L’histoire retiendra que la Nouvelle-Zélande, puissance continentale, a remporté en 2016 sa cinquième Coupe des Nations de l’OFC, un record. Mais cette édition restera dans les mémoires de par sa qualité et la densité nouvelle du football océanien.

Les Néo-Zélandais ont été poussés dans leurs retranchements en demi-finale et en finale, dominés par la Nouvelle-Calédonie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le pays hôte a flirté avec un premier titre historique, pour s’incliner finalement aux tirs au but, 4:2 devant les All Whites après 120 minutes. Malgré cet échec, le tournoi marquera un tournant pour les Kapuls, qui n’avaient encore jamais atteint le dernier carré de la Coupe des Nations.

La compétition faisait également office de deuxième tour des qualifications de la zone Océanie pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. Les équipes ayant fini aux trois premières places de chaque groupe - Fidji, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Iles Salomon et Tahiti - conservent ainsi toutes leurs chances. Comme attendu, les Samoa ont en revanche tiré un trait sur la Russie, tout comme le Vanuatu, passé à la trappe à la différence de buts. Les six équipes encore en course s’affronteront chacune à domicile et à l’extérieur pour désigner celle qui disputera le barrage face à la cinquième nation de la CONMEBOL. Grâce à son succès, la Nouvelle-Zélande est par ailleurs assurée de participer à sa quatrième Coupe des Confédérations de la FIFA.

Un parcours historique
Avant le début de la compétition, les Papouasiens n’avaient participé qu’à trois campagnes de qualification pour la Coupe du Monde. La troisième place des U-23 aux Jeux du Pacifique, l’an dernier, sous la houlette de l’ancien sélectionneur de la Nouvelle-Zélande Ricki Herbert, avait cependant donné quelques signes avant-coureurs. La Fédération papouasienne avait surpris, fin 2015, en confiant les clés de la sélection au Danois Flemming Serritslev, un technicien expérimenté, mais peu connu en dehors de son pays. D’un tempérament calme, le sélectionneur de 69 ans a pris la mesure d’un groupe principalement constitué de joueurs basés au pays.

Bien préparée, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a fait preuve de cohésion et confiance pour rester invaincue lors de ses cinq matches. Un résultat extraordinaire compte tenu de ses performances passées. "Les joueurs avaient de réelles qualités, mais certains manquaient de confiance", confie Serritslev à FIFA.com. "J’ai travaillé sur ce plan-là depuis mon arrivée. Les joueurs ne doutent plus d’eux-mêmes, ils savent désormais ce dont ils sont capables à ce niveau." Les Papouasiens ont également décroché au passage quelques distinctions individuelles. Raymond Gunemba a terminé meilleur buteur, avec cinq réalisations, alors que son capitaine David Muta a été désigné meilleur joueur du tournoi.

Battue en finale par Tahiti il y a quatre ans, la Nouvelle-Calédonie peut une nouvelle fois se mordre les doigts. Renforcés par plusieurs joueurs évoluant en France, les Cagous ont étalé à chaque sortie un jeu offensif et attrayant. Cela n'a malheureusement pas suffi en demi-finale, face à la Nouvelle-Zélande (0:1), malgré une meilleure possession de balle et davantage de tirs cadrés. Vainqueur en 2012, Tahiti avait vécu un conte de fées en participant à la Coupe des Confédérations. Cette fois, la réussite a fait défaut aux joueurs du nouveau sélectionneur, Ludovic Graugnard, qui n’avait à sa disposition qu'un tiers du groupe de Brésil 2013. Les Toa Aito ont tout de même montré de belles choses et n’ont dû leur élimination qu’à une moins bonne différence de buts sur la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Calédonie.

La Nouvelle-Zélande a dominé l’autre groupe, laissant les Iles Salomon, le Vanuatu et les Fidji se disputer une place dans le dernier carré. Réalistes, les Iles Salomon ont terminé à la deuxième place, avec un petit but de plus que les Fidji de Frank Farina. Alors que plusieurs joueurs participeront au Tournoi Olympique Masculin de Football, Rio 2016, les Fidjiens reviennent en forme au bon moment après avoir enchaîné les contre-performances ces dix dernières années.

Un nouveau départ 
La Nouvelle-Zélande espère de son côté que ce succès lui permettra de tourner la page d’une période également mouvementée. En place depuis deux ans, le sélectionneur Anthony Hudson a démarré un nouveau cycle après le départ de plusieurs cadres. Il a emmené en Papouasie-Nouvelle-Guinée un groupe largement inexpérimenté, notamment en l’absence du capitaine Winston Reid, et de Shane Smeltz, blessé de dernière minute. Chris Wood, qui avait hérité du brassard, a par ailleurs manqué plusieurs matches sur blessure. Quelques jeunes joueurs ont parfaitement su saisir leur chance, à l’image de Stefan Marinovic. Le portier de 24 ans n’a concédé qu’un seul but au cours du tournoi et détourné deux tentatives lors de la séance de tirs au but décisive en finale.

Russie 2017 constituera, selon Hudson, un bon test pour son équipe, au milieu de la campagne de qualification pour la Coupe du Monde. "Cette compétition nous donnera l’occasion de voir ces joueurs en action lors de matches de haut niveau", explique-t-il. "Nous avons des joueurs de qualité, qui méritent de participer à ce tournoi d’envergure."