Ces 8 et 9 mars, Cafu a passé 48 heures bien remplies à Saint-Pétersbourg. La légende du football brésilien a exploré la ville, et a notamment été chargé de présenter le trophée de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2017 sur la pelouse du nouveau stade de Saint-Pétersbourg dans le cadre des festivités marquant les 100 jours d'ici le coup d'envoi du Tournoi des Champions en Russie.

Au cours de sa visite, le Brésilien a toutefois pris le temps de parler à FIFA.com du Tournoi des champions qui aura lieu du 17 juin au 2 juillet en Russie, des meilleurs moments de sa carrière et de l'expérience du Brésil dans l'organisation de tournois internationaux de la FIFA.

Cafu, quels sont vos souvenirs des préparatifs du Brésil pour la Coupe des Confédérations de la FIFA 2013 et la Coupe du Monde de la FIFA 2014 ?
Nous avons pris la Coupe des Confédérations très au sérieux. Il était très important de savoir à quel point nous étions capables d'organiser un événement d'une telle ampleur. Il y avait une vraie excitation dans le pays. La Coupe des Confédérations nécessite moins de stades que la Coupe du Monde, mais les sites qui ont accueilli le tournoi à cette occasion ont prouvé qu'ils étaient tout à fait prêts pour la Coupe du Monde, ce qui a facilité notre tâche. La compétition s'est révélée importante pour notre équipe nationale également. Avant la Coupe des Confédérations, il y avait un manque de confiance de la part de certains supporters envers la Seleção. Le fait de gagner cette compétition a permis de rassembler tout le monde autour de l'équipe du Brésil.

Vous vous êtes rendu à Moscou et à Saint-Pétersbourg à plusieurs reprises. Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez joué en Russie ?
Oui. Il faisait froid ! Mais j'ai toujours eu froid en Russie, donc c'était normal. J'étais déjà venu en Russie avant, dont je savais à quoi m'attendre. Mon premier match en Russie a été une rencontre amicale entre la Russie et le Brésil en 1996, à Moscou. Ce fut un bon match. Je ne me souviens pas de tous les détails, car c'était il y a longtemps, mais je me rappelle du score. Nous avons fait 2:2. Pour moi, la Russie est avant tout un pays avec une riche et passionnante histoire. Ma deuxième association est que la Russie est le pays de la neige !

Le Brésil est la nation qui a remporté le plus de Coupes des Confédérations depuis la création de l'épreuve, mais cet été la Seleção ne sera pas présente en Russie. En l'absence de votre pays, qui donnez-vous comme favori pour remporter l'édition 2017 de l'épreuve ?
Je pronostique une finale Russie-Allemagne. Je crois que la Russie fait partie des favoris parce que le pays hôte est en général très performant dans ce genre de tournois, devant ses supporters et avec l'optimisme ambiant. Même si à l'heure actuelle les Russes ne sont pas particulièrement convaincus des chances de leur équipe nationale dans la Coupe des Confédérations, ce n'est pas grave. Justement, ce tournoi sera l'occasion parfaite de mettre fin aux doutes et de prouver que la Sbornaya a les moyens de tirer son épingle du jeu à la fois à la Coupe des Confédérations et à la Coupe du Monde.

Vous avez participé à la Coupe des Confédérations 1997 en Arabie Saoudite. Quels sont vos meilleurs souvenirs de ce tournoi ? Le Brésil avait une défense phénoménale à cette occasion, probablement meilleure que lors de certaines éditions de la Coupe du Monde…
Oui, et c'est bien pour ça que nous avons gagné, n'est-ce pas ? Il aurait été difficile de ne pas s'imposer avec autant de stars dans notre équipe. Le premier souvenir qui me vient à l'esprit au sujet de cette édition du tournoi est que nous avions tous décidé de nous raser la tête en cas de triomphe. C'était un pari que nous avions fait avant le début de la compétition. Après avoir gagné le trophée, nous étions tous chauves !

Vous aviez des joueurs comme Romario, Ronaldo et Rivaldo. Ces trois joueurs ont-ils formé l'attaque la plus redoutable de toute l'histoire du football brésilien ?
Nous avons eu tellement de grands attaquants ! Il est très difficile de faire des comparaisons. Chaque équipe du Brésil qui a gagné une Coupe du Monde ou une Coupe des Confédérations avait des joueurs incroyables en attaque. Disons que ces trois-là ont été les meilleurs des années 1990.

Vous détenez le record de sélections en équipe du Brésil, avec une certaine marge. Comment avez-vous réussi cet exploit dans une sélection où chaque poste connaît peut-être la plus forte concurrence au monde ?
Je pense que cela s'explique par le fait que j'ai joué pendant 16 ans en équipe du Brésil. Cela vient de ma volonté, de mon dévouement au football et des efforts que j'ai faits pendant toutes ces années-là.

Les deux plus grands triomphes de votre carrière ont été les sacres dans les éditions 1994 et 2002 de la Coupe du Monde. Quels souvenirs gardez-vous de ces deux triomphes ?
Les deux fois, j'ai été très ému, mais il y a une différence entre ces deux expériences du point de vue de mes responsabilités. En 1994 aux États-Unis, je disputais ma première Coupe du Monde. J'étais jeune et c'était pour moi la première occasion d'essayer de gagner le trophée le plus important qui existe pour n'importe quel footballeur au monde. J'étais prêt pour ça, j'avais beaucoup travaillé, mais en même temps j'étais remplaçant. En 2002, c'était complètement différent, en ce sens que j'avais la responsabilité colossale d'être le capitaine de cette équipe, jusqu'en finale. Les deux fois, j'ai ressenti beaucoup de nervosité, mais pour des raisons différentes.

Gardez-vous en mémoire les mots que vous avez adressés à vos coéquipiers avant la finale contre l'Allemagne, en tant que capitaine?
Je n'ai rien dit de plus que d'habitude. Dans notre parcours jusqu'en finale, nous avons joué six matches et nous les avons tous gagnés. Je leur ai juste dit de ne rien changer. Pourquoi changer quelque chose quand tout marche ? Pourquoi jouer différemment en finale alors que vous avez gagné tous vos matches avant cela ? On pourrait se dire que c'est une finale et qu'il faudrait peut-être dire quelque chose de spécial pour renforcer la motivation, mais en même temps, quand les joueurs ont eu suffisamment de motivation pour atteindre la finale, il n'y a pas besoin d'en rajouter.

A court et moyen terme, il paraît peu probable que votre record de sélections en équipe du Brésil soit battu. En revanche, le record de buts marqués par Pelé avec la Seleção pourrait être amélioré. Pensez-vous que Neymar ait les moyens de le faire ?
Tous les records sont faits pour être battus. Neymar en a les moyens, bien sûr. Il est jeune, il a encore beaucoup de temps, et s'il continue à évoluer à ce niveau, il a toutes les chances de réussir à battre le record de Pelé.

Quel conseil donneriez-vous aux organisateurs de la Coupe des Confédérations et de la Coupe du Monde en Russie, ainsi qu'aux fans de football russes, afin que ces deux compétitions se passent encore mieux qu'au Brésil ?
Le plus important est d'y croire. Il est crucial de croire en soi-même, en son équipe nationale et en ses chances de victoire. Il faut être convaincu que la Russie est capable d'organiser des tournois au plus haut niveau. C'est la chose essentielle. Il faut y croire. À partir de là, tout se passera très bien.