Du Bénin, d'Iran et de France, trois poèmes sont venus saluer la disparition de Marc-Vivien Foé. Une autre forme littéraire pour exprimer le même désarroi.

La voûte du ciel
La voûte du ciel
Ce jour, s’est crevée
Malgré son exubérante verdure
La végétation raidit

La nature moins clémente lâcha son fils.
Le gazouillis des hirondelles cessa
Et l’horizon reprit son linceul autrefois égaré.
Tandis qu’à Gerland,
Le « Roi Lion » indomptable qu’il aura été tomba.

Les chansons se sont tues
Les tambours cessèrent de résonner,
L’Afrique orpheline essuyait ses larmes.
Aux danses les plus endiablées succédèrent :
tristesse-désolation et pleurs.

Le Lion rentra définitivement ses griffes et sa belle crinière révulsée.
Le voilà désormais, haleine impossible gisant inerte sur son grabataire.
Unis comme un seul peuple, nos prières, nos jérémiades n’ont effleuré les sourdes oreilles de l’Eternel qui sommeillait fatigué de nos doléances.
Alors, le Roi Marco s’endormit.

Sois fier de t’être sacrifié pour le bien-être du football africain, en l’occurrence camerounais !
Tes enfants, ta femme, tes fans, ton peuple et toute l’Afrique te pleurent
Gloire immortelle à toi, héros du 26 juin.
En bon Roi, tu as su conserver ta couronne jusqu’à cet instant fatal.

Courage !
Courage chers Lions !
Courage dans toute votre lutte !
Courage, la victoire est à vous.

Adieu beaux gestes.
Adieu belles techniques.
Adieux meilleurs dribbles.
Adieux fabuleux buts.

A toi Marc-Vivien Foé, vaillant Lion refroidi arme en main et aux « Lions indomptables »
Franck Euloge K. Dossou-Yovo
Bénin.

A Foé
Tout le monde doit mourir
sans attendre de retour
ni de compensations
d'aucune sorte
sur le terrain
sur cette terre

La mort t'attend pour t'abattre
t'enterrer
est-ce un terrain de jeu
ou un champ de bataille ?
tu regardes de près ton adversaire
mais hélas,
tu ne vois pas le vrai
la mort, le divin.

Quelle joie, quel meilleur destin
Que de naître de cette terre
pour y être enterré à jamais
dans ce vert gazon sacré
une nouvelle fois
pour toujours

Marc-Vivien Foé pouvait mourir
tout seul et en silence
comme tant d'autres
partis avant lui
abondent fleurs et cortèges
versant quelques larmes
en l'accompagnant
dans sa froide tombe
sous terre

C'est ainsi
cela aurait pu être...
mais à la place
il est parti
où il peut tenter le geste
la verte pelouse
d'où venait son nom

N'est-ce pas la meilleure façon de mouriraprès tout
le meilleur endroit
le meilleur moment
bien avant que le jeu s'achève
le jeu de ta vie est bel et bien fini ?

N'est-ce pas la meilleure façon de mouriren pleine santé
en pleine lutte
fier et debout ?

et plus rien n'importe
pour tous ceux qui regardent
où tu es né
d'où tu venais
France ou Cameroun
Italie ou Iran...
c'est ton âme
malgré ta mort
qui fait avancer le football
et le football portera ton nom
à tout jamais

Que j'aimerais
Être celui
qui frappe dans un ballon et qui vit
Que j'aimerais
être celui
qui est disparu
sans bruits et si fier
dans la terre
Et où aurais-je pu trouver
de tombe plus verte
qu'un terrain de football ?

Je taillerai moi-même
ta pierre tombale
Dans les terrains verts à jamais
d'Europe il vit un homme
un lion d'Afrique
mort soudainement
en luttant et en jouant
comme un héros de l'ancien temps

Marc-Vivien vivait pour le football
dont il ne connaissait pas de frontières
il est mort pour son espoir
est allé trop loin
a même laissé tomber
sa propre vie
Shahram Vaziri
Iran

Marc-Vivien Foé
Un jeudi après-midi, plus précisément le 26 juin 2003, alors que Dieu se baladait dans son jardin fleuri, il cueillit une superbe rose florissante.
C'était Marc-Vivien Foé.

La mort a encore montré son affreux visage. Elle a emporté une jeune vie prometteuse alors qu'elle bourgeonnait.

Le Cameroun étant mon équipe africaine préférée après le Kenya, sa mort me fait grand mal.
Toute la fratrie du football a perdu un grand homme et un grand joueur. Plutôt que de pleurer, je préfèrerais que nous célébrions sa vie. Aux côtés de ses coéquipiers, il a révolutionné le football sur la scène africaine et dans le monde. Les Lions Indomptables ne seront plus jamais les mêmes.
Ils étaient grands parce qu'il vivait et parce qu'il jouait pour eux.
Que son âme ait la paix éternelle “Mungu amlaze mahali pema peponi”.
Il nous manquera beaucoup
Stephen K
France