Les amateurs de football du Swaziland n'ont d'ordinaire que de rares succès à célébrer, que ce soit avec leur équipe nationale ou leurs clubs engagés dans les compétitions internationales. Les choses ont néanmoins commencé à changer cette année. Grâce à ses Sihlangu, mais aussi à ses clubs, le petit pays du sud de l'Afrique est en train de se faire une place sur la carte du football mondial.

Le Swaziland occupait le 164ème rang du Classement mondial FIFA/Coca-Cola au début de l'année et deux défaites en amical (5:1 au Burkina Faso et 3:1 à domicile contre l'Afrique du Sud) l'ont fait descendre en mai jusqu'à la 176ème place. Tout n'était cependant pas noir pour les supporters du Royaume, grâce à la campagne historique des Royal Leopards, quintuples vainqueurs du championnat local, en Coupe de la Confédération de la CAF. Les Ingwe Mabalabala ont participé au tournoi en tant que vainqueurs de la Coupe du Swaziland, bien que leur titre national aurait également pu leur permettre de s'engager dans la Ligue des champions de la CAF.

L'équipe de Simunye a hérité au tour préliminaire de Bidvest Wits. Mieux fourni sur le papier, le club sud-africain s'est imposé 3:0 à aller, avant de se faire surprendre sur le même score, en déplacement, et de s'incliner à l'issue des tirs au but. Le conte de fées s'est poursuivi au premier tour pour les Leopards, vainqueurs 1:0 de Petro de Luanda, en Angola, après avoir concédé un match nul 2:2 devant leur public. Éliminés au tour suivant par le Vita Club, finaliste de la dernière Ligue des champions, ils sont tout de même parvenus à remporter le match aller, à domicile.

Le champion du Swaziland a confirmé ce beau parcours au début du mois de juillet en dominant son voisin sud-africain, Orlando Pirates, lors de la Kings Super Cup. "L'idée, dès le départ, était de ne pas les mettre sur un piédestal. Nous nous sommes préparés à rivaliser dans tous les domaines et ce que nous avons fait pour montrer à tous le niveau du football dans notre pays", raconte le gardien de but Mphikeleli Dlamini.

Des clubs à la sélection
Le sélectionneur du Swaziland, Harris "Madze" Bulunga, a construit son équipe autour de joueurs des Swallows et des Leopards. Les succès continentaux de ces derniers ont logiquement déteint sur l'équipe nationale. Les Sihlangu ont ainsi créé la surprise lors de la Coupe COSAFA, disputée en Afrique du Sud en mai 2015. Vainqueurs de la Tanzanie et du Lesotho, ils ont ensuite fait match nul 1:1 avec Madagascar, finalement qualifié à la faveur d'une meilleure attaque, les deux équipes ayant le même nombre de points et la même différence de buts. Le Swaziland pouvait malgré tout y trouver matière à optimisme.

"J'ai tenu compte des performances des Leopards lorsque j'ai composé mon équipe. Leur confiance a déteint sur les autres joueurs et beaucoup d'entre eux se sont nettement améliorés", témoigne Bulunga. "Le regain de forme de la sélection n'est pas seulement dû aux Léopards. Nous avons également modifié notre approche. Nous faisons appel à des joueurs plus jeunes et portons davantage l'accent sur le talent que les qualités physiques. Nous avons instauré une nouvelle éthique de travail et cherchons des joueurs prêts à donner leur maximum sur le terrain."

Bulunga a ensuite conduit son équipe en Guinée pour son premier match de qualification pour la Coupe d'Afrique des Nations de la CAF 2017. Et une fois de plus, le Swaziland a surpris en dominant 2:1 son adversaire prestigieux grâce à un doublé de Tony Tsabedze, l'un des seuls joueurs à avoir évolué à l'étranger. Passé par plusieurs clubs du championnat sud-africain, qui lui fait à nouveau les yeux doux, l'attaquant est le capitaine de la sélection. Sa performance, ce jour-là, est d'autant plus extraordinaire et poignante qu'il venait de perdre un fils.

"Pour être tout à fait honnête, je ne m'attendais pas à gagner en Guinée", reconnaît Bulunga. "J'espérais au mieux le match nul, mais je savais que nous étions sur une bonne dynamique et que nous pouvions faire quelque chose de bien. C'était un match difficile, mais nous avons montré beaucoup de qualités techniques. Nous avons réussi à développer notre jeu. Connaissant la qualité de cette équipe de Guinée et de ses joueurs, j'aurais néanmoins signé pour un nul."

Ses récents succès ont permis au Swaziland de remonter en juillet au 138ème rang du Classement mondial, soit un bond de 24 places par rapport à juin. Aucune équipe africaine n'a progressé autant sur cette période.