L'Espagne, nouveau champion d'Europe, met fin à 44 ans de disette au terme d'un UEFA EURO 2008 marqué par un retour à l'esprit offensif avec 77 buts inscrits en 31 matches, soit une moyenne d'environ 2,50 buts par match.

Ces statistiques réjouissent les passionnés du ballon rond. Le Président de l'UEFA, Michel Platini, constate que "la grande chance de cet Euro, et la grande idée que les entraîneurs peuvent se mettre en tête, est que les équipes qui jouent un football offensif gagnent" à l'inverse de celles produisant le catenaccio.


Les bonnes surprises

La consécration de l'Espagne met en avant le travail de qualité réalisé par les centres de formation ibériques. Ce groupe, formé essentiellement de jeunes joueurs, a gravi uni tous les échelons et ne cache pas son ambition naissante pour la prochaine Coupe du Monde de la FIFA. Marcos Senna, Cesc Fabregas et consorts composent un milieu de terrain très technique, peu athlétique mais très vif, pratiquant un football à une touche de balle qui leur a permis de terminer cet EURO 2008 invaincus. Par ailleurs, la Roja reste sur une série de 22 matches sans défaite et se qualifie pour la prochaine Coupe des Confédérations de la FIFA, Afrique du Sud 2009.

La Russie et la Turquie, éliminées en demi-finales, et la Croatie et les Pays-Bas, sortis en quarts de finale, ont rythmé une grande partie de la compétition en y apportant beaucoup de fraîcheur par le jeu pour certains, par l'envie pour d'autres. Un autre point révélateur de cette compétition concerne les joueurs appelés en sélection et évoluant dans leur propre championnat. Ainsi, les quatre demi-finalistes que sont la Russie, l'Allemagne, l'Espagne et la Turquie en comptent respectivement 22, 19, 18 et 17. La France, éliminée au premier tour, n'a fait appel qu'à 10 représentants de Ligue 1.

Par ailleurs l'équipe russe, montée en puissance avec l'entrée en jeu d'Andrei Arshavin, a réalisé le match le plus complet du tournoi en quart de finale contre les Pays-Bas. La prestation des hommes de Guus Hiddink, quelques semaines après la victoire du Zenith Saint-Petersbourg en Coupe de l'UEFA, a confirmé l'émergence d'une génération dorée en Russie.

La Turquie, de son côté, a fait preuve d'une étonnante résistance sous la férule de son "sorcier" Fatih Terim, ne baissant jamais les bras pour réaliser de spectaculaires renversements malgré blessés et suspendus. Avec 16 cartons jaunes et un rouge, les Turcs ont été les plus sanctionnés dans un EURO 2008 exemplaire sur le plan de la discipline. Pour sa part, la Croatie a réussi un premier tour sans faute avec trois victoires, dont une contre l'Allemagne (2:1), démontrant que sa qualification au dépend de l'Angleterre n'était pas un hasard.

Malgré sa défaite en finale, l'Allemagne était le seul demi-finaliste de la dernière Coupe du Monde de la FIFA présent dans le dernier carré, confirmant ainsi qu'elle restait une valeur sûre du football européen et mondial.


Les déceptions

Cet EURO 2008 a créé de grosses sensations notamment chez les équipes manifestant une frilosité sur le plan offensif. Ainsi, la Grèce, vainqueur surprise il y a quatre ans, est sortie par la petite porte avec trois défaites et un seul petit but inscrit. Vice-championne du monde, la France n'a fait guère mieux avec un nul et deux défaites, un but marqué et six encaissés malgré une pléthore de grands attaquants. L'ombre de Zinédine Zidane a plané et les jeunes n'ont pas réussi à prendre le pouvoir. Déception aussi pour les champions du monde, victimes de la loterie des tirs au but. L'Italie, orpheline de Paolo Maldini et d'Alessandro Nesta, attend l'émergence d'une nouvelle génération de défenseurs.

Déception aussi de la part de la République tchèque, qui a sans doute tourné une page de son histoire et de la Roumanie, qui aurait pu tirer son épingle du jeu dans un groupe difficile avec un peu plus d'audace.

Enfin, les deux pays organisateurs, la Suisse et l'Autriche, n'ont pas su exploiter l'avantage d'évoluer à domicile.


