A l'occasion de l'anniversaire de Ronaldo, le 22 septembre, retour sur la carrière de l'un des plus grands attaquants detous les temps. 

Pasadena, États-Unis, année 1994. Après 120 minutes de tension suivies d'une insoutenable série de tirs au but, le Brésil soulève la Coupe du Monde de la FIFA™ pour la première fois depuis 24 ans. En guise de célébration, les joueurs de la Seleção courent dans tous les sens, avec à la main des banderoles et autres drapeaux, l'un d'entre eux rendant hommage au pilote Ayrton Senna, décédé quelques semaines plus tôt. Le trophée tant convoité passe lui aussi de main en main. Romário, héros du tournoi, est à peine visible tant il attire les photographes et les caméras, au même titre d'ailleurs que le capitaine Dunga et le gardien de but Taffarel.

Au milieu de cette fête, il y a aussi un gamin de 17 ans avec un sourire radieux sur le visage. Comme les autres, il vient d'être couronné champion du monde. En revanche, contrairement à la plupart de ses coéquipiers, il est inconnu du grand public. Il est également loin de se douter que les portes de l'une des plus grandes carrières de l'histoire du football sont en train de s'ouvrir pour lui. Une carrière parfois douloureuse, mais dans l'ensemble fantastique, pour ne pas dire... phénoménale.

Quand Ronaldo Luís Nazário de Lima a annoncé sa retraite en 2011, son âge était pratiquement le double de celui qu'il avait ce jour ensoleillé en Californie, lorsque le Brésil a remporté sa quatrième Coupe du Monde de la FIFA™. Dans l'intervalle, il a réussi à devenir le meilleur buteur de l'histoire de la compétition suprême. Il a marqué son époque et fait plus que le nécessaire pour entrer dans le panthéon des légendes du football mondial.

Un phénomène mondial
Enfant d'une mondialisation qui n'a pas épargné le football, Ronaldo a eu un privilège inaccessible à ses prédécesseurs : non seulement la grande majorité de ses buts ont été filmés par les caméras, mais en plus les fans ont pu assister à ses exploits en direct sur le petit écran. C'est ainsi que l'on peut revoir à l'envi son incroyable slalom contre Compostelle, le 11 octobre 1996 précisément, dans le championnat d'Espagne. Il reçoit le ballon sur le côté gauche du terrain, à hauteur de la ligne médiane, et se lance dans une course au terme de laquelle, après avoir éliminé plusieurs défenseurs, certains même deux fois, il vient battre le gardien dans la surface.

Il est plus difficile en revanche de trouver des images de ses premiers pas dans le football brésilien, lorsqu'il était avant-centre dans le modeste club carioca de São Cristóvão. Il signe son premier contrat professionnel à l'âge de 16 ans, avec Cruzeiro. C'est à Belo Horizonte qu'il tape dans l'œil des recruteurs du PSV Eindhoven, peu de temps avant la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™. Après les Pays-Bas, il prend la direction de l'Espagne, au FC Barcelone.

A Cruzeiro et à Eindhoven, Ronaldo tourne à un but par match environ. On se dit qu'au Barça, il aura du mal à soutenir la cadence. On a tort. Il poursuit au même rythme, ce qui lui vaut d'être élu en 1996 Joueur Mondial de la FIFA. C'est en Catalogne également qu'il gagne un surnom qui ne le quittera plus : O Fenômeno. Ses relations avec le FC Barcelone sont parfois tumultueuses. Son départ pour l'Inter Milan n'est donc pas une grande surprise. En 1997, il reçoit son deuxième trophée de Joueur Mondial de la FIFA et remporte sa première grande compétition internationale en club, la Coupe UEFA.

À 21 ans, Ronaldo arrive à la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998™ avec comme seul objectif de soulever le trophée doré. Il marque ses quatre premiers buts dans la compétition, sur les 15 qu'il réussira au total dans les trois éditions de l'épreuve mondiale auxquelles il prendra part. Cette année-là en France, le Brésil atteint la finale, mais le jour de l'ultime revue, Ronaldo est pris d'un malaise. Il se rétablit et prend part au match, mais n'est pas suffisamment remis pour bousculer des Tricolores emmenés par un Zinedine Zidane au sommet de son art.

