PARIS, 25 juin (AFP) - L'équipe de France de football, après un premier tour sans grosse frayeur où elle a pu tester différentes configurations, entre dans le vif du sujet à l'occasion de la demi-finale de Coupe des Confédérations contre la Turquie, jeudi (21h00) au Stade de France à Saint-Denis.

En reconquête un an après le fiasco du Mondial-2002, les Bleus, tenants du titre, vont disputer leur premier match couperet en compétition officielle depuis leur piteuse élimination contre les Danois (2-0). A cette occasion, Jacques Santini devrait revenir aux fondamentaux et confirmer l'équipe-type qui se dégage depuis août dernier malgré les absences (Zidane, Makelele, Vieira et Trezeguet).

D'autant que l'adversaire des Bleus, la Turquie, même s'il n'a pas le clinquant d'un Brésil cinq fois champion du monde, a changé de dimension depuis cette même Coupe du monde asiatique. Les hommes de Senol Gunes, en tête de leur groupe de qualifications pour l'Euro-2004 devant l'Angleterre, ont depuis confirmé. Ce n'est donc pas une réelle surprise de retrouver aujourd'hui cette sélection solide, technique, et au caractère affirmé dans le dernier carré de l'épreuve.

Classicisme
Si seulement huit Turcs figurent parmi les demi-finalistes du Mondial-2002, la plupart des défenseurs sont là (Rustu, Fatih, Alpay, Bulent, Ergun) et les nouveaux venus (Gokdeniz, Volkan, Tuncay, Okan Yilmaz) ont affiché de jolies qualités techniques.

"Que ce soit le Brésil ou la Turquie, cela ne change rien, estime ainsi Thierry Henry. Les Turcs savent bien manier le ballon, ils sont solides derrière." Robert Pires confirme: "La Turquie est vraiment une bonne équipe. Ils ont mis la barre très haut en disant qu'ils allaient gagner l'Euro."

Les deux "Gunners" devraient débuter jeudi soir contre la Turquie, et ainsi fêter leur 50ème et 60ème sélections respectives, dans une formation française qui va marquer le retour au classicisme après le "turn-over" instauré lors des matches du premier tour contre la Colombie (1-0), le Japon (2-1) et la Nouvelle-Zélande (5-0).

Cette tournante a permis de préserver la fraîcheur des troupes alors que la compétition entre dans sa phase décisive. Mais Jacques Santini a affirmé mardi qu'il allait désormais choisir ses hommes selon des critères "technico-tactiques", et non plus en fonction de "la simple fraîcheur physique".

Turquie usée William Gallas, qui n'a joué que 90 minutes (contre le Japon, 2-1) et a tenu son rang avec succès lors des qualifications de l'Euro-2004, devrait ainsi débuter au sein d'une défense championne du monde (Barthez, Thuram, Desailly, Lizarazu).

Au milieu de terrain, Olivier Dacourt, convaincant contre la Colombie et le Japon, et Benoît Pedretti, qui a pris part aux trois matches du 1er tour, devraient de nouveau être associés à la récupération, l'animation du jeu être confiée à Sylvain Wiltord, à droite, et Robert Pires, à gauche. En attaque, le ticket Henry-Cissé pourrait à nouveau être testé, même si Sidney Govou, auteur du but décisif contre les Japonais, n'a pas démérité.

Comme Pires, les Bleus en sont en tout cas convaincus: ils vont disputer contre les Turcs un nouveau test, à l'image de celui disputé contre la République tchèque (0-2) en février.

Senol Gunes, pour sa part, assure que la Turquie est un brin usée par ses voyages à répétition (Saint-Etienne, Paris, Saint-Etienne) avant de retrouver le Stade de France jeudi. A l'entendre, la Turquie souhaite donc gagner, bien sûr, mais d'abord pour s'éviter un nouveau retour à Saint-Etienne, où aura lieu samedi la "petite finale".