"Une grande équipe peut battre une équipe de champions." Au fil des ans, cette maxime est devenue un lieu commun du football, ce qui ne l'a pas empêchée de se vérifier à de nombreuses reprises. Elle ne se limite cependant pas au terrain. Au-delà du rectangle vert, la collaboration et le partage des connaissances peut responsabiliser les acteurs et contribuer au bien commun.

En tant qu'instance dirigeante du football mondial, la FIFA recherche constamment de nouvelles façons de développer le jeu aux quatre coins du monde. L'un des domaines où l'aide pourrait s'avérer la plus précieuse concerne le poste de directeur technique. Le directeur technique est un maillon crucial mais souvent sous-estimé de la chaîne qui fera le succès d'une association membre. Même dans ce secteur hautement spécialisé, l'esprit d'équipe et l'effort collectif s'avèrent le plus souvent payants.  

Le directeur technique est en charge de l'élaboration et de l'application des programmes de développement technique. À ce titre, il doit concevoir des stratégies à long terme qui intègrent tous les aspects du beau jeu : football de base, football féminin, formation des entraîneurs ou football de jeunes. Son objectif consiste à les rassembler au sein d'une même synergie, qui s'inscrit dans la pyramide du développement. Chaque association membre doit obligatoirement se doter d'un directeur technique. De son côté, la FIFA veille à ce que le statut de cet employé à part soit reconnu au niveau approprié. Dans ce contexte, la FIFA souhaite développer une relation plus étroite avec les directeurs techniques de ses associations membres. Pour ce faire, plusieurs méthodes sont envisagées.

Théorie et pratique
Les stages pilotes lancés au Malawi et en Inde correspondent à la première étape de ce processus. Ces manifestations ont été placées sous la direction d'un groupe d'experts de la FIFA, auquel se sont joints des représentants de ces régions. L'un des objectifs du séminaire était de mieux comprendre les difficultés auxquelles les directeurs techniques sont souvent confrontés. Les participants ont également été invités à identifier les marges de progression possibles, notamment en ce qui concerne la stratégie et l'organisation.  

Le stage proprement dit se divisait en plusieurs parties. Dans un premier temps, chacun a identifié les problèmes qui se posaient à lui et les domaines dans lesquels une aide serait la bienvenue. Des séances pratiques ont ensuite permis de définir les qualités de base d'un directeur technique (expérience des matches, de l'entraînement collectif, formation). Pour finir, un atelier pratique autour de l'approche cyclique au cours duquel les participants étaient invités à concevoir une stratégie en incluant tous les éléments essentiels : les acteurs, l'organisation, le budget et l'application, pour n'en citer que quelques-uns. Des réunions bilatérales ont aussi été l'occasion pour les directeurs techniques d'évoquer individuellement leurs activités.  

Le Guide de la FIFA pour les directeurs techniques a servi de référence pédagogique pour ce stage. Ce document n'est encore qu'une ébauche, mais les ateliers ont permis de mettre à l'épreuve son contenu et son format.

Un début
Le Malawi a accueilli le premier stage du 25 au 29 janvier. Fraîchement nommé directeur technique de l'Afrique du Sud, Neil Tovey dresse un bilan très positif de cette opération. "J'ai beaucoup appris durant cette semaine, d'autant que je débute à ce poste", a souligné l'ancien défenseur des Bafana Bafana. "Le stage s'est concentré sur les questions pratiques et nous a donné des informations utiles, délivrées par des personnes issues d'horizons divers (en Europe et en Afrique)."

Le second stage s'est déroulé en Inde du 8 au 12 février. Il s'est concentré sur les mêmes objectifs. "C'était un événement très productif, qui a bénéficié de l'implication de tous les participants", se félicite Scott O’Donell, directeur technique de l'Inde. "Dans la mesure où les fédérations d'États jouent un grand rôle en Inde, je me réjouis que les responsables techniques de cinq d'entre elles m'aient accompagné."

D'autres représentants de nations du sud de l'Asie étaient également présents. Mohamed Shiyaz, directeur des Maldives, affiche lui aussi sa satisfaction : "Ce stage était bien structuré, grâce à une approche méthodologique solide. La courbe d'apprentissage était parfaitement dosée, avec le projet de cycle en point d'orgue". 

Jürg Nepfer, responsable de la Formation et du développement de la technique de la FIFA, était lui aussi ravi : "Le directeur technique tient un rôle essentiel au sein d'une association membre. Il lui revient de définir et de mettre en place les programmes de développement technique, c’est-à-dire de préparer le football de demain".  

Les récents séminaires au Malawi et en Inde ne sont qu'un début. L'instance dirigeante du football mondial entend apporter un soutien toujours plus efficace à ses associations membres. Les projets pilotes et le guide feront bientôt l'objet d'une évaluation, afin de mettre au point l'approche la plus complète possible pour définir un cadre d'apprentissage et de développement sur le long terme.

Un atelier avec des formateurs potentiels se tiendra le mois prochain. Le programme continu débutera début avril, comprenant dix à douze cours par an.