"Une affiche Cameroun-Colombie, ça m’évoque tout de suite 1990, avec les deux buts de Roger Milla". Comme les d’autres joueurs de l’actuelle sélection africaine, Geremi se souvient du 23 juin 1990 et du coup de maître de Milla : à Naples, dans la prolongation, le vieux Lion frappait deux fois en trois minutes. Le Cameroun devenait la première équipe africaine qualifiée pour des quarts de finale de Coupe du Monde de la FIFA. Milla en devenait également, à 42 ans, le plus vieux buteur. Il revient pour FIFA.com sur le tour joué en Italie au fantasque René Higuita et commente la performance des Camerounais dans cette Coupe des Confédérations de la FIFA, France 2003.

Racontez un peu ce fameux deuxième but marqué aux Colombiens, pendant la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990…
Roger Milla : J’ai été vigilant et très réaliste. Je me suis placé entre Higuita et son dernier défenseur en espérant profiter d’une mauvaise passe. C’est ce qui s’est passé. Je n’avais pas prévu cela à l’avance. Mais j’avais joué avec Carlos Valderrama à Montpellier et nous avions évoqué le jeu de René. J’avais regardé quelques cassettes des Colombiens. Je me suis dit alors que si je les rencontrais, je pourrais lui faire mal. Je savais qu’il aimait jouer en dehors de sa surface.

Avez-vous revu Higuita depuis ?
A plusieurs reprises, à des galas notamment. Je me souviens qu’il se faisait régulièrement chambrer : « René, tu connais Roger Milla ? ». Nous avons toujours entretenu d’excellentes relations.

Ce match a-t-il constitué le meilleur moment de votre carrière ?
Assurément l’un des meilleurs, oui. Entrer en deuxième période et marquer deux buts pour donner la victoire aux Lions Indomptables, c’est quelque chose !

Le Cameroun retrouve la Colombie en demi-finale. Quel est votre pronostic ?
Ce sera très difficile, comme ce le fut contre la Turquie. Je félicite d’ailleurs l’équipe colombienne, qui est très performante. C’est une belle formation. Mon conseil est de jouer le plus simplement possible, en première intention. Il faudra concrétiser la moindre occasion qui se présentera à nous.

Que pensez-vous de la performance du Cameroun dans cette Coupe des Confédérations de la FIFA, France 2003 ?
Le Cameroun n’était pas attendu du tout, personne ne pariait sur nous, on ne nous donnait pas 10% de chances de passer le premier tour. Battre le Brésil, la Turquie, et finir premier du groupe, personne n’y croyait… Je crois que cela a joué sur l’état d’esprit des joueurs. Surtout, leur motivation est immense, car ils veulent se rattraper de deux échecs consécutifs : la Coupe des Confédérations 2001 et la Coupe du Monde 2002. Ils veulent effacer ces revers, c’est pour cela qu’ils mettent les bouchées doubles.

Qu’est-ce qui a changé depuis la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, où les Lions Indomptables ont été éliminés au premier tour ?
Je crois que le rajeunissement de l’équipe a fait du bien à tout le monde. Ce sont de jeunes joueurs très en forme dans leur championnat qui ont été sélectionnés. Cela a montré aussi aux anciens que leur place chez les Lions Indomptables n’était pas un dû. On a laissé leur chance aux jeunes, ils ont faim et maintenant ils ont un pied dans l’équipe. Tous les joueurs sont importants, personne ne sort du lot. Ce sont des grands professionnels, ils doivent tous saisir leur chance.