• Jürgen Klinsmann, Joachim Löw et Michael Ballack reviennent sur la Coupe des Confédérations de la FIFA 2005, lors de laquelle l'Allemagne a semé les germes de son sacre mondial de Brésil 2014

• La Nationalmannschaft a conquis les cœurs, malgré sa troisième place, par son football offensif et sa puissance de feu

• Meilleure attaque de la compétition, l'Allemagne a inscrit 15 buts, plus que le lauréat brésilien

Il arrive que le passé et l'avenir entrent en collision, avec des conséquences explosives. C'est ce qu'il s'est produit lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2005. Les hôtes allemands s'étaient lancés dans un projet ambitieux : enflammer leur public et la grande famille du football en transformant radicalement leur jeu, longtemps fondé sur le physique, la compétitivité et le combat.

Le pari était osé. La méthode germanique avait fait ses preuves en conduisant la Nationalmannschaft à sept finales de Coupe du Monde de la FIFA™ et à trois titres depuis 1954. Il semble cependant que la perspective d'accueillir de nouveau la grande fête du ballon rond en 2006, sous le slogan "Le rendez-vous de l'amitié", ait libéré le football national. Le pays a été séduit par l'attrait d'un jeu ouvert et d'une telle exubérance qu'il laissait soupçonner la présence d'imposteurs dans l'effectif allemand.

"L'ambiance était fantastique cet été-là. Un vent d'optimisme soufflait dans le pays", se souvient Joachim Löw à propos du tournoi à huit formations disputé en 2005, galop d'essai grandeur nature pour la Coupe du Monde 2006. Adjoint du sélectionneur à l'époque, il est aujourd'hui à la tête de l'équipe nationale.



La Nationalmannschaft incarnait ce nouvel optimisme. Le duo formé par Löw et Klinsmann, champion du monde en 1990, a électrifié la planète football en alignant un onze pétri de classe et d'élégance. Les Allemands ont déroulé un jeu offensif flamboyant, qui leur a permis d'inscrire au moins deux buts par match et de trouver les filets à neuf reprises pendant la seule phase de groupes. Opposés en demi-finale à un Brésil somptueux, emmené par Ronaldinho et Kaka, ils ont livré l'une des rencontres les plus spectaculaires de l'histoire de la Coupe des Confédérations, avant de rendre les armes (2:3) et de se rabattre sur la troisième place.

Nous avons rempli notre mission. Notre objectif était de montrer envie et passion, de se porter vers l'avant et de ne pas laisser nos adversaires dicter leur loi.

Jurgen Klinsman, ancien sélectionneur de l'Allemagne au sujet de la Coupe des Confédérations 2005

"Le souvenir d'une compétition perdue ravive toujours des regrets", confie Klinsmann à FIFA.com en évoquant la campagne qui a vu les supporters locaux ovationner leur équipe malgré sa défaite en demi-finale. "Mais nous avons rempli notre mission. Notre objectif était de montrer envie et passion, de se porter vers l'avant et de ne pas laisser nos adversaires dicter leur loi. Nous y sommes parvenus avec panache."

"Les supporters nous ont poussés", commente le capitaine Michael Ballack, auteur d'un penalty lors de l'entame réussie des siens contre l'Australie (4:3). "Ils sont rentrés à fond dans le tournoi en 2005. Tous les matches se sont joués à guichets fermés. C'est une source de motivation importante pour les joueurs."

Compte tenu des résultats, certains pourraient estimer que le football germanique a perdu son pari en 2005. L'Allemagne n'a en effet décroché que la troisième place, tout comme en Coupe du Monde 2006 et lors d'Afrique du Sud 2010. Ce serait pourtant penser à trop court terme, car c'est de cette Allemagne new-look qu'est née l'Allemagne triomphante de Brésil 2014.

La quadruple championne du monde se rendra cet été en Russie, où elle renouera avec la Coupe des Confédérations, l'épreuve qui l'a vue entamer sa mutation, portée par une vague d'optimisme et d'espoir.