• Le sélectionneur portugais explique comment il a remédié à la sortie de Cristiano lors de la finale de l'EURO
  • En tant que champion d'Europe, le Portugal participera à la Coupe des Confédérations de la FIFA, du 17 juin au 2 juillet
  • Il sera dans le Groupe A et aura comme adversaires la Russie, pays hôte, la Nouvelle-Zélande et le Mexique

C'est le jour le plus important de sa carrière sportive. Il a tout analysé au millimètre près. Tout est en place. Le match débute mais à la 25ème minute, le scénario bafouille. Telle est la situation dans laquelle s'est retrouvé Fernando Santos en finale de l'UEFA EURO 2016.

"Vous préparez un plan stratégique pour la finale et vous comptez pour cela sur le meilleur joueur du monde. Et tout d'un coup, vous vous retrouvez sans le meilleur joueur du monde…" Sous la pire des pressions imaginables, le stratège lusitanien parvient à résoudre le problème et offre à son pays le premier grand titre de son histoire.

Avant la Coupe des Confédérations de la FIFA, le sélectionneur portugais analyse comment son équipe a pu se remettre de la sortie sur blessure de Cristiano Ronaldo en finale contre la France, pour au bout du compte soulever le trophée. "La première chose très claire était que nous devions changer de stratégie car jusque-là, nous avions joué en 4-4-2, avec Ronaldo et Nani proches l'un de l'autre. Dès lors que Ronaldo n'était plus là et que je n'avais aucun joueur similaire pour le remplacer, il fallait changer de système. J'ai décidé de passer en 4-3-3, avec Nani en neuf et demi", explique à FIFA.com un Santos dont le surnom - l'Ingénieur - fait référence à sa formation d'ingénieur en électronique. 

Sa faculté d'analyser les choses s'est concentrée sur la tactique qui pouvait permettre de battre la France, mais également sur les mots nécessaires pour que les joueurs adhèrent à cette tactique. "À la pause, j'ai essayé de mieux expliquer la stratégie aux joueurs. Il me paraissait clair que, à ce moment de la partie, nous étions en train de prendre l'ascendant." Le message à ses joueurs était on ne peut plus clair : "Ne jamais renoncer à attaquer, ne jamais renoncer à essayer de gagner. Toute autre attitude avait de grandes chances d'être contre-productive."

"Parfois, les entraîneurs mettent au point une stratégie et il se passe autre chose que ce qu'ils avaient imaginé, mais cette fois ça a très bien marché", résume-t-il avec un petit sourire, avant de préciser qu'il a aussi bénéficié de la réussite sans laquelle personne ne peut prétendre soulever un trophée.

Les racines de la victoire
Le mérite de ce sacre ne revient évidemment pas intégralement au sélectionneur. Le but de "l'inconnu" Éder ne doit lui non plus pas grand-chose au hasard. "J'ai décidé de faire entrer Éder en milieu de deuxième période. J'avais besoin que quelqu'un devant soit capable de conserver le ballon et que mon équipe dispose d'une solution supplémentaire dans l'animation offensive", révèle-t-il. "Nous avions désormais les moyens de poser des problèmes à la France."

La France s'est effectivement retrouvée devant un problème colossal lorsque l'attaquant a ouvert la marque à la 109ème minute. "Je suis incapable d'expliquer cette joie immense que nous avons ressentie au coup de sifflet final. J'imagine qu'elle est liée au fait que le Portugal essayait depuis tant d'années de gagner son premier titre majeur", estime l'entraîneur de 62 ans, qui ajoute que les racines de la victoire sont à chercher du côté de l'esprit d'équipe qui régnait dans le vestiaire. "Esprit d'équipe au sens où toutes les personnes impliquées, entraîneurs, joueurs et encadrement technique, ne faisaient qu'un. Il s'est réellement créé un esprit collectif très fort. Les deux choses réunies, la qualité des joueurs et cette capacité collective et stratégique, ce sont elles qui ont fait la différence entre nous et les autres."

"Quand les joueurs sont arrivés en France, ils savaient qu'ils avaient le moyen d'aller au bout. Ça se voyait", assure encore Santos. C'est d'ailleurs avec le même état d'esprit que les Portugais se rendront en Russie pour y disputer la Coupe des Confédérations de la FIFA. "C'est une compétition qui réunit les champions de chaque continent. Cela donne une importance particulière à ce tournoi", conclut l'ancien sélectionneur de la Grèce, qui est un habitué des grands rendez-vous, comme en témoigne sa présence lors des trois derniers grands tournois.

La Selecção das Quinas a raison d'y croire car elle sait désormais que si la pièce la plus importante de son engrenage venait à défaillir, l'ingénieur en chef serait capable de réparer la machine.