• Kevin Kuranyi a évolué pendant cinq ans en Russie, au Dynamo Moscou
  • L’ancien attaquant allemand a participé à la Coupe des Confédérations de la FIFA
  • Il estime que la Mannschaft fait figure de favorite pour l'édition 2017 en Russie

Les supporters russes accueillent toujours avec prudence l’arrivée dans leur club de joueurs étrangers confirmés, mais Kevin Kuranyi a su se défaire des stéréotypes. Son esprit d’équipe et son professionnalisme n’ont pas souffert le moindre doute lors de ses cinq années passées à la pointe de l’attaque du Dynamo Moscou. Auteur de 56 buts toutes compétitions confondues, il est même devenu le deuxième meilleur réalisateur du club depuis la chute de l’Union soviétique.

Ainsi, des larmes ont coulé lorsque l’Allemand a effectué ses adieux au club au printemps 2015. "Lorsque je suis arrivé à Moscou, je pensais que les Russes étaient fermés et durs", confie celui qui a tiré un trait sur sa carrière en 2016, à l’âge de 35 ans. "C’était une fausse impression. Il suffit de parler aux gens pour qu’ils commencent à s’ouvrir. Ce sont alors les individus les plus aimables et les plus ouverts de la planète."

Kuranyi reconnaît lui-même se sentir un peu Russe après son long bail au Dynamo. "Lorsque je rencontre un Russe, nous nous trouvons pratiquement toujours des points communs", sourit-il. "Les Russes sont gentils, fiers et honnêtes. Ils ne vont pas tourner autour du pot, mais vous dire directement ce qu’ils pensent."

L’ancien attaquant devrait très vite revenir en Russie en tant que consultant télé pour la Coupe des Confédérations de la FIFA. Ancien international allemand, il connaît le football russe sur le bout des doigts et n’est pas étranger à la culture et aux traditions du pays. Il a par ailleurs évolué sous les ordres de Joachim Löw et Stanislav Cherchesov et connaît personnellement la plupart des joueurs des sélections allemande et russe. Enfin, il a même déjà participé à la Coupe des Confédérations. Le consultant idéal !

Une expérience inestimable
"Disputer la Coupe des Confédérations 2005 a été très particulier pour moi", raconte Kuranyi, qui a marqué face à l’Australie et à l’Argentine devant le public allemand. "Nous avons eu l’opportunité de nous plonger dans l’ambiance d’un tournoi majeur et d’être les premiers à jouer dans les stades rénovés de Nuremberg, Leipzig et Francfort."

L’Allemagne a frappé à deux reprises au moins lors de chaque rencontre de la compétition, mais cela n’a pas suffi en demi-finale contre le Brésil. Incapables de museler la paire d’attaquants adverse, Adriano et Ronaldinho, les hommes de Jürgen Klinsmann se sont inclinés 3:2. "Il suffisait de jeter un coup d’œil à la composition du groupe brésilien pour comprendre leur statut de favoris", se souvient Kuranyi. "Ils n’avaient pas de points faibles, que des joueurs immenses à chaque poste."

Alors que la Seleção a finalement soulevé le trophée, le pays organisateur a dû se contenter de la troisième place. "Un résultat plutôt perçu comme un succès", souligne l’ancien international, buteur à 19 reprises en 52 sélections. "L’équipe traversait une période de transition après avoir été reconstruite à partir d’une feuille blanche. Il y avait beaucoup de nouveaux visages et un nouvel encadrement. Cette équipe rajeunie a fait un premier pas en avant en battant le Mexique dans le match pour la troisième place. De nombreux jeunes joueurs ont goûté pour la première fois à une compétition d’envergure et ont engrangé une expérience inestimable."

"Nous n’en sommes plus au même stade aujourd’hui, 12 ans plus tard, et je pense que l’Allemagne est favorite de la Coupe des Confédérations 2017", ajoute-t-il.

La Russie en phase de transition
Kuranyi estime en revanche qu’il ne faudra pas s’attendre à des miracles de la part de la Sbornaya lors du prochain Tournoi des Champions. "Cherchesov n’a pas pris les rênes de l’équipe au meilleur moment", plaide l’Allemand à la décharge du sélectionneur russe, sous les ordres duquel il a évolué pendant un peu plus d’un an au Dynamo. "Il a dû faire face à de nombreux changements. L’équipe en est plus ou moins au même stade que l’Allemagne en 2005."

"S’il parvient à faire progresser ces joueurs tout en conservant un bon équilibre entre l’expérience et la jeunesse, la Russie sera peut-être capable d’aller chercher la troisième place, comme nous l’avons fait il y a 12 ans", poursuit-il. "Mais cela ne sert à rien de mettre la pression aux joueurs. Laissons-les simplement faire l’expérience d’un grand tournoi afin qu’ils soient fin prêts en temps voulu, dans un an."