• Le nul obtenu sur le fil face au Portugal rompt avec une tradition malheureuse
  • "C’est une grande satisfaction. On le méritait", estime le buteur Moreno
  • Le 21 juin, le Mexique se mesurera à la Nouvelle-Zélande

De notre envoyé spécial avec le Mexique, Martín Langer

On dispute les dernières minutes de la rencontre. Le Mexique est sur le point de signer un nul précieux face à un redoutable adversaire européen. Les supporters décomptent les secondes, quand soudain, tout s’effondre. El Tri encaisse un but. Le rêve s’achève. À la télévision, le commentateur est dépité : "Pourquoi est-ce toujours à nous que ça arrive ?", s’écrie-t-il, incrédule.

Cette histoire remonte à 1962. El Tri était à quelques secondes de tenir en échec l’Espagne de Gento, Puskas et Suárez lorsqu’un but de Peiró vint anéantir ses espoirs. Depuis, la malchance poursuit la sélection mexicaine : 1998, 2006, 2014… Les dernières minutes sont devenues le cauchemar des supporters mexicains… Jusqu’à ce 18 juin 2017.

Alors que tout semblait perdu, le Mexique a trouvé la force qui lui a manqué tant de fois. Serait-ce le début d’une nouvelle ère ? "On jouait un bon match contre le champion d’Europe. Malgré le but encaissé, on a eu le mérite de continuer à y croire et de ne pas baisser les bras", explique Héctor Moreno à l’issue de la rencontre. 

Le couteau entre les dents
Son but, une reprise de la tête aussi puissante que décisive, venait de mettre fin à la malédiction des dernières minutes. Le défenseur ne pouvait contenir sa joie. Quand Cédric a donné l'avantage (2:1) au Portugal à la 85ème, tout semblait perdu. Mais le Mexique est parvenu à égaliser. "C’est une grande satisfaction. On le méritait. Nous sommes forts mentalement et nous savons que nous sommes capables de réagir rapidement. Le résultat me paraît juste", estime le défenseur.

Pour les Mexicains, cette force mentale va bien au-delà des ultimes minutes. C’est une philosophie de vie, celle-là même qui leur a permis de tenir la dragée haute à Cristiano Ronaldo et sa bande. "C’est ce que nous voulons, c’est notre ambition. Nous montons toujours sur le terrain avec l’envie de gagner, à chaque match, peu importe l’adversaire."

Ces mots traduisent une grande ambition, qui plus est lorsqu’ils sont prononcés par le gardien. En effet, c’est grâce à un Guillermo Ochoa des grands soirs qu’El Tri a pu rester dans le match au moment où il en avait le plus besoin. Le dernier rempart est malgré tout resté sur sa faim : "On aurait pu prendre les trois points…"

Si le Mexique n’a pu en prendre qu’un, il a néanmoins démontré qu’il était prêt pour la suite. Joueur vedette de la sélection, Javier Chicharito Hernández, est sans doute le mieux placé pour décrire ce à quoi peuvent désormais s’attendre les supporters mexicains. "Nous sommes très forts mentalement, mais nous avons aussi beaucoup de talent dans le groupe. Il y a énormément de qualité. Nous sommes prêts pour relever les prochains défis."

Contre le Portugal, les paroles se sont concrétisées sur le terrain. Pour la sélection mexicaine, c’est la seule façon d’oublier enfin cette phrase aux allures de malédiction : "Pourquoi est-ce toujours à nous que ça arrive ?"