Tout a commencé par une cérémonie d'ouverture qui avait su parfaitement capter l'esprit unique de la culture africaine. Le spectacle s'est poursuivi avec des moments de magie pure, des buts inoubliables, des surprises invraisemblables, des records historiques et des fins de séries tragiques. Le rideau est tombé au terme d'une finale haletante, au cours de laquelle le Brésil aura réussi l'exploit de refaire un handicap de deux buts pour arracher une victoire qui semblait promise aux Etats-Unis.   

Si Afrique du Sud 2009 a souvent été présentée comme une simple mise en bouche à un an de la Coupe du Monde de la FIFA, le menu proposé fut si copieux et si délicieux que les supporters en garderont certainement un souvenir impérissable au cours des douze mois à venir.

A l'heure des comptes, le Brésil mérite amplement d'inscrire son nom au palmarès de l'épreuve pour la troisième fois de son histoire. La Seleçao a survolé les débats dans le Groupe B. Les Brésiliens ont remporté leurs trois premiers matches, inscrivant au passage la bagatelle de dix buts. En demi-finale, les hommes de Dunga se sont révélés moins prolixes, mais un coup franc signé Daniel Alves aura suffi à leur ouvrir les portes de la finale.   

Le meilleur pour la fin
Ce que l'on ignorait encore, c'est que les artistes auriverdes nous avaient réservé le meilleur pour la fin : un match plein, dans lequel tous les joueurs présents sur le terrain ont su allier talent et force de caractère. Mené 0:2 à l'issue de la première demi-heure, le Brésil aurait pu sombrer. Quatre fois depuis l'arrivée de Dunga au poste de sélectionneur, la Seleçao s'était trouvée menée par deux buts d'écart. A chaque fois, elle avait fini par mordre la poussière.

Mais cette fois, l'ancien champion du monde a su trouver les mots justes à la pause. Quelques secondes après le retour des vestiaires, Luis Fabiano réduisait l'écart d'une superbe reprise. O Fabuloso remettait les deux équipes à égalité à un quart d'heure de la fin, avant que Lucio n'endosse les habits de sauveur. En inscrivant le but de la victoire à la 84ème minute de la partie, le défenseur du Bayern Munich a permis à Dunga de devenir le premier homme à remporter la Coupe des Confédérations de la FIFA en tant que joueur et en tant qu'entraîneur.

"Cette finale a été très disputée, comme nous nous y attendions. Pourtant, même à 0:2, nous avons continué à y croire", dira le sélectionneur brésilien après coup. "Nous étions déterminés. Pour revenir au score dans un match comme celui-là, il faut des hommes sur le terrain. Je suis fier de mes joueurs."

Lucio et Luis Fabiano, respectivement meilleur joueur Castrol du tournoi et Soulier d'or adidas, ont été les grands artisans du triomphe brésilien. Maicon, Robinho et Kaka, élu Homme du Match de la finale et Ballon d'or adidas d'Afrique du Sud 2009, se sont eux aussi mis en évidence.

Le miracle américain
Côté américain, l'issue de la partie peut sembler cruelle, mais les joueurs de Bob Bradley n'ont pas à rougir de leur performance. Avant même le coup d'envoi de la compétition, personne ou presque ne les imaginait en demi-finale. A la veille de la troisième journée du Groupe B, les Boys étaient donnés pour morts. Battus 1:3 par l'Italie et 0:3 par le Brésil lors de leurs deux premières sorties, les Américains semblaient être passés à côté de leur tournoi.   

Contre toute attente, Tim Howard et ses coéquipiers ont su trouver les ressources nécessaires pour forcer le destin et s'imposer 3:0 face à une sélection égyptienne pourtant très en vue depuis son arrivée en Afrique du Sud. Loins de se satisfaire de ce petit miracle, les Etats-Unis ont ensuite infligé à l'Espagne sa première défaite en 36 matches. Clint Dempsey et Landon Donovan, excellents à chacune de leur sortie, ont permis aux Stars and Stripes de compter jusqu'à deux buts d'avance sur le Brésil, avant de sombrer dans la deuxième partie de la finale.

"Nous sommes très déçus, mais aussi très fiers de ce que nous avons accompli", résume Bradley. "Les joueurs ont vécu une expérience unique, ici en Afrique du Sud. Il faudra s'en souvenir et s'en servir pour trouver la motivation pour revenir l'année prochaine."

L'Espagne termine quant à elle sur la troisième marche du podium. Certes, les champions d'Europe en titre s'attendaient sans doute à autre chose, mais cela ne les a pas empêché de briller en terre africaine. Xavi, David Villa et Fernando Torres ont été les grands animateurs du premier tour, contribuant notamment à établir une incroyable série de 15 victoires consécutives pour la Furia Roja, record absolu pour une équipe nationale. Les Espagnols ont même porté leur série d'invincibilité à 35 rencontres, ce qui leur permet de rejoindre le Brésil dans les livres d'histoire.    

La Squadra bleu pâle
En revanche, l'Italie n'a que peu de raisons de se réjouir, à l'issue du tournoi. Tout avait pourtant bien commencé, avec un succès 3:1 acquis aux dépens des Etats-Unis grâce à deux buts signés du remplaçant Giuseppe Rossi. Malheureusement pour eux, les Azzurri ont ensuite subi la loi de l'Egypte (0:1) et du Brésil (0:3). Avant de rencontrer les Pharaons, les Italiens n'avaient jamais perdu face à une équipe africaine. De leur côté, les hommes de Hassan Shehata n'ont pas démérité. Non contents d'avoir dominé le champion du monde en titre, ils ont également brillé lors de la courte défaite 3:4 concédée face au Brésil pour leur entrée en lice. Mohamed Aboutrika et Mohamed Zidan se sont une fois encore imposés comme les grands animateurs de cette équipe.

Malgré son éliminatoire précoce, la Nouvelle-Zélande a fêté son premier point pris dans une compétition masculine A de la FIFA en douze tentatives. Le nul 0:0 arraché face à l'Irak est donc porteur d'espoir pour les Kiwis. Quant au champion d'Asie en titre, il n'a pas démérité non plus, tenant en échec le pays hôte avant de s'incliner sur la plus petite des marges face à l'Espagne, leader du Classement mondial FIFA/Coca-Cola.

L'Afrique du Sud a également le sourire. En premier lieu, le pays a démontré sa capacité à organiser avec succès une grande compétition internationale. Sur le terrain, la sélection nationale n'a nourri aucun complexe face à des adversaires présentés comme largement supérieurs. Sous l'impulsion des Teko Modise, Steven Pienaar et autres Bernard Parker, les Bafana Bafana ont rempli leur contrat en se qualifiant pour les demi-finales. Battus de justesse par le futur vainqueur de l'épreuve, ils ont ensuite posé d'énormes problèmes à l'Espagne dans le match pour la troisième place, ne s'inclinant (2:3) qu'à l'issue de la prolongation.

Comme toujours, il ne peut y avoir qu'un seul champion en Coupe des Confédérations de la FIFA. Néanmoins, cette édition 2009 a connu de nombreux vainqueurs, au premier rang desquels l'Afrique du Sud et les supporters du monde entier, qui ont eu la chance d'assister à un tournoi magnifique.