Pour certains, tout progrès est bon à prendre. C'est précisément le cas du Nicaragua et d'Aruba. Certes, les deux pays ont quitté prématurément les qualifications de la CONCACAF pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. Pourtant, ils ont laissé entrevoir un potentiel intéressant au cours des dernières semaines, au point d'atteindre le meilleur rang de leur histoire au Classement mondial FIFA/Coca-Cola.

Longtemps relégué dans l'ombre du Honduras et du Costa Rica, le Nicaragua a multiplié les exploits sur le terrain. Pays parmi les plus pauvres d'Amérique centrale, il a été ravagé par la guerre et l'instabilité entre les années 60 et 80. Au milieu du processus de reconstruction, l'équipe nationale doit elle aussi faire face à de sérieuses difficultés. En dépit de ce contexte défavorable, les Pinoleros ont parfaitement entamé les préliminaires de Russie 2018. Ils ont d'abord dominé Anguilla 9:0 sur l'ensemble des deux manches, avant de créer la surprise en dominant le Suriname 4:1 en score cumulé au tour suivant. En guise de récompense,ils ont pu affronter une Jamaïque alors auréolée de son triomphe face aux États-Unis en demi-finale de la Gold Cup. 

Pas de quoi impressionner les Centraméricains. Sans complexe, ils ont ainsi remporté un succès inattendu à Kingston (3:2). Une qualification face aux Reggae Boyz aurait certainement constitué la plus grosse surprise de la compétition préliminaire. Mené 1:0 à la 88ème minute du match retour, le Nicaragua n'était plus qu'à quelques secondes de l'exploit… quand tout s'est effondré. En marquant dans les dernières minutes, Simon Dawkins a mis fin à cette belle aventure.    

Ce coup du sort peut paraître cruel pour cette équipe présentée comme l'une des meilleures de ces phases préliminaires. Premier joueur de son pays à s'expatrier en Europe, le capitaine Juan Barrera préfère quant à lui voir le verre à moitié plein. "Le football n'est pas réservé aux Italiens, aux Anglais ou aux Argentins", explique le joueur de 26 ans. "Si vous avez du talent, peu importe d'où vous venez."

Le sélectionneur d'origine costaricaine Henry Duarte rêve de marquer l'histoire du football nicaraguayen de son empreinte. Plus que tout autre, il croit dans ces internationaux issus de milieux modestes, qui ont grandi en jouant au football dans les ruelles de Managua. "Ces jeunes représentent l'avenir", dit-il en évoquant les sélections U-17 et U-20. "En arrivant, j'ai tout de suite vu qu'il y avait un potentiel énorme."  

La première sortie du Nicaragua sur la scène mondiale est donc remise à plus tard. En attendant, sa progression de 44 places au sein de la hiérarchie lui permet d'entrer dans le Top 100 et d'occuper le 95ème range. Douzièmes au niveau régional, les Pinoleros pointent juste derrière le Salvador, qui compte deux participations à l'épreuve suprême. 

La résurrection d'Aruba
L'ascension d'Aruba, petite île néerlandophone d'un peu plus de 100 000 habitants, n'a pas été aussi fulgurante que celle du Nicaragua. Rien ne dit non plus que ses bases sont aussi solides, mais elle n'en est pas moins historique pour autant. Le bond de 22 places qui l'a propulsée au 115ème échelon doit beaucoup à un regain de forme… et à un point de règlement.

Dans un premier temps, la sélection insulaire avait été sortie sans ménagement de la course à la qualification par la Barbade, un poids moyen de la zone caribéenne. Mais quelques recherches ont fait apparaître que les Bajan Tridents avaient aligné un joueur inéligible. Vainqueur sur tapis vert, Aruba a pu se mesure à Saint-Vincent-et-les-Grenadines au tour suivant.

Avec un nouveau sélectionneur à sa tête et la phase de groupes en vue, l'équipe nationale abordait ce rendez-vous avec un optimisme renouvelé. Battus 2:0 à l'aller, les Arubais ont réussi à revenir à hauteur de leurs adversaires au retour, avant de concéder un but fatal dans les derniers instants pour s'incliner 3:2 sur l'ensemble des deux manches. Comme le Nicaragua, Aruba a vu son rêve partir en fumée au dernier moment. Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute que les deux équipes sont sur la bonne voie : celle qui mène toujours plus haut.