Si vous avez regardé le match entre le Japon et la Nouvelle-Calédonie lors de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Inde 2017, vous n’avez peut-être pas remarqué celle qui dirigeait les débats. Et c’est précisément ce qui lui plaît.

Esther Staubli, enseignante suisse, était "la femme au centre du terrain". Un événement qui restera dans les annales, au même titre que l’exploit des Néo-Calédoniens, qui ont décroché le premier point de leur histoire dans une compétition de la FIFA.

Si une femme avait déjà arbitré un match de Coupe du Monde U-17 de la FIFA auparavant, cela n’était plus arrivé depuis 16 ans, lorsque la Coréenne Im Eun Ju avait dirigé une rencontre à Trinité-et-Tobago 2001. La désignation de Staubli découle d’un long processus, tant pour celle qui avait officié à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™ que pour le département de l’Arbitrage de la FIFA, qui s’efforce depuis quelque temps déjà de former les arbitres hommes et femmes au sein de la même structure.

Ce projet de préparation commune a vu le jour en 2016, sous l’impulsion de la Commission des Arbitres de la FIFA, des administrateurs et des instructeurs, qui visent à améliorer constamment la qualité de l’arbitrage lors des événements organisés par la FIFA.

À cet égard, la désignation de Staubli et la présence de six autres arbitres femmes en Inde - qui ont joué le rôle de quatrième officiel - constituent un grand pas en avant. Les arbitres sont issues de chaque confédération : Ri Hyang Ok (AFC), Gladys Lengwe (CAF), Carol Anne Chenard (CONCACAF), Claudia Umpierrez (CONMEBOL), Anna-Marie Keighley (OFC), Kateryna Monzul (UEFA).

Les témoignages
Esther Staubli, arbitre FIFA (découvrez ses autres impressions dans la vidéo ci-dessus) :
"Il s’agissait d’un match comme les autres. Peut-être que plus tard, je m’en souviendrai avec plus d’émotions ou que je me rendrai compte que c’était spécial. Avant le match, j’ai essayé de me préparer comme je le fais d’habitude et de faire de mon mieux. Je suis très contente que les joueurs aient apprécié ma prestation et qu’ils m’aient considérée comme un arbitre "ordinaire". Pour moi, le fait que l’arbitre soit un homme ou une femme ne change pas énormément de choses. Ce qui compte, c’est ce qu’on réalise sur le terrain".

Dominique Wacalie, sélectionneur de la Nouvelle-Calédonie :

"Mme Staubli a très bien arbitré, nous n’avons pas la moindre critique à lui adresser. Je pense que c’est une bonne chose pour le football en général. Elle a aidé les deux équipes à bien jouer. Tous les joueurs l’ont respectée, comme s’il s’était agi d’un homme. J’espère que d’autres femmes seront désignées à l’avenir".

Yoshiro Moriyama, sélectionneur du Japon :
"Sincèrement, je ne me souviens même pas de la prestation de Staubli, ce qui est évidemment bon signe".

HISTORY to be made at the #FIFAU17WC in India. 
We'll be in Kolkata on Saturday to bring you more + @FIFAHindihttps://t.co/FQlqQO2YHK

— #FIFAWWC (@FIFAWWC) October 12, 2017

Kateryna Monzul, arbitre FIFA :
"C’est un très grand pas en avant pour les femmes du monde entier. Je me sens privilégiée et je suis très heureuse de rentrer en Ukraine avec cette expérience. Cela nous donne de nouveaux objectifs à atteindre".

Gladys Lengwe, arbitre FIFA :
"C'est une formidable expérience et un grand honneur de côtoyer autant d’arbitres de ce niveau. J’ai retiré énormément de choses de tous les matches".

Anna-Marie Keighley, arbitre FIFA :
"C’est l’occasion idéale de poursuivre notre préparation en vue de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019, et d’être ici avec les hommes, de les assister et de continuer à apprendre".

Carol Anne Chenard, arbitre FIFA :
"Ce tournoi en Inde constitue une formidable expérience pour nous. C’est une étape de plus dans notre progression en tant qu’arbitres. C’est une nouvelle opportunité de travailler aux côtés de nouveaux officiels et d’apprendre les uns des autres. Les hommes nous ont très bien intégrées, nous sentons que nous faisons partie de l’équipe".

Claudia Umpierrez, arbitre FIFA :

"Ce tournoi est une formidable expérience, en particulier lorsqu'on pense à la préparation de la Coupe du Monde Féminine 2019. C'es très gratifiant. Nous avons la possibilité de travailler du aux côtés des hommes, et ceci est enrichissant sur tous les aspects, afin de nous améliorer à l'approche de la prochaine Coupe du Monde Féminine."

Kari Seitz, Directrice principale du département de l’Arbitrage de la FIFA :

La réussite de ces femmes témoigne non seulement de leur énorme travail et de leur dévouement, mais également de ce qui est possible lorsque l’on donne aux femmes, qui excellent en matière d’arbitrage, l’occasion d’arbitrer. Je suis incroyablement fière d’elles. J’espère sincèrement qu’en ayant désigné des femmes pour officier dans cette compétition importante, nous pourrons inspirer et motiver d’autres arbitres femmes. Nous avons ouvert des portes, et nous nous engageons à continuer à construire pour le futur. Et dans ce futur, nous ne parlerons plus d’arbitres femmes ou hommes, mais simplement d’arbitres".