Avec un peu moins de dix millions d'habitants, le Bélarus est l’un des plus petits pays d'Europe. Depuis la dissolution de l'URSS et son indépendance en 1991, son équipe nationale, principalement la sélection espoirs, a déjà fait parler d'elle à plusieurs reprises sans toutefois réussir à se qualifier pour un grand tournoi. Surfant sur ses bons résultats des derniers mois, l'équipe première réalise aujourd'hui une belle ascension dans le dernier classement FIFA/Coca-Cola en se hissant à la 64ème place, sa meilleure performance depuis 2013.

Versé dans le Groupe C, le Bélarus a réalisé un beau parcours lors des préliminaires de l'UEFA EURO 2016 en s'inclinant en juin dernier avec les honneurs (0:1) sur la pelouse de Borisov face à l'Espagne. Il a également surpris la Slovaquie à domicile (1:0). Le Bélarus a ainsi terminé à la quatrième place de son groupe, derrière la Roja, la Slovaquie et l'Ukraine. "Le plus important pour notre équipe, c'est la confiance et le respect, sur le terrain mais aussi à l'extérieur. Ça vaut entre mes joueurs comme avec les adversaires" explique le sélectionneur Aleksandr Khatskevich, en poste depuis décembre 2014, au micro de FIFA.com. "Il faut vraiment que notre équipe trouve son propre style. Nous nous concentrons avant tout sur le collectif et la discipline. En ce moment, nous n'avons pas de stars ou d'individualités fortes."

Avec Aleksandr Hleb, ancien pensionnaire d‘Arsenal et du FC Barcelone, le Bélarus dispose certes d'un milieu expérimenté. Mais le joueur de 34 ans, qui évolue aujourd’hui en Turquie à Gençlerbirligi, cède progressivement la place à d’autres joueurs : "Il ne fait plus partie de ces éléments qu'on a besoin de tester lors de matches amicaux. Mais s'il est motivé, Aleksandr est encore l'un des piliers de notre équipe. C'est une question de motivation, c'est tout", explique Khatskevich. "Le Bélarus a quelques jeunes candidats pour prendre la relève."

Réservoir de talent
Le pays dispose effectivement d'un réservoir de talents  intéressant, comme l'ont prouvé les performances de sa sélection U-21. Le Bélarus a atteint la phase finale de l'épreuve européenne à trois reprises, en 2004, 2009 et 2011, terminant même il y a cinq ans sur la troisième marche du podium au Danemark. En demi-finale, les espoirs biélorusses avaient alors joué la prolongation et s'étaient finalement inclinés face à l'Espagne, future championne d'Europe. Ce beau parcours leur avait valu un ticket pour le Tournoi Olympique de Football Masculin, Londres 2012.

"Les bons résultats de nos U-21 profitent évidemment à l'équipe nationale puisque de nombreux jeunes espoirs intègrent ensuite la sélection A. La qualification pour le Tournoi Olympique 2012 prouve que nos équipes ont un bon niveau", se félicite Khatskevich. "Mais la principale différence entre les juniors et les seniors, c'est la constance. Un joueur peut très bien réaliser trois matches spectaculaires avec les U-21 puis connaître une baisse de régime. Pour certains joueurs, la transition entre la sélection U-21 et l'équipe première représente un véritable défi."

Un challenge d'un autre genre se présente dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. Le Bélarus a été versé dans un Groupe A relevé, composé des Pays-Bas, de la France, de la Suède, de la Bulgarie et du Luxembourg. "Nos futurs adversaires sont très forts, mais d'un autre côté, c'est un très bon test pour nous. Si nous obtenons des résultats, ça nous permettra de prendre conscience de notre force", explique Khatskevich. Rêve-t-il d'une qualification ? "Il est difficile de quantifier nos chances. Mais nous nous battrons à chaque sortie pour obtenir le meilleur résultat possible. Je suis persuadé que tous nos adversaires auront des difficultés face à nous."