Ronaldo, de son côté, vient de connaître le premier d'une longue série de problèmes physiques qui lui laisseront peu de répit au cours des années suivantes. Il sera notamment victime de deux ruptures des ligaments croisés du genou, la deuxième d'entre elles en Coupe d'Italie contre la Lazio et dont les douloureuses images sont difficiles à oublier.

La consécration
Après son opération, Ronaldo reste 15 mois sans fouler les terrains. Il revient en 2001 et à force de dévouement, parvient à se rétablir de façon suffisamment satisfaisante pour faire partie des 23 Brésiliens retenus pour la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™. Aux côtés des Ronaldinho et autres Rivaldo, Ronaldo inscrit huit buts dans le tournoi et le Brésil, avec sept victoires en autant de matches disputés, accroche une cinquième étoile à son maillot jaune. O Fenômeno, de son côté, reçoit le prix du Joueur Mondial de la FIFA pour la troisième fois.

À 26 ans, il tente de relever un nouveau défi en signant au Real Madrid. Le fait d'avoir joué chez le rival barcelonais ne fait qu'ajouter à sa motivation pendant les cinq années suivantes. Avec Roberto Carlos, Zidane, Raúl, Luis Figo et autres stars, il contribue largement à former la fameuse équipe madrilène connue sous le nom de Galactiques. En 2006, il dispute sa dernière Coupe du Monde de la FIFA™. Le Brésil échoue en quart de finale, une nouvelle fois contre les Bleus de Zidane.

Après un rapide passage par l'AC Milan, principalement marqué par une nouvelle blessure grave, il décide de revenir au Brésil. Il travaille d'arrache-pied pour accélérer sa convalescence et réussit une nouvelle fois à revenir, cette fois pour le compte de Corinthians. Il ajoutera encore quelques dizaines de buts à son compteur personnel ainsi que des trophées pour la vitrine du Timão.

La saison suivante, sa condition physique ne lui permet pas de poursuivre au plus haut niveau. En février 2011, il jette l'éponge. Tout phénomène a ses limites. "Mon corps ne suit plus", expliquera Ronaldo, qui ajoute en guise d'au revoir : "Ma carrière a été pleine de joie, de beauté et de victoires. Les coups durs ont été nombreux, mais les victoires infinies".

Le saviez-vous ?

  • L'un des techniciens préférés de Ronaldo au cours de sa carrière a été l'Espagnol Vicente del Bosque, qui a été son entraîneur au Real Madrid. "Par son comportement, il me rappelait un peu Zagallo. Ses causeries duraient rarement plus de trois minutes. C'était fantastique", se souvient Ronaldo.

  • Le début de la carrière de Ronaldo a été similaire à celui de Romário, son coéquipier à la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™. Du Brésil, les deux hommes ont rejoint le PSV Eindhoven, puis Barcelone, où ils sont immédiatement devenus des idoles.

  • Le premier exploit de Ronaldo est probablement le quintuplé qu'il a inscrit en 1993 contre Bahia, dans un match remporté par son équipe 6:0. L'un des cinq buts a été inscrit après avoir subtilisé le ballon au gardien uruguayen Rodolfo Rodríguez, quelque peu inattentif dans sa surface.

  • Le crâne rasé était la marque de fabrique de Ronaldo. Quelle n'a pas été la surprise de le voir, le soir de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2002™, avec une petite touffe de cheveux sur la tête. Des années plus tard, il confiera que l'objectif était de détourner l'attention des journalistes d'une lésion musculaire contractée pendant le tournoi.

  • Pendant quelques années au Brésil, Ronaldo était également connu sous le nom de "Ronaldinho", afin de le distinguer d'un autre joueur arrivé au dernier moment au sein de la Seleção championne du monde en 1994 : le défenseur central Ronaldão, qui a fait les beaux jours notamment de São Paulo.