L’île Maurice doit disputer en septembre prochain face au Mozambique son dernier match de qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2017, mais elle est déjà hors course. Pourtant, les joueurs ne risquent pas de prendre ce choc à la légère, loin de là. "Pour nous, ce dernier match est extrêmement important. Si on gagne, ce serait la première fois que l’île Maurice finit à la deuxième position de son groupe de qualification, ce qui serait de bon augure pour la suite", explique le sélectionneur mauricien, Joe Tshupula, à FIFA.com.

Même si ce ne serait pas le meilleur résultat réalisé par le Club M, qui s’était qualifié pour le rendez-vous continental de 1974 en disposant du Lesotho et de la Tanzanie, cela confirmerait la tendance à la hausse du football mauricien. Il suffit de jeter un coup d’œil au Classement Mondial FIFA/Coca-Cola pour s’en convaincre, puisque le pays occupe en juin la 142ème place mondiale, son rang le plus élevé depuis mai 2007.

Tshupula, qui a entraîné en Belgique et en RD Congo, met cette progression sur le compte du regain d’intérêt enregistré chez les instances fédérales. "Un championnat professionnel a été mis en place et les dirigeants travaillent dur pour préparer l’avenir. Je suis en recherche active de joueurs à l’étranger, mais aussi dans le pays. L’équipe répond très bien et elle travaille d’arrache-pied pour atteindre notre objectif", explique le technicien de 44 ans. "C’est un groupe très jeune, ce qui signifie qu’il faut savoir se montrer patient."

Des progrès constants
La remontée de l’île Maurice au classement n’aura pas été fulgurante, mais régulière. En décembre, elle pointait encore au 174ème rang mondial, mais elle a progressivement grimpé au 172ème, au 154ème, puis aujourd’hui au 142ème, sans jamais connaître de reculs.

Les Mauriciens ont battu le Rwanda lors des qualifications pour la CAN avant de s’incliner au retour à Kigali. Ils ont aussi baissé pavillon (2:0) à domicile contre l’un des ogres du football africain, le Ghana, dans une autre rencontre de qualification continentale avant de se concentrer sur la COSAFA Cup. Dans cette compétition organisée par la Namibie, le Club M a été battu par le Lesotho et le Malawi avant de l’emporter 2:0 sur l’Angola, mondialiste en 2006.

"Si l’on veut progresser, il est important de se fixer un objectif ambitieux. Notre premier but est de nous qualifier pour la CAN," souligne Tshupula. "Pour l’heure, c’est encore difficile parce que nous avons une équipe jeune, mais nous allons tout donner à l’entraînement pour nous améliorer. Pour l’avenir du football mauricien, il est fondamental de participer à de grosses compétitions en Afrique. La Coupe du Monde, je pense que ce n’est pas encore à notre portée. Il faut aussi être réalistes."

Le sélectionneur mise également sur la formation et le développement. L’île Maurice va d’ailleurs accueillir la prochaine édition de la COSAFA Cup U-17. "J’espère que nous pourrons organiser bientôt une compétition U-23, car c’est important pour le développement du jeu à l’échelle nationale. En 2019, nous recevrons également les Jeux de l’Océan Indien, donc nous avons un programme chargé", annonce l'entraîneur.

Parmi les clubs que Tshupula a entraînés auparavant figurent deux formations de l’élite mauricienne, le Cercle de Joachim et l’AS Rivière du Rempart, mais il prend aujourd’hui un grand plaisir à prévoir sur le long terme. "En équipe nationale, il est fondamental de chercher de bons joueurs pour faire une équipe. L’objectif à court terme est différent pour un entraîneur et pour un sélectionneur. Au niveau national, il faut rester concentré et travailler à plusieurs niveaux pour renforcer l’équipe. Cela peut aider à offrir un avenir radieux au football mauricien."