Ils sont venus à cette Coupe des Confédérations de la FIFA, France 2003 avec une confiance en berne. Après un premier tour convaincant, les Camerounais ont complètement changé d’état d’esprit. C’est avec un moral d’acier qu’ils vont affronter la Colombie en demi-finale jeudi au stade Gerland de Lyon. Avec toujours en tête l’envie de se racheter de leur piètre performance en Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002.

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Avant d’arriver en France, le Cameroun présentait un bilan annuel peu glorieux : trois défaites, deux victoires, un nul. Et les succès eurent lieu face au Koweït (6-2) et Madagascar (2-0), des formations valeureuses mais d’un rang nettement inférieur aux champions d’Afrique. A la fin du premier tour de la Coupe des Confédérations de la FIFA, les Lions Indomptables ont retourné la tendance, grâce à deux victoires (1 :0, contre le Brésil puis la Turquie) et un nul (0 :0 contre les Etats-Unis). De quoi redonner confiance à tout le groupe. "Nous avons vécu beaucoup d’échecs par le passé, c’est un grand retour sur la scène mondiale pour nous. Nous avons eu tellement de malheur que maintenant nous sommes tout simplement content de notre performance", explique Achille Emana.

"La victoire nous mène"
A l’évidence, tous les joueurs veulent prouver que l’échec asiatique n’était qu’un accident. "Rien n’a vraiment changé depuis la Coupe du Monde. Simplement, nous n’avions pas la chance avec nous au Japon", affirme Samuel Etoo. Un sentiment partagé par Marc-Vivien Foé, qui veut regarder devant-lui : "En ce moment nous sommes dans un temps fort, à nous d’en profiter. Ce que je sais, c’est que nous sommes tous fin prêt. C’est la victoire qui nous mène."

La grande satisfaction du groupe est d’être la seule formation à n’avoir pas encaissé le moindre but. Une rigueur défensive qui n’est pas nouvelle puisque les Camerounais n’avait pas pris de but lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2002 qu’ils avaient remporté… "C’est très important de savoir défendre. Et si nous parvenons à concrétiser nos occasions de but, nous serons alors proches de l’équilibre idéal", estime Foé.

out le problème des Camerounais réside devant. Les Lions Indomptables possèdent la moins bonne attaque des quatre demi-finalistes (deux buts). Contre les Etats-Unis, Joseph-Désiré Job a su se procurer des occasions. Mais le tableau d’affichage n’a pas bougé. Or, Samuel Etoo, l’attaquant titulaire, ne participera pas à la rencontre contre la Colombie, pour cause de finale de Copa del Rey avec le Real Majorque. Winnie Schaefer devra donc trouver une solution alternative, ou Job débloquer son compteur.

Mental infaillible
Une faiblesse qui pourrait être compensée par le mental infaillible des Africains. Les hommes de Schaefer ne veulent pas échouer aux portes du succès. "Désormais, nous avons plus d’ambition. Nous avions très envie de nous racheter après l’échec en Asie. Nous l’avons fait, mais il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin", pense Joël Epalle. Reste que les Lions Indomptables se méfient des Cafeteros. "Les Colombiens ne sont pas faciles à manœuvrer, c’est certain. Mais maintenant que nous sommes arrivés là, il faut aller jusqu’au bout. Et surtout, nous devons récupérer pour être à 100%", souligne le capitaine Rigobert Song. "Ce sera difficile contre la Colombie, c’est une bonne équipe. Mais rien n’est impossible", renchérit Etoo.

a concentration est donc toujours de rigueur, car les Camerounais sentent bien qu’ils ont là une occasion unique de rachat, si tant est qu’ils remportent la compétition. "Nous ne prenons aucun match à la légère", affirme Epalle. "Nous voulons d’abord battre la Colombie et voir venir. Le plus important pour nous, c’est de nous amuser", ajoute Etoo. Rigueur et plaisir, la recette du succès camerounais ?