Six longues années se sont écoulées depuis le Mondial-2002 dont il ne reste plus que six rescapés au sein de la sélection sénégalaise, mais les Lions de la Teranga restent des candidats naturels à la victoire finale lors de la CAN-2008 à moins que les frasques de Diouf n'aient raison de leur collectif.
Depuis ce millésime exceptionnel pour le football local (finaliste de la CAN, quart-de-finaliste de la Coupe du monde), le Sénégal s'est tranquillement affirmé comme l'une des nations qui comptent sur le continent africain.
Le style a évolué et la décontraction des années Metsu, sélectionneur de 2000 à 2002, a cédé la place à la rigueur incarnée tour à tour par Guy Stéphan (2003-2005) et son successeur, le Polonais Henri Kasperczak, en poste depuis 2006 après un intérim assuré par deux techniciens locaux.
Mais les résultats demeurent largement à la hauteur (quart de finale lors de la CAN-2004, demi-finale en 2006) faisant des Lions des adversaires de poids dans un groupe D très homogène comprenant également la Tunisie, l'Afrique du Sud et l'Angola.
Le vivier sénégalais parait, en effet, inépuisable et aux Diouf, Henri Camara, Beye, Diatta ou Sylva, héros de 2002, se sont ajoutés de nouvelles figures comme le défenseur Souleymane Diawara, le milieu Diomansy Kamara et surtout Mamadou Niang, meilleur buteur de Marseille (10 réalisations en Ligue 1) et en pleine forme depuis le début de la saison.
Le cas Diouf
Signe de la richesse du réservoir du pays, 22 des
23 joueurs convoqués pour la CAN évoluent en Europe, la seule
exception étant le deuxième gardien, Bouna Coundoul, pensionnaire
des Colorado Rapids aux Etats-Unis.
Reste à connaître l'état de forme de la vedette sénégalaise, El Hadji Diouf. L'attaquant de Bolton, qui fait régulièrement la une de la presse locale en raison de ses virées nocturnes, a fait sensation en octobre en annonçant à la surprise générale, avec en toile de fond des problèmes liés à l'organisation de la sélection, sa retraite internationale avant de se rétracter deux semaines plus tard.
Celui qui est considéré comme "le plus grand joueur sénégalais de tous les temps" fait désormais plus parler de lui pour ses prestations dans le boîtes de nuit que pour ses performances balle au pied. Ce qui risque forcément de poser la question de sa compétitivité lors du tournoi continental au Ghana.
L'autre écueil, qui a gêné d'autres campagnes des Lions et pointé du doigt par Diouf, a trait aux problèmes d'intendance. Et la situation ne semble pas s'être arrangée, selon le défenseur Lamine Diatta.
"Comme souvent en Afrique, il y a eu des problèmes d'organisation en interne, a déclaré le capitaine début janvier. Les histoires de primes et aussi les matches amicaux. El-Hadji Diouf avait menacé de ne plus venir en sélection si les dirigeants continuaient à ne pas profiter des dates Fifa pour organiser des matches amicaux face à des adversaires de valeur. Il a eu raison de s'exprimer."


