Et pourquoi pas la Lituanie ? Ce petit État balte de près de trois millions d'habitants n'a jamais réussi à se qualifier pour une grande compétition internationale depuis son indépendance, en 1990. À première vue, la situation ne se présente pas si mal dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018. Certes, l'Angleterre fait figure de grandissime favorite dans le Groupe F. Mais, derrière, la course au deuxième ticket pour la phase finale apparaît plus ouverte que jamais.

La Slovénie (8 points), la Slovaquie (6), la Lituanie (5) et l'Écosse (4) peuvent toutes nourrir de légitimes ambitions. Les Baltes, que l'on n'attendait pas forcément à ce niveau, s'imposent comme l'une des bonnes surprises de ces premières journées. Tenus en échec (2:2) par les Slovènes pour leur première sortie, ils ont concédé le but égalisateur à la troisième minute du temps additionnel. Le scénario s'est reproduit en Écosse à la 89ème minute (1:1). Les Lituaniens ont donc dû attendre d'affronter la lanterne rouge, Malte, pour signer leur premier succès (2:0). Ce 12 novembre, ils ont cependant été ramenés à la réalité par une lourde défaite (4:0) en Slovaquie.  

Malgré ce revers, la Lituanie fait partie des équipes en forte progression au Classement mondial FIFA/Coca-Cola. Passée de la 117ème à la 98ème place, elle réintègre le Top 100 pour la première fois depuis 2014. Certes, elle reste bien loin des sommets atteints au milieu des années 90, lorsqu'elle naviguait fièrement entre le 43ème et le 50ème échelon de la hiérarchie mondiale. Néanmoins, dans un pays traditionnellement acquis à la cause du basketball, le football réalise une percée.  

Il faut dire que la sélection lituanienne est habituée à réaliser des coups d'éclat. En mars 2003, elle avait arraché le point du nul (1:1) en Allemagne. En septembre 2006, elle a réédité la performance en Italie, encore auréolée de son titre de championne du monde. À chaque fois, il s'agissait de matches de qualification pour l'UEFA EURO. Quelques années auparavant, les Lituaniens avaient manqué la qualification pour les barrages de France 1998 d'un petit point. Mais, au fil du temps, l'écart avec les poids lourds du continent n'a cessé de se creuser.

Transition difficile
Depuis janvier 2016, l'un des joueurs les plus célèbres de l'histoire de cette jeune nation a repris en main l'équipe nationale. "Je vois où nous nous situons et je sais de quoi nous sommes capables. Je suis réaliste", précise Edgaras Jankauskas, vainqueur de la Ligue des champions de l'UEFA avec le FC Porto de José Mourinho. Le nouveau sélectionneur doit en effet composer avec les départs du meilleur buteur de l'équipe nationale Tomas Danilevicius et d'Andrius Skerla, le joueur le plus capé de l'histoire du football lituanien. Dans ces conditions, la transition n'a rien d'une évidence.

"Quand j'étais moi-même international, il n'y avait qu'un ou deux pensionnaires du championnat lituanien en sélection. Aujourd'hui, on en compte 14 ou 15 sur 23. Je n'ai pas le sentiment que le niveau ait tant progressé", note Jankauskas. "On trouve de moins en moins de Lituaniens dans les grands championnats. C'est une mauvaise nouvelle. J'aimerais changer ça. Nous avons toujours énormément de mal face à des adversaires dont les joueurs évoluent en Espagne, en Allemagne ou en Angleterre."

Pourtant, ces trois premiers matches de qualification pour la Coupe du Monde et le nul vierge obtenu auparavant contre la Pologne "nous ont donné de l'espoir, de la confiance et une base à partir de laquelle nous pouvons construire", estime le sélectionneur de 41 ans. "Pour nous, chaque match est une finale. Il n'y a pas de mystère. Contre la Slovénie, nous avons réussi à dicter le jeu par moments. Je veux m'appuyer là-dessus. Nous devons savoir qui nous sommes, ce dont nous sommes capables et tout donner. Autrement, nous n'arriverons jamais à rien."

Si Jankauskas parvient à faire passer son message, d'autres surprises ne sont pas à exclure. Peut-être même dès mars 2017 en Angleterre. Un bon résultat lui permettrait de faire un pas supplémentaire vers la Russie.