le naturel offensif des Auriverde. Devant, l'attaque a belle allure avec le très adroit Fred en pointe, soutenu par des milieux offensifs qui se trouvent bien: l'artiste Neymar, le bulldozer Hulk (ou Lucas) et Oscar à la création. Neymar brille moins en sélection qu'en club mais il peut faire la décision sur un seul geste, comme il l'a montré dimanche avec sa remise impeccable en retrait sur Oscar, qui a ouvert la marque contre la France.

Derrière, le capitaine Thiago Silva, considéré comme l'un des meilleurs défenseurs du monde, tient la défense centrale en patron. Mais les deux latéraux Dani Alves et Marcelo sont aspirés par le but adverse. Ils créent régulièrement du surnombre en attaque mais obligent Scolari à compter sur deux solides milieux défensifs pour assurer les arrières: a priori Luiz Gustavo et Paulinho.