Grâce à une victoire tardive 2:1 sur la Colombie, la Turquie s’est adjugée la troisième place de la Coupe des Confédérations de la FIFA, France 2003. Sanli Tuncay a donné l’avantage aux Européens dès les premières minutes, les Cafeteros répliquant par le biais de Giovanni Hernández, auteur de l’un des plus beaux buts de la compétition. Le sort de cette rencontre emballante disputée à Geoffroy Guichard (Saint Etienne) a été scellé par le remplaçant Okan Yilmaz.

Les protégés de Francisco Maturana entament la rencontre avec un onze quasiment identique à celui qui avait affronté le Cameroun en demi-finales, la seule nouveauté se nommant Elson Becerra, lancé en lieu et place du milieu offensif Arnulfo Valentierra. De son côté, Senol Gunes a préféré faire tourner son effectif après la défaite face à la France. La formation turque débute avec une défense complètement remodelée, mais aligne toujours les deux feux follets de l’attaque, Tuncay Sanli et Gokdeniz Karadeniz.

Impressionnant depuis le début de la compétition, Sanli ne tarde pas à se mettre en valeur. A l’instar de Hakan Sukur, qui avait ouvert le score de la petite finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002 dès la 11ème seconde de jeu, le numéro 9 rouge n’attend même pas la deuxième minute de jeu pour faire trembler les filets colombiens. Sanli, qui pourrait bien incarner l’avenir de l’attaque ottomane, profite d’une médiocre relance de Oscar Córdoba doublée d’une hasardeuse tête en retrait de Jorge López pour s’emparer du cuir. En vrai buteur, il frappe fort et trompe la vigilance de Córdoba (0:1, 2’). C’est le troisième but de l’attaquant de Fenerbahce depuis le début de la compétition.

Cet ouverture du score précoce a le don de lancer la rencontre. Eperonnée par le désavantage, la Colombie se lance à l’assaut des cages turques et construit une belle action à la 8ème minute. C’est Víctor Aristizábal qui se trouve à la conclusion, mais sa frappe est bien bloquée par le gardien Omer Catkic. Quant aux Ottomans, ils jouent à fond les inévitables contres et manquent d’un rien de creuser le score.

De l’extérieur du droit, Tuncay sert admirablement Serkan Balci, qui s’en va affronter Córdoba. Sauf que le milieu de Genclerbirligi pousse trop son ballon et s’en voit dépossédé. Le cuir revient à Karadeniz, dont la classe n’est pas récompensée, son joli lob ne retombant pas dans les buts vides (18’). Celui-ci se reprend quelques minutes plus tard en adressant une bonne frappe à ras de terre depuis la limite des 18 mètres, mais il tombe sur la main ferme de Córdoba, qui dévie le ballon en corner.

Ballottés, les Sud-américains ne se découragent pas, mais ils éprouvent de grandes difficultés à percer la muraille expérimentale rouge. Giovanni Hernández s’essaie sur un tir sans contrôle (35’), imité deux fois de la tête par Mario Yepes en fin de mi-temps, mais rien n’y fait.

La pause fait du bien à la Colombie, qui attaque la deuxième période tambour battant. Elle rate de peu l’égalisation à la 49ème minute après une belle chevauchée du remplaçant Eudalio Arriaga sur la gauche, suivie d’un centre. Seul à la lisière des six mètres, Aristizábal place une frappe qui s’écrase contre le poteau.

Dominant le jeu de la tête et des épaules, les Cafeteros signent l’égalisation au terme d’une action d’excellente facture. A l’origine et à la conclusion du mouvement, qui voit quatre autres joueurs toucher le cuir, Hernández trompe habilement Omer Catkic, sorti à sa rencontre (1:1, 63’). Cette troisième réalisation depuis le début du tournoi lui permet de rejoindre Sanli, Henry, Pires et Nakamura au sommet du classement des buteurs.

Les hommes du Bosphore passent ensuite un mauvais quart d’heure, pendant lequel le portier leur sauve la baraque à deux reprises. Il arrête d’abord un bon tir des 25 mètres de Aristizábal (72’) puis met son corps en opposition pour contrer un petit ballon de Hernández dans la surface (78’).

Certes secouée par cette tempête tropicale, la formation de Gunes s’en sort indemne, voire renforcée. Alors que la rencontre semblait s’acheminer vers les prolongations – ce qui aurait constitué une première dans cette édition -, le remplaçant Okan Yilmaz douche tous les espoirs colombiens. Bien servi par l’omniprésent Sanli à vingt mètres des buts, il contrôle et place le cuir au ras du poteau de Córdoba, parfaitement impuissant sur ce coup (1:2, 86’).