PARIS, 30 juin (AFP) - Le Cameroun, abattu par la mort de Marc-Vivien Foé, a terminé la Coupe des Confédérations de football le coeur lourd mais la tête haute, digne dans le deuil et fier d'avoir prouvé qu'il était capable d'évoluer au plus niveau international.

Les Lions indomptables, battus par la France dimanche au but en or (0-1) dans une finale entièrement dédiée à Foé, sont en effet la première équipe africaine à avoir atteint la dernière marche d'une compétition intercontinentale, en battant notamment le Brésil dès le premier match (1-0).

Qui plus est, l'équipe entraînée par l'Allemand Winfried Schaefer, amalgame de cadres expérimentés et de jeunes joueurs, n'a encaissé aucun but dans le temps réglementaire en cinq rencontres. Seul Thierry Henry, meilleur joueur et meilleur buteur du tournoi, a réussi à trouver la faille sur un but en or, point d'orgue d'une compétition conclue dans une ambiance dramatique. "C'est un jour très triste et ce n'était pas facile de jouer", a déclaré Schaefer après la finale. "Sur le plan sportif, je suis optimiste. Le Cameroun a un grand avenir devant lui."

Schaefer avait pourtant abordé la Coupe des Confédérations avec des doutes plein la tête. Après son élimination au premier tour du Mondial-2002, le Cameroun avait attendu huit mois avant de rejouer, et, en tout et pour tout, n'avait disputé que trois rencontres avant le début de la Coupe des Confédérations. En effet, en tant que tenants du titre, les Camerounais étaient dispensés des qualifications à la CAN-2004. Et comme la plupart de ses homologues, Schaefer avait décidé d'emmener de jeunes joueurs en France, afin de préparer l'avenir. Ainsi, 11 joueurs comptaient cinq sélections ou moins. Mais la greffe a bien pris.

Extraordinaire Eto'o
Le gardien Carlos Kameni (7 sélections), qui appartient au Havre, a réussi une compétition pleine de maturité, lui qui n'a pas d'expérience du haut niveau. De même, Mohamadou Idrissou (Hanovre/ALL, une seule cape avant le tournoi et qui a disputé les cinq matches) a été impressionnant sur son aile gauche. Autre révélation, Modeste Mbami (7 sélections), le milieu de Sedan, relégué en L2 la saison prochaine.

Côté confirmation, Samuel Eto'o, auteur d'un superbe but contre le Brésil et qui a participé à la finale dimanche après avoir marqué deux buts la veille avec Majorque en finale de la Coupe d'Espagne, a attiré tous les regards des observateurs. "Eto'o est extraordinaire. Dans deux ans, ce sera un leader", a commenté Schaefer.

Enfin, la défense a également été irréprochable, emmenée par la charnière Mettomo-Song. Song dont l'influence sur le groupe est énorme, comme l'a tragiquement mis en lumière le décès de son ami Foé.

"J'ai senti une faiblesse chez les jeunes et de par ma position, c'était à moi de remonter tout le monde", a affirmé le capitaine, approuvé par Schaefer: "Rigobert a parfaitement assumé son rôle de leader après le décès de Marc-Vivien".

Désormais, avant de penser à quoi que ce soit d'autre, le Cameroun veut offrir un dernier adieu à celui qui est parti et dont les obsèques devraient avoir lieu en fin de semaine.