Grâce au programme Win-Win de la FIFA, la saison d’ouverture du tout premier championnat professionnel de République dominicaine a pu être organisé entre mars et août 2015. Une étape décisive pour le développement du football dans le pays. 

Le 9 août dernier, l’Atlético Pantoja a remporté le tout premier championnat professionnel de République dominicaine à l’issue d’un match palpitant face à Atlántico (3:1). Le visage radieux, les 11 000 spectateurs présents dans le stade ont alors laissé éclater leur joie et ont fait la fête sous le soleil. Si le champion de Saint-Domingue était la star de la journée, le public a également tenu à célébrer l’ensemble de la saison ponctuée de matches passionnants, où la qualité technique était elle aussi au rendez-vous. "La création d’un championnat professionnel et l’organisation de la première saison constituent à ce jour l’apogée de l’histoire du football dominicain", estime Yaneri Martinez, de la Fédération de République dominicaine de football.

Cela faisait longtemps que le pays insulaire attendait ce moment. En 2002, la création de la Liga Mayor avait permis la mise en place d’un championnat amateur doté d’une structure solide incluant des arbitres, des entraîneurs et des joueurs. Elle avait aussi ouvert la voie à une ligue professionnelle. Osiris Guzman, président de la Fédération, a ainsi garanti un processus de développement axé sur la durabilité s’inscrivant dans un programme s’étalant sur dix ans et élaboré en coopération avec la FIFA. La mise en œuvre du programme Win-Win à l’automne 2014 a marqué la dernière étape en vue de la professionnalisation du football dominicain.

La République dominicaine a toujours été un pays féru de sport. Jusqu’à présent, le base-ball et le basket-ball figuraient en tête des disciplines les plus appréciées. Mais le football a lui aussi sa place dans le cœur des habitants, comme en témoigne une étude de marché réalisée dans le cadre du programme Win-Win. "Plus de 90 % des personnes interrogées souhaitaient la création d’un championnat professionnel", explique Javier Lozano, conseiller de la FIFA en charge de la réalisation du projet.

Affluence massive
Le championnat professionnel tant attendu devait devenir réalité. En quelques mois seulement, plusieurs départements (juridique, concurrence, marketing et communication, management et finances) ont été mis en place afin de préparer la première saison. La Fédération a reçu 30 demandes de licence émanant de clubs qui souhaitaient prendre part à cette aventure historique pour le football de leur pays. Au final, dix équipes ont reçu une réponse favorable et se sont affrontées entre mars et août dans l’espoir de remporter le tout premier titre de champion de République dominicaine.

Le public a eu l’occasion d’assister à des rencontres palpitantes dont la plupart se sont soldées par un score serré. Neuf stades ont accueilli les équipes des clubs : Atlético Pantoja, Atlántico, Bauger, Moca, Cibao, Univ. O&M, Barcelona Atlético, Atlético Vega Real, At. San Cristóbal et enfin Delfines del Este. Le nombre moyen de spectateurs est passé de 250 en ligue amateur à plus de 2 000 en championnat professionnel. Au total, 209 636 personnes ont fait le déplacement dans les stades.

Lors de la dernière journée, l’enthousiasme a atteint son comble lorsque l’Atlético Pantoja a réussi à se hisser à la première place. Fondé par des immigrés argentins, le club faisait figure de favori pour le titre. Une importante somme d’argent a été investie et les dirigeants ont fait monter la pression sur les joueurs. Ces derniers ont finalement été à la hauteur de ces attentes.

Bilan positif
Sur le plan économique, le championnat est solide. Un contrat a été signé avec un sponsor pour trois saisons et quatre des cinq matches de chacune des journées ont été retransmis à la télévision. Yaneri Martinez se félicite par ailleurs que le calendrier ait pu être respecté, preuve à ses yeux du sérieux et du professionnalisme de l’ensemble des participants. 

Le bilan de la première saison est donc largement positif. "Nous sommes sur la bonne voie", résume Javier Lozano. Selon lui, le concept est rentable, la qualité du football proposé est satisfaisante et le public s’est adapté au nouveau rythme. Le conseiller vise cependant la perfection et rappelle que des progrès sont encore à faire en matière d’infrastructures et que certains stades doivent être rénovés. 

La Fédération s’est elle aussi fixé des objectifs ambitieux. Elle souhaite en particulier accroître le niveau des joueurs et séduire de nouveaux sponsors. L’intérêt des clubs, lui, ne faiblit pas puisque des demandes de licence ont déjà été déposées pour la deuxième saison. Le championnat dominicain a donc réussi le pari de l’attractivité. Des voix s’élèvent d’ailleurs déjà en faveur de la création d’une deuxième division.

Les recettes de la première saison ont permis aux clubs de consolider leurs budgets et d’investir dans la formation. La FIFA apporte par ailleurs son soutien au programme Escuelas de talentos (Écoles de talents). Yaneri Martinez explique : "Ce programme a pour objectif de former de jeunes talents, de leur permettre de faire leurs débuts dans les équipes juniors et de leur offrir la possibilité d’évoluer un jour dans le championnat professionnel." Le football est arrivé en République dominicaine.