Dimanche 22 juin, la France s’est attribuée la tête du Groupe A grâce à une victoire facile sur la Nouvelle-Zélande, au Stade de France. Les buts d’Oliver Kapo, de Thierry Henry, de Djibril Cissé, de Ludovic Giuly et de Robert Pirès symbolisent le fossé qui sépare les deux sélections. Alors que les champions d’Océanie n’ont toujours pas marqué le moindre point dans la compétition, la France n’a plus qu’un souci en tête : l’identité de son futur adversaire en demi-finale, le 26 juin prochain.

Pour ce dernier match de groupe, Jacques Santini décide de rappeler ses rouages essentiels, à savoir Thierry Henry, Lilian Thuram, Sylvain Wiltord, Marcel Desailly et Bixente Lizarazu. Autre changement notable : l’intégration de Mickaël Landreau, troisième gardien utilisé par l’ancien entraîneur lyonnais en autant de rencontres. Pour sa part, le coach néo-zélandais Mick Waitt lance Chris Bouckenooghe en lieu et place de Chris Killen, suspendu. Cette retouche mise à part, la formation ressemble comme deux gouttes d’eau à celle qui a bataillé une heure et demie durant contre la Colombie.

En cette douce soirée dominicale, les Bleus n’ont pas besoin de préchauffe pour mettre en branle leur belle mécanique. Le parfum de l’exploit réalisé en 1998, dernier match des Tricolores dans le cadre d’une compétition estampillée FIFA, semble encore embaumer le SDF. Du coup, les Néo-zélandais n’ont presque pas l’occasion de tâter le Fevernova durant les 20 premières minutes. Seul joueur à n’être pas encore entré en jeu dans la compétition, Ludovic Giuly se montre particulièrement dangereux sur son flanc droit. Apportant le peps qui avait manqué aux champions d’Europe contre le Japon, le capitaine monégasque sème la zizanie dans l’arrière-garde océanienne.

On ne joue que depuis cinq minutes quand Henry, véritable coqueluche du public en ce mois de juin, est à deux doigts d’inscrire un but des plus culottés. Jouant au funambule dans la surface de réparation, le Gunner scotche le capitaine néo-zélandais Chris Zoricich grâce à un petit pont d’école avant de tenter sa chance. Heureusement pour les All Whites, la main du gardien Mike Utting est suffisamment ferme pour écarter le danger.

Cette gourmandise technique a le don d’ouvrir l’appétit du public de Saint-Denis, qui ne tarde pas à se régaler d’un délicieux mouvement à une touche de balle. D’une délicate talonnade, Oliver Kapo lance Giuly le long de la craie avant de recevoir une offrande de ce dernier à la limite de la surface de réparation. L’Auxerrois prend un défenseur à revers puis ajuste une frappe puissante que Utting, trop court, ne peut empêcher de malmener les filets.La France est lancée et les All Whites, tout de noir vêtus (un signe ?), semblent promis à une soirée difficile (1-0, 17’).

Trois minutes plus tard, les locaux doublent la mise. Giuly élimine son vis-à-vis dans son couloir droit avant d’envoyer un diabolique centre lobé au deuxième poteau. Comme par hasard, Thierry Henry se trouve au bon endroit et saute largement plus haut que tout le monde. D’une tête piquée, il bat Utting, qui plonge en pure perte (2-0, 20’).

Dès lors, les Français récitent leurs gammes, profitant de ce match sans enjeu face à des Kiwis bien tendres. Au terme d’un mouvement qui voit six joueurs toucher le cuir, Djibril Cissé met le pied là où il aurait fallu mettre la tête et manque l’immanquable. Dans les six mètres, il envoie son plat du pied directement sur la transversale (22’).

La pause semble porter conseil aux hommes des antipodes, qui reviennent sur le rectangle vert animés de meilleures intentions. Preuve en est la superbe occasion vendangée par Vaughan Coveny. Bien servi en profondeur, il perd son duel face à Landreau (49’).

La France réduit clairement son régime, mais Giuly, intenable piston, en a encore sous le pied.Le virevoltant ailier de la Principauté s’arrache face à deux défenseurs avant de servir Benoît Pedretti, dont le tir puissant flirte avec le cadre (58’). Cette action « 100 % L1 » semble donner des idées au reste de la troupe. Tout d’abord, Cissé, suite à un tonitruant slalom, permet au portier visiteur de briller (65’). Puis Thierry Henry fait sa spéciale sur le côté gauche avant de centrer en retrait pour le numéro 9 de l’AJA, qui n’a plus qu’à frapper dans les cages vides (3-0, 70’).

Dans le temps additionnel, les tenants du titre offrent le bouquet final à leur public. C’est ainsi que Giuly clôture sa magistrale prestation d’une jolie volée suite à une talonnade aveugle de Philippe Mexès (4-0, 91’). Enfin, Robert Pirès, entré en cours de partie, délivre une frappe à ras de terre qui vient clore le calvaire néo-zélandais (5-0, 93).