La finale de la Coupe des Confédérations de la FIFA, France 2003 sera marquée de l’empreinte de Marc-Vivien Foé. Y compris au sens propre. Les Camerounais porteront sur leur maillot le nom de leur coéquipier décédé jeudi. Face à face, 22 joueurs meurtris. Tous l’ont côtoyé sur les terrains de France ou d’Angleterre ou en équipe nationale. Ils auront à cœur de lui offrir une belle finale, sans doute. Une chose est sûre, l’opposition de style promet beaucoup, entre la meilleure défense (Cameroun) et la meilleure attaque (France) du tournoi. Et fournira un résultat inédit : aucune équipe n’a remporté deux fois le trophée, tandis qu’aucune formation africaine ne s’est imposée.

Se remettre à jouer au football n’est pas simple. Il s’agit pourtant de la finale de la Coupe des Confédérations de la FIFA, France 2003. Lions Indomptables et Bleus, quel que soit le contexte, lutteront pour ce trophée.

Pour ce faire, les deux équipes possèdent des arguments diamétralement opposés. La France détient la meilleure attaque du tournoi, avec 11 buts au compteur et deux des six meilleurs buteurs (Thierry Henry et Robert Pirès, trois buts). Elle a surtout démontré qu’elle possédait pléthore d’attaquants diablement efficaces. Hormis Henry et Pirès, Sylvain Wiltord, Sidney Govou, Ludovic Giuly, Djibril Cissé et Olivier Kapo ont fait trembler les filets. Sans doute la plus grande satisfaction de Jacques Santini, l’entraîneur des Bleus.

Une défense intraitable
A l’inverse, les Camerounais n’ont marqué que trois buts en quatre matches. Un bilan peu enviable, compensé par leur performance défensive remarquable : les Lions Indomptables n’ont pas encaissé le moindre but depuis le début de l’épreuve. Une statistique qui souligne la solidité du quatuor défensif mis en place par Winnie Schaefer : Thimotée Atouba - Jean-Joël Perrier-Doumbé - Rigobert Song - Geremi. Soit un mélange parfait entre la jeunesse des deux premiers et l’expérience des deux derniers. De plus, les « doublures » comme Bill Tchato, Lucien Mettomo ou Pierre Njanka ont fait plus que bonne figure.

Quant aux motivations des deux équipes, elles sont multiples. Toutes les deux ont commencé l’épreuve avec une envie considérable de rattraper la campagne asiatique de 2002, catastrophique. "Les joueurs ont la possibilité de prendre une revanche lors de cet événement prestigieux", déclarait Winnie Schaefer avant la compétition. "Même si vous ne le sentez pas, la motivation est bien là", prévenait pour sa part Jacques Santini. Maintenant en finale, ni les uns ni les autres ne voudront laisser passer la chance qui leur est offerte de se réhabiliter aux yeux du monde.

Mais il s’agit aussi d’inscrire son nom dans l’histoire de la Coupe des Confédérations de la FIFA. La France, si elle l’emporte, serait la première équipe à remporter deux fois le trophée, qui plus est consécutivement. Les Camerounais seraient eux les premiers africains à gagner cette épreuve. Autant de raisons de penser que la volonté de l’emporter, malgré la tristesse évidente liée au deuil, prendra le dessus dimanche soir.