Les îles Cook se sont récemment hissées à la 166ème place du Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Cela pourrait sembler modeste pour certains, mais les progrès de cette petite nation du Pacifique sont en fait remarquables. Quatrième équipe la mieux classée parmi les 11 associations membres de la Confédération océanienne de football, elle n’a jamais été aussi haut dans son histoire, faisant même mieux que sa 170ème place en 2000, au lendemain de la Coupe des Nations d’Océanie.

Il ne faut pas oublier le contexte dans lequel évoluent les îles Cook, leur population, leur position géographique et leurs ressources limitées. Situées loin de tout, à l’extrémité orientale de l’Océanie, elles doivent ainsi engager des dépenses importantes pour se rendre chez leur plus proche voisin, Tahiti, en passant par la Nouvelle-Zélande, à l’autre bout de la région. Elles ne comptent pas plus de 15 000 habitants, répartis sur une zone presque aussi large que l’Europe occidentale.

Du rêve au cauchemar
Le sélectionneur des îles Cook, Drew Sherman, n’avait pas caché ses ambitions, le mois dernier, avant d’aborder les qualifications de la zone Océanie pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ : gagner le tournoi des quatre nations. Un objectif ambitieux quand on sait qu’elles n’avaient alors pas remporté le moindre match de qualification pour la Coupe du Monde lors de leur cinq campagnes précédentes, restant très loin, donc, d’atteindre le tour suivant.

Les joueurs de Sherman ont pourtant enregistré en l’espace de 48 heures deux succès contre les Tonga, organisateurs du tournoi, et les favoris samoans. Le rêve était alors à portée de main... mais a tourné au cauchemar. Battues lors de leur dernier match contre les Samoa Américaines, les îles Cook ont été cruellement éliminées à la différence buts, par les Samoa, qui ont également décroché deux victoires.

L’archipel océanien a néanmoins ouvert de nouvelles portes. Auteur de quatre buts lors des deux premiers matches, son attaquant Taylor Saghabi a été pendant un bref instant, aux côtés de l’Indien Sunil Chhetri, le meilleur buteur des qualifications pour Russie 2018, avant que le Saoudien Mohammad Al-Sahlawi ne les dépasse quelques heures plus tard. Basé à Sydney, Saghabi fait partie de ces joueurs de la diaspora cookienne en Australie et en Nouvelle-Zélande repérés et appelés par Sherman.

Les îles Cook devraient pouvoir se relever rapidement de leur élimination cruelle. Leur performance a posé les bases nécessaires pour continuer à grandir. Également directeur technique national, Sherman confie que les joueurs locaux sont très faciles à entraîner, comme ils l’ont prouvé après seulement quelques mois de préparation. "Les joueurs sont très positifs, ils ont envie d’apprendre et de progresser", explique-t-il. "Ils font presque tout ce que vous leur demandez sans rien dire."

Sherman présente un CV impressionnant malgré son jeune âge. Le Gallois de 28 ans a déjà changé beaucoup de choses en peu de temps. Il devra désormais s’atteler à trouver plus de matches face à des adversaires compétitifs. Décidées à maintenir leur trajectoire ascendante, les îles Cook, qui comptent parmi les plus petites nations au monde, n’ont peut-être pas fini de grandir.