La Sierra Leone a surpris en nommant Johnny McKinstry sélectionneur par intérim en avril 2013. Âgé de seulement 28 ans à l'époque, ce dernier n'avait jusque-là occupé le poste d'entraîneur principal qu'auprès du Lurgan Town FC, club nord-irlandais de cinquième division, et de la Right to Dream Football Academy au Ghana.

Plus surprenant encore, le Nord-Irlandais a réalisé un véritable tour de force en hissant son équipe au 50ème rang mondial et au 7ème échelon africain dans le Classement mondial FIFA/Coca-Cola d'août. Soit un bond de 14 places depuis juillet, qui a porté la Sierra Leone au meilleur classement de son histoire.

Sous la houlette de McKinstry, les Leone Stars ont disputé six matches, dont une seule défaite 0:1 contre le Cap-Vert sur la route du Brésil, et un nul probant 2:2 arraché à la Tunisie, poids lourd africain, dans la même compétition. Ils ont accédé à la phase de groupes des qualifications pour la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF à la faveur de leur victoire sur le Swaziland et les Seychelles dans les tours préliminaires, le 2:0 assené aux Pirates comptant pour le classement d'août.

Le technicien n'a, quant à lui, pas été surpris par la montée en régime de son effectif, qui a intégré 13 nouvelles recrues au cours des 16 derniers mois. "Mon staff et moi avons une vision claire de la direction à donner à l'équipe. Compte tenu de notre nouvelle philosophie de jeu, de l'arrivée de nouveaux joueurs dans le groupe et surtout de la puissance de travail de tous les intervenants, notre ascension au classement n'a rien d'étonnant", observe-t-il au micro de FIFA.com.

Et ce n'est qu'un début. "Nous avons défini deux objectifs pour 2014 : amener la Sierra Leone dans le top 50 de la hiérarchie mondiale et nous qualifier pour la CAN 2015. Nous sommes sur la bonne voie et nous avons hâte de nous attaquer aux obstacles encore à franchir pour achever notre mission d'ici la fin de l'année."

Un défi de taille
Versée dans un groupe corsé en qualifications pour la CAN, la Sierra Leone devra en découdre avec le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la RD Congo. Cette perspective n'entame en rien l'optimisme de McKinstry. "Au début de l'année, nous nous sommes fixé l'objectif de conduire les Leone Stars à leur première Coupe d'Afrique des Nations depuis près de 20 ans. Le tirage au sort n'a pas étouffé notre ambition", assure-t-il.

En raison de l'épidémie meurtrière d'Ebola qui sévit dans le pays, il est probable que les rencontres à domicile aient lieu en terrain neutre. "Nous devrons installer nos quartiers dans un autre pays pour terminer notre parcours. Si nous sommes déçus de ne pas pouvoir jouer devant nos supporters, qui apportent un soutien inconditionnel à l'équipe, nous comprenons et approuvons cette décision", précise le Nord-Irlandais, qui estime que l'épidémie a fourni une motivation supplémentaire à ses hommes. "L'Ebola fait peser une terrible menace sur le pays tout entier. Le succès de l'équipe nationale pourrait mettre un peu de baume au cœur de la nation. Face à cette triste actualité, notre groupe veut être porteur de nouvelles positives", explique-t-il. "La détermination du peuple sierra-léonais viendra à bout de l'épidémie et nous travaillons d'arrache-pied pour qu'à ce moment-là, le monde se tourne vers la Sierra Leone pour de bonnes raisons. La participation des Leone Stars à la CAN 2015 peut jouer un rôle décisif à cet égard."

Il est convaincu que le football sierra-léonais continuera de progresser. "Les autorités du football travaillent sur plusieurs grands chantiers. Le développement des jeunes talents occupe, bien sûr, une place cruciale. Il passe par une stratégie à long terme articulée autour de centres de formation et d'entraînement. Ce projet commence à prendre forme et j'espère qu'il s'accélèrera dans les années à venir", annonce-t-il, avant de conclure : "De nombreux pays se polarisent sur les sélections seniors depuis trop longtemps. La Sierra Leone réoriente ses priorités vers les jeunes, qui pourront ainsi aspirer à un bel avenir et alimenter l'équipe A."