Top cinq des buts
Il s'agit d'un classement prenant en compte aussi bien la qualité du but que son importance dans le cadre d'une rencontre spécifique. Ce choix n'engage naturellement que la responsabilité de FIFA.com

1 - Grèce 0:2 Suède, le 10 juin à Salzbourg
67' : Après un une-deux avec Henrik Larsson, Zlatan Ibrahimovic ouvre la marque sur une frappe excentrée d'une rare pureté qui termine sa course dans la lucarne de Antonis Nikopolidis. Les Grecs ne s'en remettront jamais.

2 - Pays-Bas 3:0 Italie, le 9 juin à Berne
32' : Après avoir été servi sur le côté gauche, suite à une récupération de Rafael van der Vaart dans son propre camp, Giovanni van Bronckhorst renverse le jeu. Son centre au deuxième poteau trouve Dirk Kuyt qui, d'une tête, remet au premier poteau pour le pied droit de Wesley Sneijder. Gianluigi Buffon est battu, les champions du monde aussi.

3 - Russie 0:3 Espagne, demi-finale, le 26 juin à Vienne
73' : Un ballon piqué de Cesc Fabregas, dans le dos de la défense russe, trouve Daniel Guiza, le meilleur buteur de la Liga, qui double la mise pour l'Espagne en prenant Igor Akinfeev à contre pied de l'extérieur du droit.

4 - République tchèque 1:3 Portugal, le 11 juin à Genève
63' : Au terme d'un superbe mouvement collectif, mené par Joao Moutinho et Deco, Cristiano Ronaldo, annoncé comme la grande star de l'Euro 2008, donne l'avantage au Portugal d'une frappe sèche à l'entrée de la surface. Petr Cech ne peut rien faire.

5 - Croatie 1:1 Turquie, 1 t.a.b 3, quart de finale le 20 juin à Vienne
120'+1 : Pendant les arrêts de jeu des prolongations, Semih Senturk reprend d'une volée du gauche un très long dégagement de Rustu et place le ballon dans la lucarne de Stipe Pletikosa.


Les révélations

Le Russe Andrei Arshavin a envoûté l'EURO 2008 par sa classe en l'espace de deux rencontres avant de s'éteindre dans la demi-finale opposant la Russie à l'Espagne. L'attaquant Turc Semih Senturk, les Néerlandais Robin van Persie et Wesley Sneijder, le Croate Luka Modric, les Espagnols Daniel Guiza, Marcos Senna et Cesc Fabregas se sont également mis en évidence.

Les confirmations
D'autres joueurs étaient plus attendus et ont réussi à confirmer tout le bien que l'on pensait d'eux, sans doute l'un des exercices les plus difficiles dans le football. On pense à David Villa, excellent avec Valence et désormais également incontournable avec la Furia Roja, tout comme Fernando Torres, modèle de combativité. Mais encore Bastian Schweinsteiger, la très grande satisfaction du côté allemand, les gardiens Edwin van der Sar et Iker Casillas, impeccable tout au long du tournoi, Nihat Kahveci, le catalyeur turc, ou encore Philipp Lahm la mobylette allemande.

Joueur de la compétition Castrol de l'UEFA EURO 2008
Xavi Hernández

Meilleurs buteurs
1 - David Villa (Esp), 4 buts
2 - Lukas Podolski (All), Roman Pavlyuchenko (Rus), Semih Senturk (Tur), Hakan Yakin (Sui), 3 buts

Les nouveaux retraités
Ce tournoi a également constitué la dernière apparition de plusieurs joueurs sous le maillot de leur équipe nationale. Les principaux sont Antonis Nikopolidis et Paraskevas Antzas (Grèce), Lilian Thuram et Claude Makelele (France), Fredrik Ljungberg (Suède), Rüstü Recber (Turquie), Jan Koller et Tomas Galasek (République Tchèque), Pascal Zuberbühler (Suisse), Edwin van der Sar (Pays-Bas).

La déclaration
"J'ai pris une sélection, je laisse une équipe"
Luis Aragones, entraîneur de l'Espagne

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L'esprit offensif qui s'est manifesté pendant cet Euro 2008 a-t-il des chances de faire des émules dans les différents championnats ?